Mobilisation mondiale pour le climat

Greta Thunberg à Washington. ©REUTERS

Des milliers de manifestations sont attendues ce vendredi et ce weekend dans 156 pays dans le cadre du mouvement de grève mondiale pour le climat. Une mobilisation que les organisateurs espèrent sans précédent à la veille du sommet de l’ONU où les États sont appelés à afficher plus d’ambition.

L’appel à la mobilisation générale a été lancé par les activistes de la lutte contre le réchauffement planétaire: ce vendredi, et dans la semaine qui suivra, la "grève mondiale pour le climat" devrait toucher 156 pays. "Les communautés des îles du Pacifique, en première ligne face à la montée des mers, seront les premières à faire grève", indique le site globalclimatestrike.net, qui centralise et répertorie les initiatives, qu’il s’agisse de véritables grèves, de rassemblements ou d’autres événements. En Europe, "plus de 1.240" actions seront prises dans sept pays. "Parents, travailleurs, scientifiques, groupes spirituels, syndicats et entreprises iront dans les rues, rejoignant les enfants qui ont montré la voie", assure le site, émanation du mouvement inspiré par la grève scolaire de la Suédoise Greta Thunberg.

"Je veux que vous écoutiez les scientifiques. Et je veux que vous vous unissiez derrière la science."
Greta Thunberg
Initiatrice du mouvement des grèves pour le climat

Des travailleurs de multinationales américaines comme Amazon, Facebook et Microsoft défileront pour demander à leurs entreprises de prendre des mesures. Jeff Bezos a d’ailleurs annoncé ce jeudi qu’Amazon s’engageait à atteindre la neutralité carbone de ses activités pour 2040. GlobalClimateStrike recense "plus de 2.500 entreprises" soutenant les grèves, soit en fermant leurs portes, soit en autorisant leurs employés à s’absenter brièvement pour prendre part au mouvement. À l’échelle mondiale, "72 syndicats et fédérations soutiennent la grève pour le climat", dont certaines organisent une grève formelle – au Québec et en Italie.

A 13h30 à la gare du Nord

En Belgique, la marche qui se tiendra au départ de la gare du Nord à Bruxelles (13h30) est le point de départ d’une "semaine d’action" qui se clôturera vendredi 27 par une nouvelle grève, à l’Atomium.

Pression pré-sommet

La mobilisation est organisée à la veille du sommet organisé lundi à New York à l’initiative du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres. Alors que l’Accord de Paris sur le climat n’impose pas d’objectif contraignant de réduction d’émission aux États, ce sommet "Action climat" doit pousser les gouvernements à relever leur niveau d’ambition. Les engagements présentés à ce jour mèneraient, s’ils étaient mis en œuvre, à un réchauffement de 3 à 5°C d’ici la fin du siècle, alors que l’Accord de Paris entend limiter le réchauffement à 1,5°C et en tout cas "nettement en dessous de 2°C" par rapport au début de l’ère industrielle.

Dans une lettre envoyée fin mai au président du Conseil européen Donald Tusk, Antonio Guterres avait dit espérer de l’Union européenne qu’elle annonce un relèvement de sa contribution. Il indiquait espérer qu’elle s’engage à réduire ses émissions de 55% d’ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone pour 2050. Les États membres ne sont pour l’heure pas parvenus à s’accorder une mise à jour de leurs ambitions, alors que l’Union européenne prévoit une réduction d’émissions de 40% pour 2030. Ursula von der Leyen, qui deviendra présidente de la Commission européenne le 1er novembre, entend faire de l’Union "le premier continent neutre en carbone" et prévoit de proposer un "plan vert" dans les cent premiers jours de son mandat. À défaut de nouveau signal européen, le gouvernement allemand prévoyait d’annoncer ce vendredi un paquet de mesures pour le climat d’un montant d’au moins 100 milliards d’euros d’ici à 2030, avec objectif de réduire les émissions de 55% en 2030 par rapport à 1990.

Thunberg au Congrès

De l’autre côté de l’Atlantique, la Suédoise Greta Thunberg, passée en un an de manifestante solitaire à inspiratrice du mouvement mondial de lutte contre le changement climatique, donnait à la veille des manifestations un discours au Congrès des États-Unis. "Ce n’est ni le moment ni l’endroit pour les rêves. C’est le moment de se réveiller", a-t-elle lancé aux élus d’une commission de la Chambre des représentants, après avoir rencontré l’ex-président Barack Obama. Plus d’un millier de manifestations sont attendues aux États-Unis, alors que le gouvernement fédéral freine l’action climatique. Pendant que l’inspiratrice des grèves scolaires pour le climat appelait les décideurs à "écouter les scientifiques", le président américain annonçait son intention d’empêcher la Californie de fixer des standards d’émissions pour les véhicules plus contraignants que les standards fédéraux. Donald Trump sera absent au sommet que l’ONU accueille sur son territoire – il sera représenté par une fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères. Le président républicain avait annoncé dès son arrivée à la Maison-Blanche le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, retrait qui ne pourrait être effectif qu’après la prochaine élection présidentielle américaine.

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