Sarkozy inflexible sur sa réforme des retraites

Le président français Nicolas Sarkozy a refusé de revenir sur le report de l'âge de départ en retraite, au lendemain d'imposantes manifestations, mais s'est prononcé pour des aménagements sur les emplois pénibles et pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes.

"C'est une réforme essentielle. Il est donc normal qu'elle suscite des inquiétudes et des mobilisations importantes, comme cela a été le cas hier. (...). Je suis attentif aux préoccupations qui sont ainsi exprimées", a dit le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, dans un déclaration en Conseil des ministres communiquée par l'Elysée.

Sarkozy a toutefois répété qu'il n'était "pas question" de revenir sur le report de l'âge de départ en retraite, de 60 ans à 62 ans.

Il a toutefois demandé au gouvernement d'"améliorer" le dispositif permettant aux personnes ayant commencé à travailler avant 18 ans de partir à la retraite à 60 ans. Il a aussi demandé des aménagements pour les emplois les plus pénibles.

"Le dispositif carrières longues créé en 2003 sera maintenu et élargi: tous ceux qui sont rentrés très jeunes sur le marché du travail, c'est-à-dire avant 18 ans, et qui ont toutes les années de cotisations requises, pourront continuer à partir à 60 ans, voire avant", a dit le chef de l'Etat dans une déclaration communiquée ensuite à la presse.

"Je demande au gouvernement d'améliorer le dispositif afin d'éviter tout effet de seuil et de renforcer par conséquent l'équité entre les générations. Cela représente un effort supplémentaire de 350 millions d'euros pour nos régimes de retraite", a-t-il ajouté.

En ce qui concerne le facteur pénibilité, il a proposé d'abaisser à 10% le taux d'incapacité permettant aux salariés effectuant un travail pénible de continuer à partir à la retraite à 60 ans, contre 20% dans le texte actuel, et souhaité des accords de branche pour aménager leur fin de carrière.
"Ces branches ou ces entreprises pourront compter sur le soutien financier et l'ingénierie d'un fonds public expérimental. Un bilan de ces actions sera dressé en 2014", a aussi annonce aussi le chef de l'Etat.

Le chef de l'Etat a aussi rappelé que, dans le cadre du rapprochement des règles de départ à la retraite dans le service public et le privé, le gouvernement avait décidé de "fermer le dispositif qui permettait aux agents ayant 3 enfants et 15 ans de service de liquider leur pension avant l'âge de droit commun". "Mais personne ne doit voir ses projets de vie bouleversés. C'est pourquoi nous proposerons que pour tous les agents qui sont à 5 ans de l'âge de la retraite et qui entendaient demander le bénéfice de cette mesure, les conditions de celle-ci demeurent inchangées", a-t-il ajouté.

Les aménagements à la réforme des retraites annoncés par Nicolas Sarkozy "devrait coûter aux alentours d'un milliard d'euros", a annoncé le secrétaire d'Etat à la Fonction publique Georges Tron

Hier, mardi 7 septembre 2010, des manifestations contre cette réforme des retraites avaient rassemblé dans tout le pays entre 1,12 million de personnes, selon la police, et 2,7 millions, selon le syndicat CGT.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés