Réchauffement climatique: les 4 mesures urgentes

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La Chine est en tête des pays émetteurs de CO2. L'Europe et les Etats-Unis enregistrent des baisses de leurs émissions.

Les émissions de dioxyde de carbone dans le monde ont atteint un niveau record en 2012 sous l'influence de la Chine, où leur hausse a plus que compensé les baisses aux Etats-Unis et en Europe, rapporte lundi l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Les émissions de CO2 ont augmenté de 1,4% à 31,6 milliards de tonnes, selon les estimations de l'agence qui met en garde contre les conséquences de cette évolution sur le réchauffement climatique.

La Chine arrive en tête des pays émetteurs et a largement contribué à la hausse mondiale, avec 300 millions de tonnes supplémentaires en 2012.

Les efforts de Pékin pour adopter des énergies renouvelables et améliorer son efficacité énergétique commencent cependant peut-être à porter leurs fruits, puisqu'il s'agit d'une des plus faibles augmentations de la décennie.

Contraint de recourir davantage aux énergies fossiles depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima en mars 2011, le Japon a aussi vu ses émissions de CO2 augmenter, de 70 millions de tonnes l'an dernier.

4 mesures urgentes pour contenir le réchauffement

L'AIE a appelé les États à mettre en oeuvre sans tarder quatre mesures en matière d'énergie qui pourraient sauver, selon elle, l'objectif de contenir le réchauffement de la planète à 2 degrés. "Si nous continuons sur la trajectoire actuelle, l'augmentation de la température ne sera pas de 2 degrés mais de 5,3 degrés, ce qui aurait des conséquences désastreuses en termes d'événements climatiques extrêmes, d'élévation du niveau de la mer et entraînerait d'énormes coûts économiques et sociaux", a prévenu la directrice générale de l'AIE, Maria van der Hoeven.
Les négociations internationales sur le climat menées sous l'égide de l'ONU visent officiellement à contenir le réchauffement à deux degrés Celsius.
Mais cet objectif s'éloigne. Pour revenir dans les clous, l'AIE, bras énergétique de l'OCDE, propose quatre séries de mesures.
Ce scénario, baptisé "4 pour 2°", ne devrait pas avoir d'impact négatif sur la croissance économique et s'appuie uniquement sur des technologies existantes et déjà mises en oeuvre avec succès dans plusieurs pays.

  • Le premier paquet de mesures, qui pèse pour la moitié des réductions d'émissions envisagées, consiste à multiplier les efforts d'efficacité énergétique dans le bâtiment, les transports et l'industrie. Leur coût étant plus que compensé par les économies d'énergies réalisées, selon les projections de l'agence.
  • Deuxième proposition: limiter l'utilisation et la construction de centrales électriques à charbon à bas rendement, extrêmement polluantes, et augmenter le recours au gaz et aux énergies renouvelables.
  • La troisième piste consiste à réduire les rejets de méthane (autrement dit de gaz naturel non brûlé, à fort effet de serre) de l'industrie pétrolière et gazière.
  • Enfin, l'AIE appelle à supprimer graduellement les subventions à la consommation de carburants fossiles en place dans de nombreux pays.

 

En Europe, où certains pays se sont également davantage tourné vers le charbon, les émissions de dioxyde de carbone ont en revanche diminué de 50 millions de tonnes, conséquence à la fois de la crise économique, du développement des énergies renouvelables et des limitations imposées aux usines et aux centrales électriques, note l'AIE.

C'est aux Etats-Unis que la baisse a été la plus marquée, grâce au remplacement du charbon par le gaz de schiste dans les centrales électriques. Avec 200 millions de tonnes de CO2 émises en moins en 2012, les Etats-Unis ont retrouvé leur niveau du milieu des années 1990.

Selon les scientifiques, la hausse de la température moyenne mondiale doit être inférieure à deux degrés Celsius au cours de ce siècle si l'on veut éviter un dérèglement climatique majeur, ce qui ne sera possible que si les émissions de dioxyde de carbone n'excèdent pas 44 milliards de tonnes en 2020.

Or, au rythme actuel, prévient l'AIE, le réchauffement planétaire du siècle devrait être compris entre 3,6 et 5,3°C.

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