Les USA et la Russie ensemble contre l'Etat islamique

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Les deux grandes puissances sont prêtes à unir leurs forces pour battre les djihadistes de l'Etat islamique et mettre en place un processus de transition politique. Le dialogue a donc repris après avoir été interrompu depuis l'annexion par la Russie de la Crimée.

La Russie a envoyé des chasseurs en Syrie, ont annoncé les Etats-Unis. Les deux grandes puissances risquent donc de se marcher sur les pieds et de mener des opérations aériennes concurrentes. Le dialogue était indispensable.

Le secrétaire américain à la Défense s'est donc mis d'accord avec son homologue russe lors d'un entretien téléphonique pour étudier la façon d'éviter les interactions militaires. En jargon militaire, on parle de "déconfliction". Les deux anciens ennemis de la guerre froide ont un adversaire commun en Syrie, l'Etat islamique (EI).

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui se trouvait à Londres, a déclaré que les Etats-Unis tentaient de trouver un "terrain d'entente" avec la Russie. Il a estimé qu'il était important de parvenir à un accord politique en Syrie et de mettre fin aux privations endurées par la population. "Tout le monde est saisi par l'urgence", a estimé John Kerry, qui a estimé que la diplomatie avait la prépondérance.

Ash Carter a déclaré à Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, que les futures consultations auraient lieu parallèlement avec "des discussions diplomatiques qui permettront une transition politique en Syrie", a déclaré Peter Cook, porte-parole du Pentagone. Il a noté que battre (les djihadistes de l'EI) et la mise en place d'un processus de transition politique "sont des objectifs qui doivent être menés de front".

Malgré le soutien russe à Bachar al Assad

La Russie soutient le président syrien Bachar al Assad, ce que désapprouve les États-Unis. Selon le compte rendu de l'entretien donné par un responsable du Pentagone, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, a qualifié les activités de Moscou en Syrie de "défensives". Pour ce dernier, l'intervention militaire de la Russie "vise à honorer les engagements envers le gouvernement syrien", a déclaré le responsable américain, a indiqué le responsable américain du Pentagone.

Selon les estimations des États-Unis, le déploiement russe en Syrie comprend, outre les chasseurs, des hélicoptères d'attaque, de l'artillerie ainsi que 500 hommes de l'infanterie de marine sur une base aérienne près de Lattaquié. Un responsable américain a refusé de donner un chiffre mais a confirmé la présence de plusieurs avions.

L'armée de l'air syrienne a à nouveau bombardé vendredi le secteur de Palmyre, tenu depuis le mois de mai par l'Etat islamique. Les 25 frappes ont fait 26 morts, dont 12 combattants de l'EI, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

La dernière fois que les deux responsables américain et russe se sont parlés remonte à août 2014, a déclaré le Pentagone, rappelant que les communications à haut niveau avaient été rompues après l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014 et son intervention en Ukraine. Le président russe Vladimir Poutine doit prononcer un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies le 28 septembre.

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