Près de 1.800 arrestations lors de manifestations après le discours de Poutine

Le président russe Vladimir Poutine lors de son discours annuel sur l'état de la Nation. ©EPA

Vladimir Poutine a invité l'Occident à ne pas "franchir de ligne rouge" avec la Russie. Après son discours, des dizaines de milliers de manifestants ont exigé la libération d'Alexeï Navalny. Près de 1.800 personnes ont été arrêtées.

Le discours annuel de Vladimir Poutine sur l'état de la Nation était très attendu mercredi, vu les tensions croissantes avec l'Occident et une mobilisation de l'opposition depuis l'emprisonnement du dissident Alexeï Navalny. Après l'intervention présidentielle, des manifestations pro-Navalny ont éclaté à travers le pays jusque tard dans la nuit. La police russe a arrêté près de 1.800 personnes.

L'enjeu, pour le maître du Kremlin, était de mobiliser son électorat 5 mois avant les législatives. Sa popularité s'effrite en raison de la crise économique et de la pandémie. Celle de son parti, Russie unie, a fortement reculé à 21% selon un sondage du Centre Levada datant de mars.

"J’espère que personne n’aura l’idée de franchir une ligne rouge avec la Russie."
Vladimir Poutine
Président de la Russie

"J’espère que personne n’aura l’idée de franchir une ligne rouge avec la Russie", a menacé Vladimir Poutine. Il a ensuite dénoncé "la pratique illégale" des sanctions contre son pays. Les États-Unis et l'UE ont pris des sanctions contre la Russie suite à l'empoisonnement de Navalny, en plus de celles frappant son économie depuis l'annexion de la Crimée et la guerre menée par des troupes pro-russes à l'est de l'Ukraine.

Poutine a déploré le silence de l'Occident face à ce qu'il présente comme "une tentative de coup d'État" en Biélorussie, où il a soutenu le dictateur Alexandre Loukachenko contre une révolte de l'opposition réprimée dans la violence.

"La réponse de la Russie sera asymétrique, rapide et dure."
Vladimir Poutine
Président de la Russie

"Nous voulons de bonnes relations et ne voulons vraiment pas couper les ponts", a-t-il ajouté. "Mais si quelqu'un confond nos bonnes intentions avec de l'indifférence ou de la faiblesse et a l'intention de saccager ou même de faire sauter ces ponts, il doit savoir que la réponse de la Russie sera asymétrique, rapide et dure." Ces derniers jours, la Russie a massé plus de 100.000 hommes à la frontière ukrainienne, un déploiement dénoncé par l'UE et les États-Unis.

Le président russe a défendu sa politique face à la pandémie, évoqué les vaccins russes et promis une hausse des revenus. Il n'a pas abordé la situation d'Alexeï Navalny, en grève de la faim depuis 3 semaines pour dénoncer les conditions de son emprisonnement.

1.800
La police russe a interpellé au moins 1.784 personnes dans les rangs de l'opposition, pendant les manifestations ou en marge de celles-ci.

Manifestations de l'opposition

De manifestations ont eu lieu durant la journée dans une centaine de villes pour réclamer la libération de Navalny. À Moscou, les manifestants étaient environ 6.000 selon les autorités, 10 fois plus selon la chaîne YouTube de Navalny.

La police a procédé à près de 1.800 arrestations dans les rangs de l'opposition, pendant les manifestations ou en marge de celles-ci, selon OVD-Info, spécialisé dans le suivi des rassemblements d'opposants.

Les manifestations ont débuté mercredi à l'ouest du pays. Dans de nombreuses villes, de petites manifestations rassemblant des centaines de personnes ont été organisées. Au cours de la journée, ces mouvements se sont étendus à toute la Russie.

Selon 4 experts mandatés par l'ONU, Navalny est "en grave danger", emprisonné dans des conditions qui "s'apparentent à de la torture" et doit être évacué à l'étranger.

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