Notre enseignement supérieur s'exporte au Canada

©BELGA

La délégation académique a rarement été aussi nombreuse lors d’une visite d’État. Le Canada, de par sa proximité linguistique avec la Belgique, attire. Onze accords de collaboration vont être signés durant la semaine par les établissements d’enseignement supérieur. Les hautes écoles ne sont pas en reste.

Ils n’ont jamais été aussi nombreux à accompagner le Roi lors d’une visite d’État. Pour la mission canadienne qui a démarré dimanche, 80 représentants du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche accompagnent le Roi Philippe et la Reine Mathilde dans leurs escales à Ottawa, Toronto et Montréal. "C’est l’un des faits marquants de cette mission, nous explique le porte-parole du palais, Patrick Renault, l’importance de son volet académique."

Pourquoi un tel succès? Notamment car le palais a poussé plus que d’ordinaire le volet académique de la mission, prévoyant – fait exceptionnel – quasi deux journées entières consacrées à l’enseignement. Des journées durant lesquelles seront abordés les grands défis auquel doit faire face notre enseignement. S’y tiendront d’une part un séminaire consacré à l’immersion linguistique et les échanges de bonnes pratiques en matière de multilinguisme (le Canada voit cohabiter sur son territoire deux langues nationales), et d’autre part une table ronde sur les technologies digitales dans l’enseignement.

Destination de 1er choix pour les étudiants

Le Canada est aussi l’une des destinations très prisées des étudiants belges, elle figure en tête des destination hors Europe (31% des étudiants inscrits dans les programmes FAME, la bourse à la mobilité étudiante vont au Canada, les USA étant la 2e destination prisée avec 6% des étudiants la choisissant), dit Julien Nicaise, l’administrateur délégué de l’Ares. Et cela même si les échanges d’étudiants ne sont pas facilités par les règles en matière d’immigration. Pour réaliser un stage au Canada, il faut en effet bénéficier d’un permis de travail.

Julien Nicaise, l’administrateur-délégué de l’Ares, pointe également le fait que la délégation est composée de nombreux représentants des hautes écoles, elles qui sortent rarement du cercle européen. Deux d’entre elles signeront d’ailleurs trois accords de coopération.

Certaines comme la haute école Da Vinci, ont déjà établi de longue date des partenariats avec leurs équivalentes canadiennes, les collèges. "Mais souvent dans les échanges internationaux, les hautes écoles restent les parents pauvres. Il est donc bien que l’on sorte du bois et qu’on se montre un peu, dit Dominique Daems, directrice de la haute école Francisco Ferrer. Elle ne parle pas dans le vide, sa haute école est l’une des seules de la délégation à ne pas encore avoir exploré le terrain canadien.

"Souvent dans les échanges internationaux, les hautes écoles restent les parents pauvres."
Dominique Daems
Directrice de la haute école Francisco Ferrer

Cette visite d’État recouvre les deux objectifs traditionnels des missions menées par l’enseignement supérieur: explorer de nouvelles possibilités de collaboration, et renforcer les liens existants et multiplier les contacts. "L’université de Toronto fait partie des mieux cotées dans les rankings internationaux, mais nos universités ont encore peu de liens avec elle", explique Julien Nicaise. Par contre, l’université d’Ottawa affiche déjà des liens forts avec l’UCL, et Montréal avec l’ULB. L’UCL va d’ailleurs signer ce mardi un accord de co-diplomation avec Ottawa qui concrétisera un double diplôme en communication multilingue qui a été mis en place. Pendant un an, les deux universités échangeront 5 étudiants pour y faire l’expérience du multilinguisme "à la belge" et "à la canadienne". Cet accord figurera parmi les 11 accords signés durant la mission par l’ensemble des représentants du supérieur.

Le Roi, le Canada et moi

Le dimanche 11 mars 2018, le Roi et la Reine et moi, on s’est envolés pour le Canada. Bon, on n'était pas seuls. Une flopée de chefs d’entreprises, une poignée de ministres, des dizaines de représentants du monde académique et culturels ont embarqué avec nous dans l’A330 gouvernemental. Direction Ottawa, pour commencer, puis Toronto et Montréal. Ma première visite d’Etat. Pendant une semaine, vous trouverez ici le récit des coulisses. Hop c’est parti, suivez le guide >

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content