Sommet de l'Otan, acte II : Trump critique, menace, tweete et dicte l'agenda

©AFP

Une dure journée s'annonce pour les alliés de l'Otan face à Donald Trump. Malgré le président américain "de bonne humeur", Trump continue de dicter l'agenda à coups de tweets et de critiques envers l'Allemagne, notamment. Au menu de ce mercredi, des réunions dédiées à l'Ukraine, la Géorgie, l'Afghanistan et l'Irak.

L'habituel rigorisme des sommets de l'Otan a, pour une fois, été mis de côté hier soir, lors d'un dîner de gala au Cinquantenaire à Bruxelles. 

Une soirée dans une "atmosphère sereine" après les tensions de lajournée générées notamment par les tweets comminatoires et à répétition du président américain Donald Trump enjoignant ses alliés à augmenter rapidement leurs dépenses de défense à au moins 2% de leur PIB. 

 

A la sortie des Musées royaux d'Art et d'Histoire, Xavier Bettel, Premier ministre luxembourgeois a assuré que Donald Trump était "de bonne humeur", tout en affirmant qu'il "appréciait le Vieux continent". Un dîner "positif et constructif", selon la présidente croate, Kolinda Grabar-Kitarovic. 

Nous allons poursuivre ce jeudi les travaux dans une atmosphère beaucoup plus apaisée qu'on ne le dit et avec une volonté de tenir l'unité de l'Otan, la modernisation de ses instances, la réaction aux nouvelles menaces, comme l'Otan a su le faire ces dernières années. Donc, du calme, de la rigueur, c'est ce que nous devons à nos forces armées.
Emmanuel Macron

♦ Ce jeudi, au menu : des réunions dédiées à l'Ukraine, la Géorgie, l'Afghanistan et l'Irak. 

Mais, selon une source qui suit les discussions, le président américain Donald Trump aurait menacé de sortir de l'Otan si les Alliés ne font pas d'efforts immédiatement pour accroître leurs dépenses militaires.

"L'Allemagne est complètement contrôlée par la Russie (...) elle est prisonnière de la Russie", avait-il lancé dans une tirade d'une rare dureté dans ce genre de rendez-vous entre alliés.

Le locataire de la Maison Blanche a ensuite insisté pour que les Alliés respectent l'engagement pris en 2014 de consacrer 2% de leur produit intérieur brut à la défense en 2024. Puis, il leur a demandé de porter ces dépenses à 4% de leur PIB.

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a éludé le sujet au cours de sa conférence de presse à la fin de la journée. "Commençons déjà avec les 2% pour lesquels il y a encore beaucoup d'efforts à faire", lui a-t-il répondu.

Donald Trump et Angela Merkel ont eu l'occasion de s'expliquer au cours d'un tête-à-tête après la première séance de travail. Le président, a alors changé de ton.

Il a précisé avoir discuté du projet de doublement du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne, auquel il est fortement opposé. Il s'est refusé à entrer dans les détails de l'entretien. 

©Analyse Sia Partners

Angela Merkel s'est dit "contente" d'avoir eu l'occasion d'un échange de vues avec le président américain. 

Nous sommes des partenaires, nous sommes de bons partenaires et nous souhaitons continuer à coopérer à l'avenir.
Angela Merkel

Ce n'est pas un scoop: les Européens appréhendaient ce sommet. Donald Trump avait en effet quitté Washington d'humeur belliqueuse, déclarant, avec le goût de la provocation qui est le sien, que sa rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine prévue pour lundi à Helsinki pourrait être "plus facile" que le sommet de l'Otan... ambiance. 

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