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interview

Qatar Energy s'attend à un relâchement des prix du gaz

Pour le CEO de Qatar Energy et ministre qatari de l'Énergie, Saad al-Kaabi, "depuis 4 ou 5 ans, on n’investit plus dans le pétrole et le gaz, et les clients le paient automatiquement parce qu’il n’y a plus assez de pétrole et de gaz sur le marché". ©REUTERS

Le ministre qatari de l'Énergie attribue la flambée des prix du gaz à une production trop faible et aux incertitudes liées à la transition énergétique. Pour lui, les prix baisseront cet hiver.

Le Qatar, le plus grand fournisseur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), n'est pas content des prix élevés du gaz. Mais il ne peut rien faire pour infléchir cette tendance. Le géant gazier Qatar Energy est au maximum de ses capacités de production, avec 77 millions de tonnes de GNL par an. Toutefois, selon Saab al-Kaabi, le CEO de Qatar Energy et ministre qatari de l'Énergie, cette flambée des prix devrait s'apaiser en hiver.

"Je pense que les prix vont se relâcher un peu d’ici à l’hiver."
Saad al-Kaabi
CEO de Qatar Energy et ministre qatari de l'Énergie

"Je ne suis pas du tout content des prix du gaz. C’est négatif pour nos clients", nous a confié Saad al-Kaabi, lors d'une rencontre à Doha, la capitale du Qatar. "Nous sommes au maximum de nos capacités d'approvisionnement dans la mesure où nous avons donné à tous nos clients leurs quantités dues."

Prix "raisonnables et durables"

Mais cette course folle devrait se calmer. "Je pense que les prix vont se relâcher un peu d’ici à l’hiver, avec le retour de certaines unités de production et la promesse des Russes d’envoyer plus de gaz vers l’Europe", a-t-il affirmé. "Les temps resteront probablement difficiles. Mais nous, les producteurs, nous voulons des prix raisonnables et durables pour nos clients."

Une information intéressante pour la Belgique, qui achète environ 20% de son gaz au Qatar.

"J’étais quasi en larme, car nous perdions de l’argent. Mais nous avons continué à livrer, sans changer les contrats."
Saad al-Kaabi
CEO de Qatar Energy et ministre qatari de l'Énergie

Saad al-Kaabi n'a pas oublié le niveau très bas des prix du gaz en 2020. "Nous avons beaucoup souffert l’an dernier, lorsque le prix du gaz n’était qu’à 1,9 dollar par million de BTU (British Terminal Unit). J’étais quasi en larme, car nous perdions de l’argent."

Le Qatar prévoit une hausse de sa production de 50% d'ici 2027. Le pays, qui bénéficie de coûts de production très bas, ne compte pas emprunter pour y arriver. "Nous avons beaucoup d'argent et le meilleur rating de la planète", dit Saad al-Kaabi.

Production mondiale trop faible

La hausse des prix du gaz provient d'une offre insuffisante et "de stocks trop faibles", analyse le ministre qatari.

"C’est très sexy de dire 'zéro carbone' d’ici à 2050, cela fait bien dans les médias. Mais ce n’est pas suffisant."
Saad al-Kaabi
CEO de Qatar Energy et ministre qatari de l'Énergie

"Depuis 4 ou 5 ans, on n’investit plus dans le pétrole et le gaz, et les clients le paient automatiquement parce qu’il n’y a plus assez de pétrole et de gaz sur le marché", dit-il. "Les gens en ont marre du covid, l’économie explose. Tout cela nécessite de l’énergie."

Transition énergétique

La transition énergétique vers une économie décarbonée, sur fond d'incertitude quant au mix énergétique, est aussi à l'origine de cette hausse des prix, estime Saad al-Kaabi.

77 millions
de tonnes
Qatar Energy affirme être au maximum de ses capacités de production, avec 77 millions de tonnes de GNL par an.

"Comprenez-moi bien, la transition énergétique est une bonne chose", nuance-t-il, "mais je vois des pays qui s’engagent à atteindre un objectif 'zéro carbone' d’ici 2050, sans savoir comment y arriver. Cela ressemble à une promesse politique sans planification".

Le ministre de l'Énergie veut en savoir plus sur les choix futurs des Européens dans cette transition. "C’est très sexy de dire 'zéro carbone' d’ici à 2050, cela fait bien dans les médias. Mais ce n’est pas suffisant. C’est même dangereux de demander aux compagnies pétrolières et gazières de cesser la production sans annoncer quel sera le mix énergétique."

De Qatar Petroleum à Qatar Energy

Pour le ministre qatari, la solution se trouve dans un mix énergétique incluant toutes les énergies. "Je pense que la solution en définitive sera un mix de toutes les énergies, solaire, éolienne, hydraulique. Nous devons utiliser tout ce que nous pouvons pour garantir les besoins futurs de l’humanité", indique-t-il.

Le premier producteur de GNL au monde entend inscrire le gaz au cœur de cette transition et investir davantage dans les énergies renouvelables. L'entreprise a d'ailleurs changé son nom ce lundi, de Qatar Petroleum en Qatar Energy, afin de "refléter son changement de stratégie", affirme son CEO.

Le résumé

  • Saad al-Kaabi, ministre qatari de l'Énergie et CEO du numéro un mondial du GNL Qatar Energy, est mécontent des prix élevés du gaz. Il prévoit cependant un relâchement des prix en hiver.
  • Le ministre qatari attribue cette flambée à la faiblesse de la production et aux incertitudes liées au mix énergétique futur.
  • Saad al-Kaabi a changé le nom de son entreprise et plaide pour un mix énergétique le plus varié possible.

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