interview

Moncef Slaoui, l'homme qui nous délivre de la pandémie

Moncef Slaoui: "Le CEO de Pfizer m’appelle et m’annonce: ‘Moncef, nous sommes à 90%’. Quel moment jubilatoire incroyable. Un moment unique." ©Erin Scott

Moncef Slaoui, à la tête du programme gouvernemental américain Operation Warp Speed, a réalisé ce qu’on croyait impossible: le développement d’un vaccin contre le coronavirus, en moins d’un an. Nous nous sommes entretenus avec l’homme qui a appris son métier en Belgique. "Chaque pays se servira en premier, les voisins passeront après ."

Fin avril dernier, par une belle journée ensoleillée. Moncef Slaoui se détend au bord de sa piscine dans sa maison à Philadelphie. Un coup de fil vient interrompre le bain de soleil de ce pensionné de l’industrie pharmaceutique. Ce sera finalement l’appel le plus important de sa carrière. Il va reprendre du service après avoir officié pendant plus de trente ans chez GlaxoSmithKline (GSK) en Belgique et aux États-Unis. Pour le moment, il reste actif comme investisseur et administrateur. Une vie relativement tranquille. Mais cela, c’était avant ce coup de fil.

"Pensez au projet Manhattan", lui demande-t-on tout de go à l’autre bout de la ligne – cette célèbre opération secrète américaine qui a conduit, dans les années 1940, au développement de la bombe atomique. "Supposez que nous y consacrions tous les moyens possibles et imaginables, serions-nous capables de mettre au point un vaccin contre le Covid-19 dans les douze mois qui viennent?"

Chez GSK, Moncef Slaoui (61 ans) a lancé sur le marché pas moins de 14 vaccins, notamment contre le cancer du col de l’utérus et le rotavirus, redoutable chez les jeunes enfants. Durant 27 ans, il s’est échiné à trouver un remède contre la malaria. Il connaît donc très bien le temps nécessaire, en moyenne, pour développer un vaccin: de dix à quinze ans. Qui plus est, il est sollicité par l’administration Trump qui a montré tout son mépris pour les milieux scientifiques. Sans oublier, pour le démocrate convaincu qu’est Moncef Slaoui, que le président républicain compte bien sur l’annonce de la découverte d’un vaccin dans la dernière ligne droite de la campagne électorale pour décrocher un second mandat.

"Il n’était vraiment pas évident d’accepter une telle mission. Mais je croyais que c’était possible. Donc, je devais le faire."

"Il n’était donc vraiment pas évident d’accepter une telle mission", nous déclare-t-il dans un entretien, mené par vidéo, depuis son domicile. Il porte un T-shirt gris foncé à courtes manches et boit une canette de coca light. "Parce que le risque d’échec était très élevé et aussi parce que j’en subirais une énorme pression, moi et ma famille, notamment en raison de mes prises de position politiques. Mais je croyais que c’était possible. Donc, je devais le faire. Même si le défi s’est finalement révélé encore plus éprouvant que je le pensais: surtout en raison de la presse qui a multiplié les attaques personnelles à mon encontre."

Star Wars

Moncef Slaoui est propulsé ainsi, en qualité de conseiller scientifique, à la tête de l’Operation Warp Speed. Objectif: produire 300 millions de doses de vaccin contre le Covid-19 dans l’année. Son épouse américaine doit lui expliquer tout de même que le nom de l’opération se réfère au film "Star Wars", où on voyage plus vite que la lumière. Notre scientifique n’a jamais regardé un seul opus de la saga.

Moncef Slaoui devient donc le visage de la course  mondiale au vaccin, dopée par une collaboration inédite entre le secteur pharmaceutique, les scientifiques et les institutions publiques, financée par un budget de pas moins de 14 milliards de dollars.

Le biologiste doit d’emblée sélectionner six vaccins potentiels dans une longue liste de candidats, poser un regard très critique sur la qualité des expérimentations et évaluer en un temps record les premiers résultats des recherches en cours. Aucune faille ne lui échappe. Ce qui l’amène à critiquer l’approche des développeurs de Moderna, une entreprise dont il a été un administrateur et qui est à la pointe de la course au vaccin. Il leur reproche un nombre trop faible d’Afro-Américains et de Latinos dans l’échantillon de personnes étudiées. Les résultats risquent donc de ne pas être représentatifs de l’ensemble de la population. Son intervention provoque un retard de plusieurs semaines dans les recherches de Moderna, ce qui permet à son concurrent Pfizer de le dépasser et de triompher au final avec un premier vaccin performant.

