Les ratés de la diplomatie wallonne aux Etats-Unis et en Inde

©BELGA

Budget oblige, la Wallonie ne remplacera pas son délégué à New York. Et ne nommera pas non plus celui de Bombay.

Le projet de nomination de trois hauts représentants de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Région wallonne à l’étranger (Genève, New York, Bombay) est un échec. Selon nos informations, le lauréat retenu par le jury pour la mission à New York a démissionné moins d’un an après sa nomination. Contacté par nos soins, Roberto De Primis nous a confirmé avoir remis son tablier de diplomate wallon et de WBI (relations internationales de la Fédération Wallonie-Bruxelles) à la mi-2014 pour des raisons personnelles, notamment pour réorienter sa carrière.

Moyens insuffisants

Mais selon diverses sources proches du dossier, les moyens mis à disposition pour assurer sa tâche n’auraient pas été à la hauteur des ambitions des autorités wallonnes et de la Fédération. Il nous revient d’ailleurs que les autorités ont décidé de ne pas procéder à son remplacement et ce, pour des raisons budgétaires. Par ailleurs, il a également été décidé, pour les mêmes raisons, de ne pas lancer la procédure pour pourvoir au poste de haut représentant de la Wallonie et de WBI à Bombay (Mumbai).

Philippe Suinen ©Photo News

Le projet initié par l’ancien ministre-président wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte (PS), avait suscité, fin 2013, une grosse polémique entre lui et Philippe Suinen (étiqueté PS), l’ancien administrateur général de WBI. Ce dernier ne voyait pas l’intérêt de l’ouverture de ces nouveaux postes. En tant que patron de l’administration en charge des Relations internationales de la Fédération, il avait même menacé de ne pas signer leur nomination. Son opposition lui a permis d’obtenir que les nominations soient faites après des examens dont les résultats sont validés par un jury. Ce qui fut fait.

Mandat de 6 ans

A l’issue de la procédure, c’est Roberto De Primis qui a été choisi pour le poste de haut représentant pour les relations multilatérales à New York. Licencié en sciences politiques (Université de Liège), il est un expert reconnu de la politique américaine et des relations USA-Europe.

Avant sa nomination, il était attaché du groupe PS au Parlement de la Communauté française. Sa mission était d’assurer une meilleure défense des positions des deux exécutifs (Wallonie, Fédération Wallonie-Bruxelles) dans plusieurs domaines (changements climatiques, migration, égalité des genres, biodiversité) notamment dans les couloirs de l’ONU.

Pour Genève, c’est Henri Monceau qui y a été envoyé comme délégué aux droits fondamentaux, à la société de l’information et à l’économie numérique. Il était conseiller au cabinet du ministre wallon, Jean-Claude Marcourt (PS, Économie, Commerce extérieur, etc.). Aucun candidat n’avait réussi l’épreuve écrite pour le poste à Mumbai. L’objectif de cette mission était d’assurer le suivi des relations avec les pays émergents (Brics, etc.). Les deux diplomates ont été nommés début 2014. Seul Henri Monceau est désormais en poste.

De 59.285,27 à 79.140,58 euros
Rémunération annuelle brut des diplomates wallons

Les diplomates wallons devraient rester en poste jusqu’en 2020. Leur rémunération est calquée sur le barème correspondant au grade A4, soit un traitement brut annuel indexé variant entre 59.285,27 et 79.140,58 euros. Ils bénéficient aussi d’autres indemnités (pour congé, de retour de transfert, d’installation, frais de dernière maladie et de funérailles, intervention dans les frais scolaires des enfants et dans les frais de retours familiaux périodiques). Ils avaient la possibilité d’accumuler leur expérience acquise dans le secteur privé (6 ans maximum) et dans le secteur public (toutes les années sont prises en compte). Aujourd’hui, le projet défendu en son temps par Rudy Demotte, actuel ministre-président du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est un flop.

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