Plus de 5.200 interpellations en Russie lors de manifestations pro-Navalny

La police n'a pas hésité à faire preuve de violence lors des manifestations pro-Navalny qui se sont tenues dimanche, comme ici, à Moscou. ©REUTERS

Plus de 5.200 personnes ont été interpellées lors de manifestations pro-Navalny dimanche à Moscou et Saint-Pétersbourg. "Un record dans l'histoire de la Russie moderne", selon l'organisation OVD-info.

Les protestations organisées dimanche pour exiger la libération du leader de l'opposition russe Alexeï Navalny ont donné lieu à plus de 5.200 interpellations de manifestants.

D'après l'organisation OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations, pas moins de 5.289 personnes ont été interpellées dans 88 villes. C'est à Moscou (1.712) et Saint-Pétersbourg (1.164) que le gros des interpellations ont eu lieu. OVD-Info parle d'un record "dans l'histoire de la Russie moderne".

Nombreux manifestants... et policiers

Malgré la neige, des milliers de manifestants s'étaient rassemblés dans la capitale, demandan la libération d'Alexeï Navalny. Le centre de Moscou a été néanmoins rapidement bouclé par les forces de l'ordre, à commencer par la place de la Loubianka, où se localise le siège des services de sécurité (FSB), devant lequel les protestataires espéraient, à l'origine, se rassembler.

Les manifestants proclamaient "Liberté", "Poutine c'est mal", dimanche au cœur de la capitale russe. ©REUTERS

Face aux barrages de la police, qui a aussi fermé plusieurs stations de métro, les manifestants se sont dirigés vers le centre de détention dans lequel est emprisonné Alexeï Navalny, sans y parvenir pour la plupart. Ils ont alors à nouveau rejoint le centre-ville.

La manifestation a pris fin en début de soirée. "Nous leur avons montré à quel point nous étions nombreux!", a déclaré l'équipe du leader de l'opposition sur Telegram.

Alexeï Navalny incarcéré au moins jusqu'au 15 février

Pour rappel, Alexeï Navalny, qui est la cible de multiples procédures judiciaires, a été arrêté le mois dernier peu de temps après son arrivée sur le territoire russe. Il revenait d'une convalescence de plusieurs mois en Allemagne, suite à une tentative d'assassinat par empoisonnement au novichok. L'opposant accuse le président Vladimir Poutine d'être derrière cette tentative avortée. Un tribunal aurait ordonné l'incarcération d'Alexeï Navalny jusqu'au 15 février. Depuis, les manifestations se sont multipliées, tout comme les arrestations.

"Nous exhortons la Russie à libérer les personnes détenues, à respecter ses engagements internationaux et à protéger la liberté de la presse."
Marc Garneau
Le chef de la diplomatie canadienne

Samedi dernier, plus de 4.000 personnes avaient déjà été arrêtées. La femme d'Alexeï Navalny, Ioulia Navalnaïa, avait aussi été interpellée par la police avant d'être relâchée quelques heures plus tard. La plupart des proches alliés de l'opposant ont été assignés à résidence par la justice russe.

Réactions outrées des pays occidentaux

Ces arrestations ont été condamnées par les États-Unis, l'Union européenne et le Canada. Anthony Bliken, le secrétaire d'État américain, a déploré les"tactiques brutales" employées par la police contre des "manifestants pacifiques".

Le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell, a "déploré les interpellations massives" et "l'usage disproportionné de la force" contre les manifestants et les journalistes. "Les gens doivent avoir la possibilité d'exercer le droit de manifester sans crainte de répressions", a-t-il déclaré sur Twitter.

Marc Garneau, le chef de la diplomatie canadienne, a lui aussi réagi: "Nous exhortons la Russie à libérer les personnes détenues, à respecter ses engagements internationaux et à protéger la liberté de la presse", a-t-il posté sur Twitter.

Un palais à 100 milliards de roubles

Ces événements interviennent alors qu'Alexeï Navalny et ses proches ont décidé de contre-attaquer en vue du procès qui se tiendra bientôt. Le 19 janvier, peu de temps après son arrestation, son équipe a mis en ligne un documentaire accablant, long de deux heures.

Le palais sur les bords de la mer Noire présenté comme appartenant à Vladimir Poutine dans une vidéo diffusée par des proches de Navalny. ©AFP

Dans la vidéo, qui est le résultat de la plus grande enquête anti-corruption menée à ce jour par l'opposant, des images font la lumière sur ce qui est présenté comme "le plus grand secret de Poutine": un palais surplombant la mer Noire et dont la construction aurait coûté plus de 100 milliards de roubles (1,13 milliard d'euros). En deux jours seulement, la vidéo a été visionnée plus de 40 millions de fois sur YouTube.

Les détails de l'enquête révèlent que le bâtiment aurait été financé par des fonds clandestins d'oligarches russes, en échange de multiples faveurs. L'argent émanant d'entreprises d'État russes, il proviendrait techniquement des impôts. Le début du reportage appelait d'ailleurs les manifestants à descendre dans les rues...

De son côté, Vladimir Poutine a nié ces allégations: "Rien de ce qui y est montré comme étant mes biens ne m’appartient à moi ni à mes proches". Selon lui, l'opération n'est qu'une énième tentative pour "laver le cerveau des Russes".

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