La mission principale de Moncef Slaoui consiste à éliminer tous les obstacles et goulets d’étranglement susceptibles de ralentir cette course au vaccin, tout en veillant à la sécurité du processus. Mais, de cela, nous reparlerons par la suite.

Revenons d’abord sur ce second coup de fil, tout aussi crucial: celui qui annonce la sortie d’une pandémie qui a déjà fait plus d’un million et demi de victimes dans le monde. Nous sommes le 18 novembre à 5 h du matin. Albert Bourla, le CEO de Pfizer, appelle Moncel Slaoui qui est déjà debout depuis 2 heures pour entretenir sa condition physique. "Je fais de la course à pied. Ensuite, dès 4h30, j’entame mes business calls avec l’Europe et l’Australie." Albert  Bourla vient de recevoir les résultats de la troisième phase de recherches, à grande échelle, du vaccin que Pfizer a mis au point avec l’entreprise allemande BioNTech. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déjà dit que tout vaccin présentant une efficacité supérieure à 50% serait considéré comme un succès. Les chercheurs en vaccinologie espèrent cependant atteindre un taux de 70%. Et voilà que le patron de Pfizer lui annonce: "Moncef, nous sommes à 90%." Moncef Slaoui rayonne à ce souvenir gravé à jamais dans son esprit. "Quel moment jubilatoire incroyable! Un moment unique."

"Une protection de 90% et plus est une assurance contre cette pandémie. Cela va nous aider à retourner à nos vies antérieures."

Quelques heures plus tard, Pfizer diffuse le communiqué de presse qui va redonner espoir à la terre entière. Les bourses se remettent en mode euphorie, le monde peut respirer à nouveau: pour la première fois en dix mois, on aperçoit la lumière au bout du tunnel. «Une protection de 90% et plus est une assurance contre cette pandémie», nous déclare Moncef Slaoui. "Cela va nous aider à retourner à nos vies antérieures. Elle évitera des millions de décès et encore bien plus de contaminations et de maladies. Et voyez, aujourd’hui, nous n’avons pas un, mais trois vaccins. Bientôt, sans doute six. Dans peu de temps, nous pourrons vacciner le monde entier."

La Belgique, par hasard

Marocain de naissance, Moncef Slaoui passera l’essentiel de sa carrière de producteur de vaccins en Belgique, où il étudiera, enseignera, habitera et travaillera pendant près de 30 ans. Il grandit à Casablanca. Son père est entrepreneur dans le domaine de l’irrigation. Il décède quand Moncef Slaoui n’est encore qu’un adolescent. Ensuite, lui et ses trois frères et sœurs suivent un cursus universitaire. Une plus jeune sœur est morte à six mois de la coqueluche, une maladie contre laquelle il existe un vaccin aujourd’hui.

Moncef Slaoui veut étudier la médecine à Paris, mais arrive en France trop tard pour son inscription. Qu’à cela ne tienne, il part aussitôt à Bruxelles pour suivre les mêmes études en français. Mais là, la faculté de médecine de l’ULB affiche complet. Il choisit donc la biologie. Une année de transition, pense-t-il. Il ignore encore qu’il tombera dans les griffes de l’immunologie, dédiée aux mécanismes de défense naturels, sans jamais en sortir. Il poursuit ainsi ses études quelques années aux États-Unis avant de revenir en 1985 dans le sillage de son amie de l’époque. Elle travaille comme chercheuse pour SmithKline-RIT (qui deviendra GSK) à Rixensart. Moncef Slaoui enseigne quelques années à l’université de Mons, mais devient finalement développeur de vaccins chez GSK. Il gravit les échelons régionaux les plus élevés de l’entreprise sous l’aile du patron belge, Jean Stéphenne, lequel est aujourd’hui président de l’entreprise américaine CureVac, qui travaille également sur un vaccin gentech contre le Covid-19.

