Quels défis pour la présidence belge du Conseil de sécurité?

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Samedi prochain, la Belgique prendra la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU. Les dossiers chauds ne manqueront pas. À commencer par le Brexit et son impact.

À partir du 1er février, la Belgique présidera pour un mois le Conseil de sécurité de l’ONU, l’organe chargé de maintenir la paix dans le monde.

Sa mission consistera à fixer l’ordre du jour et animer les débats entre les quinze États membres du Conseil de sécurité. Une tâche importante pour notre pays, qui verra s’accroître son poids diplomatique dans le monde.

Les dossiers chauds ne manquent pas, entre les tensions en Syrie, la crise du nucléaire iranien, la guerre civile en Libye et la lutte contre les terroristes islamistes au Sahel.

Une des priorités de notre pays sera de renforcer la coordination entre les Européens au sein du Conseil. Pour l’instant, cinq États de l’UE font partie du Conseil de sécurité. La France et le Royaume-Uni sont membres permanents, la Belgique, l’Estonie et l’Allemagne y siègent pour des mandats de deux ans.

Amortir le choc du Brexit

Triste coïncidence, la présidence belge débute le jour du Brexit.

Le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne risque d’affaiblir les Européens, d’autant plus que Londres détient un droit de veto sur les décisions du Conseil de sécurité, comme les quatre autres membres permanents (Etats-Unis, Chine, Russie et France).

"Le défi sera de trouver le moyen pour que les Européens continuent à travailler ensemble, avec le Royaume-Uni."
Une source diplomatique

Ces derniers temps, la cohésion entre Européens s’était accrue, ce qui augmentait leur capacité à faire adopter des résolutions. "Depuis peu, les cinq membres européens s’affichent conjointement, ce qui est une révolution. Avant c’était impensable", dit une source diplomatique.

La présidence belge devra tout faire pour amortir l’impact du Brexit sur la cohésion des Européens. "Pour la Belgique, tout le défi sera de trouver un moyen pour que les Européens continuent à travailler ensemble, avec le Royaume-Uni, résume une source diplomatique. Nous voulons continuer à accroître la visibilité de l’UE."

L’enjeu est important car l’Union, grande puissance économique, a du mal à peser sur les crises dans le monde. On l’a vu lors de la montée d’adrénaline entre les Etats-Unis et l’Iran comme dans la guerre civile en Libye. De l’aveu même du Haut représentant de l’UE aux Affaires étrangères, Josep Borrell, le poids de la diplomatie européenne est faible sur le terrain, faute d’armée commune.

Les enfants dans les conflits armés

La situation des enfants dans les conflits armés sera l’autre priorité de la Belgique lors de la présidence du Conseil de sécurité, et elle s’y prépare de longue date.

Une initiative sera lancée le 12 février devant l’assemblée générale de l’ONU, avec l’appui de la Reine Mathilde en tant qu’ambassadrice des Objectifs de développement durable des Nations unies.

"On ne peut espérer résoudre un conflit que lorsqu’on intègre la situation des enfants qui s’y trouvent, sans quoi ils vont le perpétuer de manière active ou passive."
Ministère des Affaires étrangères.

Les représentants belges préparent depuis des mois un instrument comportant des lignes directrices pour que cette problématique soit enfin prise en compte. "On ne peut espérer résoudre un conflit que lorsqu’on intègre la situation des enfants qui s’y trouvent, sans quoi ils vont le perpétuer de manière active ou passive", dit-on au ministère des Affaires étrangères.

Pour résoudre les conflits, il faut aussi développer la justice transitionnelle, soit l’ensemble des mécanismes servant à soutenir la justice des pays sortant de la guerre, afin de calmer les esprits et prévenir une résurgence de la violence. L’accord de paix en Colombie signé avec les Farc en 2016, par exemple, n’aurait pu voir le jour sans justice transitionnelle. C’est la troisième priorité de la Belgique à la présidence du Conseil de sécurité.

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