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Macron et Biden s'engagent à rétablir la confiance

©AFP

Emmanuel Macron s'est entretenu avec Joe Biden sur la crise des sous-marins. Les deux présidents se sont engagés à rétablir la confiance. Ils devraient se rencontrer fin octobre en Europe.

Le président français Emmanuel Macron s'est entretenu mercredi avec son homologue américain Joe Biden pour tenter de dénouer la crise provoquée par l'alliance militaire Aukus conclue entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie, et l'annulation d'un important contrat d'achat de sous-marins français. Les deux présidents ont ensuite publié un communiqué commun dans lequel ils ont jugé que "des consultations ouvertes auraient permis d'éviter" cette crise et qu'une défense européenne "plus forte" était nécessaire, en complément de l'Otan. Macron et Biden se sont engagés à mener "des consultations approfondies" pour rétablir la confiance. Les deux dirigeants devraient se recentrer fin octobre en Europe.

50
milliards d'euros
L'Australie a rompu un contrat d'achat de sous-marins auprès de la France d'une valeur de plus de 50 milliards d'euros

Cet échange téléphonique, demandé par Joe Biden, pourrait apaiser la crise diplomatique en cours entre les deux pays. Après l'appel, Paris a décidé que son ambassadeur retournerait à Washington la semaine prochaine.

La France considère comme "une trahison" la rupture brutale, le 16 septembre, d'un contrat d'achat de 12 sous-marins par l'Australie pour plus de 50 milliards d'euros. Canberra a préféré acquérir 8 sous-marins nucléaires aux États-Unis dans le cadre de leur nouvelle alliance contre l'expansionnisme chinois.

Représailles

La France menace de bloquer les négociations de l'accord de libre-échange entre l'UE et l'Australie. La Commission européenne, en charge de la négociation de ces accords, dit "évaluer la situation".

Paris exige aussi le report de la première réunion d'un important conseil américano-européen chargé de coordonner leurs politiques dans le domaine des technologies et du commerce, prévue le 29 septembre à Pittsburgh. Les 27 ambassadeurs européens devaient aborder cette question vendredi.

Soutien européen limité

Les Européens se sont rangés derrière la France, lundi, lors d'une réunion en marge de l'AG de l'ONU à New York. En paroles, du moins. Ainsi, le président du Conseil européen Charles Michel a eu un échange "franc, direct et animé" avec le Premier ministre australien Scott Morrison.

Pour plusieurs capitales, la création d'Aukus renforce l'urgence d'une autonomie européenne accrue et de la création d'une Europe de la Défense, un thème qui sera abordé lors d'un sommet sur la Défense sous présidence française en 2022.

"La Suède, l'Irlande et les pays de l'Est n'ont aucune envie de voir cette affaire nuire aux relations transatlantiques."
Un diplomate européen

Mais au-delà des condamnations, l'Europe peine à faire bloc derrière la France. "La Suède, le Danemark, l'Irlande et les pays de l'Est n'ont aucune envie de voir cette affaire nuire aux relations transatlantiques", résume un diplomate européen. Entre la France et les États-Unis comme puissance protectrice, leur choix est fait.

L'Allemagne soutient la France, mais elle ne voit pas d'un bon œil le report de la réunion de Pittsburgh.

Dans les faits, la France a géré seule son contrat avec l'Australie, sans impliquer ses alliés européens aujourd'hui surpris par la tournure prise par les événements.

Zones d'ombres

Plus l'affaire se prolonge, plus des zones d'ombres apparaissent. Canberra fait état d'inquiétudes majeures concernant des retards, des dépassements de coûts et l'adéquation du contrat d'achat des sous-marins français. Ces inquiétudes auraient été exprimées "depuis des années". La France, par contre, affirme que l'Australie exprimait encore sa "satisfaction" un jour avant de renoncer au contrat.

Selon certaines sources, Paris aurait été informé des intentions des Australiens en juin dernier. Lors du sommet de l'Otan fin juin, le président français était apparu remonté contre l'appel de Joe Biden aux Européens à faire front contre la Chine.

Le résumé

  • Le président français Emmanuel Macron et son homologue américain Joe Biden se sont expliqués mercredi sur l'affaire des sous-marins. Les deux présidents ont convenu que "des consultations ouvertes auraient permis d'éviter" cette crise diplomatique.
  • Suite à l'annulation d'un important contrat de vente de sous-marins, la France avait menacé l'Australie et les États-Unis de représailles, en remettant en cause, entre autres, les négociations d'un accord de libre-échange entre l'UE et Canberra.
  • L'UE est "solidaire" de Paris, mais cette solidarité a des limites.

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