"Ma venue en Belgique est le fruit du hasard. Je n’avais aucune intention d’y rester. Mais c’est en Belgique que j’ai appris mon métier et que je suis tombé amoureux. Mais j’ai toujours voulu influencer le cours des choses. Tout jeune, comme activiste politique. Mais c’était dangereux sous le régime marocain à l’époque. Et ensuite, comme développeur de vaccins."

"J’ai toujours voulu influencer le cours des choses. Tout jeune, comme activiste politique. Mais c’était dangereux sous le régime marocain à l’époque. Et ensuite, comme développeur de vaccins."

"Vous pouvez vous demander: comment quelqu’un comme moi, un jeune gars de Casablanca, issu de nulle part, peut-il se hisser à la tête de l’unité de recherches d’une des plus grandes entreprises pharmaceutiques du monde et, à présent, de l’Operation Warp Speed? On n’y réussit pas en échafaudant des tas de plans ou en prenant des risques calculés, ce qui finit par vous paralyser. Après mon doctorat en Belgique, j’aurais pu retourner au Maroc, mais j’ai suivi ma compagne de l’époque aux États-Unis. Et par son intermédiaire, j’ai à nouveau atterri dans le secteur pharma. Je dis toujours: 'Jump! Don’t give it a 99 percent. Give it a 100 percent.' Et voyez où vous arrivez. Parfois au mauvais endroit, mais la plupart du temps au bon."

Le monde doit-il le vaccin à l’action du président Trump?

Moncef Slaoui: "C’est une des rares choses qu’ils ont bien faites, peut-être même la seule. Mais il est exact que l’administration avait cette vision de regrouper les forces du département de la défense, des scientifiques, des pouvoirs publics et de l’industrie, sous la direction d’un extérieur, et sans aucune ingérence venant d’en haut. C’était visionnaire. Cela n’avait jamais été réalisé auparavant, mais la situation était elle aussi exceptionnelle. Tout le monde est allé au bout de ses possibilités. Et là, je parle de centaines de milliers de personnes."

"Et c’est précisément à ce moment-là que de nouvelles plateformes de développement de vaccins sont apparues: le résultat de deux décennies d’investissements en immunologie et en vaccins. Mais l’écosystème de la biotechnologie, de l’industrie pharmaceutique, du monde académique et du secteur de la santé a vraiment prouvé qu’il pouvait sauver le monde en opérant tous ensemble. Le secteur a plutôt mauvaise réputation, comme si nous nous étions habitués à ses belles réalisations. Tous les vaccins produits font que nous pourrons mener une vie qui sera tout autre que celle que avons vécue ces dix mois écoulés."

L’Operation Warp Speed a été menée comme une offensive militaire.

Le vaccin est arrivé si vite que cela a suscité questions et scepticisme sur sa réelle sûreté. Mais en discutant avec Moncef Slaoui, on comprend vite comment une telle prouesse a pu être réalisée. L’Operation Warp Speed a été menée comme une offensive militaire. Tous les matins à 8 heures tapantes, Moncef Slaoui s’est réuni avec les responsables des recherches des six vaccins sélectionnés et avec Gustave Perna, un général quatre étoiles aux états de service impressionnants, pour assurer la logistique. "Le ‘battle rhythm’, comme on l’appelle dans le jargon militaire: ‘Qu’est-ce qui s’est passé hier, que prévoit-on aujourd’hui, un point mérite-t-il une attention particulière?’. Au début, j’ai pensé: c’est ridicule, quelle perte de temps, pourquoi devons-nous faire cela chaque jour? En réalité, s’astreindre à une telle routine quotidienne oblige tous les rouages de cette organisation gigantesque à être parfaitement huilés en permanence. Sinon, on est tributaire du maillon le plus faible. Comme cela, rien ne passe à travers les mailles du filet. On ne donne pas la possibilité au moindre problème de devenir un gros. On ne perd pas une minute."

Un développement de vaccin traditionnel requiert de cultiver tout d’abord de nombreux litres de virus en citernes. Ensuite, on les traite pour leur faire perdre leur toxicité et les transformer en vaccins. Cela peut durer des semaines, voire des mois. Mais la gentechnologie dernière génération, comme celle développée par BioNTech et Moderna, permet d’aller beaucoup plus vite. Ainsi, Moderna a concocté son prototype de vaccin en deux jours à peine: cela s’est résumé à une question de programmation informatique dès qu’on a connu la signature génétique du virus. Les chercheurs chinois avaient en effet publié dès le début du mois de janvier le code génétique du virus SRAS-CoV-2.

