Scandale à la Croix-Rouge

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La Croix-Rouge sévèrement épinglée par l’inspection du travail. Son organisation du travail est "illégale" et "pathogène".

Scandale à la Croix-Rouge! Sa direction vient de se faire sévèrement rappeler à l’ordre par l’Inspection du travail. L’affaire, révélée par Le Parisien, concerne son siège parisien: l’association n’y respecte pas le code du Travail et ne s’acquitte pas du règlement des heures supplémentaires de ses 480 salariés.

Au total, ce sont plus de 3800 infractions qu’ont recensées les inspecteurs:

  • 3345 pour dépassement de la durée légale du temps de travail sur une journée (fixée à 10 heures maximum),
  • 291 pour dépassement de la durée maximum hebdomadaire (48 heures),
  • 129 pour privation du repos minimal entre deux journées de travail (11 heures)!

Selon leur rapport de 206 pages, l’organisation humanitaire française a mis en place une organisation du travail "illégale" et "pathogène". Ces infractions pourraient coûter jusqu'à 11 millions d'euros à la Croix-Rouge, dont 2,8 millions d’amende… Un coup dur pour ce mouvement qui affiche un déficit de quatre millions d’euros en 2014. Côté calendrier aussi, cette annonce tombe au pire moment: la Croix-Rouge vient de débuter le 16 mai, sa collecte nationale de dons… La direction met en avant la mission de l’association. " Malheureusement, l’urgence ne prévient pas… En aucun cas, il n’y a volonté de porter préjudice aux salariés qui accomplissent un travail considérable au quotidien" a-t-elle aussitôt répliqué par communiqué.

Une image ternie

Consciente du préjudice qu’elle encourt en terme d’image, elle tente par tous les moyens de circonscrire l’incendie. "Il faut qu'on parvienne à concilier notre devoir humanitaire et le respect du droit du travail. Nous sommes en train d'y travailler", rassure Philippe Cafiero, Directeur des ressources humaines, précisant y travailler depuis plusieurs mois.

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Pourtant, l’enquête de l’inspection du Travail remonte à février dernier, son rapport daté du 31 mars. Pour Eric Laurent, le délégué syndical CGC (une large majorité des salariés sont cadres) à l’origine de ce contrôle, l’alibi de la direction est un peu trop commode. "J’interpellais la direction depuis seize mois sur les heures supplémentaires non payées. A chaque fois, on me répondait "oui, oui, on va s’en occuper". Et puis, rien!". Il faut savoir, à la décharge de la direction, que les augmentations de salaires restent conditionnées à l’accord du ministère de la Santé…

Ce scandale soulève de nombreuses interrogations. Y a-t-il eu un dysfonctionnement de la tutelle ? La vie d’une association caritative - très présente en ce moment au Népal - est-elle compatible avec le respect des 35 heures ? Ou tout bonnement, la Croix-Rouge n’en ferait-elle pas trop ? Elle a multiplié les fronts et diversifié ses missions. Véritable groupe international, elle compte plus de 600 établissements (d’urgence, d’écoute, d’aide alimentaire, soutien aux personnes âgées, aux migrants…), +1000 délégations locales, 18 000 salariés et 56 000 bénévoles rien que dans l’Hexagone.

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