En réalité, ce qui prend encore du temps, ce sont les expérimentations, les procédures et les tests sur les humains. Mais, là aussi, on a pu gagner un temps précieux. En transportant les échantillons du vaccin des labos allemands de BioNTech à bord de l’avion privé de Pfizer jusqu’aux labos de recherche américains. En transportant le matériel par escorte militaire pour traverser les frontières nationales sans entraves – même lorsque c’était interdit au commun des mortels. En faisant collaborer des entreprises pharmaceutiques, des organismes publics et des chercheurs, avec partages de données à la clé, alors qu’aucun contrat formel n’avait encore été conclu entre les partenaires. Du jamais-vu dans le paysage pharmaceutique, où les négociations contractuelles peuvent traîner pendant des mois.

Par exemple, nous révèle Moncef Slaoui, une décision importante a été de réquisitionner tous les singes en possession du National Institute of Health américain pour procéder à des expérimentations animales. "Normalement, il faut attendre son tour au moins pendant un an. Nous sommes aussi allés voir immédiatement les centaines de producteurs de matières premières dont nous avons besoin pour produire les vaccins: l’armée a réquisitionné tous les tubes et seringues nécessaires ainsi que les silos de 2.000 litres indispensables pour l’opération. Nous avons éliminé tous les délais d’attente, notamment administratifs, par exemple en permettant aux ingénieurs japonais ou allemands de se rendre là où leur présence était nécessaire, malgré les mesures Covid. Le département américain de la Défense peut littéralement déplacer des montagnes lorsqu’il s’agit de logistique. Je l’ai vu de mes propres yeux."

Cette rapidité n’est pas sans inquiéter de nombreuses personnes. Quid si elles ne veulent pas se faire vacciner?

"Cette hésitation est compréhensible. Parce que nous sommes allés très vite, mais aussi parce que notre projet a été politisé durant une année électorale. Cela a créé l’impression que l’administration Trump voulait brûler les étapes pour faire réélire leur candidat. La rapidité de nos progrès a été perçue comme déraisonnable, parce que motivée politiquement. Mais elle ne l’était pas."

"La rapidité de nos progrès a été perçue comme déraisonnable, parce que motivée politiquement. Mais elle ne l’était pas."

Moncef Slaoui lui-même a été mis sur la sellette lorsqu’il est apparu qu’il détenait un paquet d’actions de Moderna, le développeur de vaccins américain retenu dans la sélection de l’Operation Warp Speed. Il nous le commente en tentant de conserver son calme, mais il n’y réussit pas lorsqu’il raconte comment la sénatrice Elisabeth Warren l’a attaqué à différentes reprises, sur Twitter et au Sénat. L’ancienne candidate démocrate à l’élection présidentielle a réclamé sa démission en raison de ses intérêts dans l’industrie. Moncel Slaoui a vendu ses actions et a fait don du produit (plus de 10 millions de dollars) à la recherche contre le cancer. Il a démissionné du conseil d’administration d’une série d’entreprises, dont quelques-unes impliquées dans le développement et la production de vaccins. Mais il a conservé ses actions GSK – "ma pension", comme il préfère les appeler – même si GSK met au point, avec Sanofi, un vaccin contre le Covid-19 et reçoit de ce fait une aide du programme qu’il dirige.

Aux yeux de Moncef Slaoui, la confiance dans les vaccins a été pour partie sapée par l’attitude des démocrates. "Leurs attaques personnelles n’ont certainement pas aidé. Ils m’ont accusé d’être corrompu, un voleur, une personne mue uniquement par l’argent. Alors que j’ai abandonné toutes mes activités et ai travaillé littéralement pour 1 dollar, parce que nous devions tout de même conclure formellement un contrat. En quelques minutes, j’ai décidé de mettre de côté ma vie et celle de ma famille pour me consacrer entièrement à cette mission. Ces attaques m’ont profondément heurté. J’ai également été choqué par le fait qu’ils paraissaient prêts à faire capoter l’opération. Un projet qui sauverait des vies. Tout cela par pur calcul politique, alors que des millions de personnes en meurent. Ces personnes ont perdu tout sens moral, selon moi."

Comment convainquez-vous ceux qui doutent de l’intérêt de se faire vacciner?

"Je leur demande de le considérer avec un esprit ouvert. Toutes les données seront communiquées. Des experts de différentes disciplines pourront les examiner en toute indépendance. Je suis fermement convaincu que, si on s’en tient aux données et aux faits sans a priori, un nombre croissant de personnes estimeront que ces vaccins sont incroyablement efficaces et sûrs."

"Une étude indépendante de phase 3 qui devrait se terminer en janvier ou février démontrera sa véritable efficacité. Et que ce soit 60 ou 90%, nous avons besoin de vaccins le plus vite possible. Tous les vaccins affichant ces taux d’efficacité sont bons."

Les hésitations ont été renforcées par les erreurs commises par le développeur de vaccins AstraZeneca, qui s’est trompé dans le dosage. En définitive, nous ignorons si le vaccin protège à 60 ou 90%.

"C’est une erreur malheureuse, mais elle ne devrait pas entamer la confiance dans leur vaccin. Une étude indépendante de phase 3 qui devrait se terminer en janvier ou février démontrera sa véritable efficacité. Et que ce soit 60 ou 90%, nous avons besoin de vaccins le plus vite possible. Tous les vaccins affichant ces taux d’efficacité sont bons."

Quand la vie reprendra-t-elle son cours normal?

"Aux États-Unis, sans doute à l’été prochain. Du moins, si un nombre suffisant de personnes se font vacciner. Pour l’Europe, je table sur la même période, peut-être légèrement plus tard."

Cette vie retrouvera-t-elle toutes les apparences d’avant la pandémie?

"Je le pense. Nous sommes des humains, programmés pour les contacts sociaux. J’ai toujours tendance à tendre la main lorsque je rencontre quelqu’un. La transition durera peut-être un an ou deux. Et ensuite, nous l’oublierons. C’est comme un accident de voiture: au départ, on a peur et on redouble de prudence et, six mois après, c’est comme s’il ne s’était rien passé. Nous reviendrons rapidement à ce qui est naturel pour nous. C’est la nature humaine."

Le prochain virus mortel nous attend-il au tournant?

"Selon l’état du monde actuel, oui. Seulement, il est impossible de savoir quand il déboulera. En 2016, j’avais averti qu’une pandémie nous pendait au nez. Je m’investis depuis de nombreuses années dans tout ce qui touche à la ‘préparation à la menace biologique’ (bio-preparedness’). Nous avons déjà eu les virus Ebola, Zika et N1H1. À présent, nous devons veiller à ce que nous soyons prêts à affronter la prochaine pandémie et que les entreprises continuent à développer des vaccins contre de potentiels porteurs d’épidémies. Nous devrions consacrer aux pandémies l’équivalent de 10% du budget actuel de la défense."

"Nous devrions consacrer aux pandémies l’équivalent de 10% du budget actuel de la défense."

Quand vous ferez-vous vacciner?

"Au moment où le vaccin sera approuvé. Vraisemblablement celui de Moderna, dont je suis administrateur. Et je le ferai sans doute avec ma famille devant des caméras de télévision pour montrer que c’est sûr. Le tout est à nouveau de bien doser! Entre montrer que c’est sûr et éviter de donner l’impression que nous avons priorité sur le reste de la population."

Qu’allez-vous faire ensuite?

"J’aimerais aller passer deux semaines à la plage et ne rien faire. Et j’aimerais voir mon fils, qui habite à Bruxelles."

Moncef Slaoui (61 ans)

-Est né à Agadir et a grandi à Casablanca.
-Est venu en 1976 en Belgique pour y étudier la biologie à l’ULB. Il y a enseigné l’immunologie.
-Est parti aux États-Unis pour y poursuivre ses études, mais est revenu en Belgique en 1985 pour donner cours à l’université de Mons.
-A commencé en 1988 à travailler pour SmithKline-RITs à Rixensart.
-Est arrivé en 2006 à la tête du département de recherches de GlaxoSmithKline, où il a travaillé jusqu’en 2017.
-Aux États-Unis, un centre de recherches porte son nom: le « Slaoui Center for Vaccines Research » dans le Maryland.
-Habite à Philadelphie avec son épouse et leur fils. Les fils de son premier mariage habitent aux États-Unis et à Bruxelles.

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