Trump et Poutine entre quatre yeux

La rencontre entre Trump et Poutine leur aura surtout permis d’apprendre à se connaître. ©AFP

Donald Trump et Vladimir Poutine se sont rencontrés pour la première fois vendredi en marge du sommet du G20 à Hambourg. Ils ont échangé des amabilités devant la presse. Dans les coulisses, Poutine a nié toute ingérence russe dans l’élection présidentielle. On apprenait peu après la réunion qu’Etats-Unis et Russie s’étaient mis d’accord sur un cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie.

Ils s’étaient déjà parlé au téléphone, mais jamais en tête-à-tête. Cette fois, ça y est: Donald Trump et Vladimir Poutine se sont rencontrés vendredi après-midi en marge du sommet du G20 qui se tient à Hambourg jusqu’à ce samedi. Cette rencontre a été le point d’orgue de la première journée de ce sommet entre les 20 plus grandes puissances de la planète qui aura été perturbé par de nombreuses et violentes manifestations dans la ville portuaire allemande.

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Les protestataires avaient promis "l’enfer" à ce sommet et ils auront tenu parole. Face à eux, la police allemande n’aura pas fait dans la demi-mesure, elle non plus, répondant aux provocations des manifestants avec des jets d’eau et des coups de matraque. Pendant ce temps-là, les délégations du G20 tentaient d’aplanir les différends sur les questions notamment commerciales et climatiques. Et Trump rencontrait donc Poutine pour la première fois.

"Je suis ravi de vous rencontrer personnellement."
Vladimir Poutine
Président russe


"Le président Poutine et moi avons parlé de divers sujets. Ce sont de très bonnes discussions", a déclaré Trump devant la presse lors d’une pause, avant que les deux hommes ne reprennent leurs discussions. "Nous avons hâte de voir de très bonnes choses se produire pour la Russie, les Etats-Unis et pour tous les gens concernés", a-t-il ajouté. "Je suis ravi de vous rencontrer personnellement", a répondu Poutine.

La rencontre aura duré plus de deux heures. L’occasion pour Trump d’aborder la question de l’ingérence russe dans la présidentielle américaine qui fait actuellement l’objet de plusieurs enquêtes aux Etats-Unis. Les deux hommes ont eu un "échange vigoureux et long sur la question", a expliqué le secrétaire d’État US Rex Tillerson. Et "le président russe a nié toute implication", a-t-il ajouté. On apprenait également peu après la rencontre que la Russie, d’une part, les Etats-Unis et la Jordanie, d’autre part, s’étaient mis d’accord sur un cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie à compter de dimanche midi. Ce n’était, sans doute, pas un hasard.

Ce premier échange entre Trump et Poutine intervient alors que cela fait plusieurs années que le torchon brûle entre leurs deux pays. Les relations entre Washington et Moscou s’étaient en effet déjà nettement dégradées sous la présidence de Barack Obama. Ce dernier avait bien tenté de les relancer. Mais l’invasion de la Crimée par la Russie (condamnée par Washington), puis l’intervention russe dans le conflit syrien aux côtés du régime de Bachar el-Assad (alors que les Etats-Unis soutiennent une partie des rebelles syriens) auront eu raison des bonnes intentions.

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Pendant la campagne présidentielle américaine, le candidat Trump avait parlé avec admiration de Poutine. Plusieurs de ses proches avaient rencontré des responsables russes en leur faisant notamment miroiter la possibilité d’une levée des sanctions américaines touchant la Russie dans le dossier ukrainien. Des rencontres qui sont aujourd’hui au cœur de plusieurs enquêtes menées aux Etats-Unis. Ainsi que les forts soupçons d’ingérence russe dans l’élection au bénéfice de Trump.

Depuis, le vent a nettement tourné. Jeudi, le président américain appelait ainsi la Russie à cesser ses politiques déstabilisatrices, en Ukraine et ailleurs, lors d’un discours à Varsovie. Le 20 juin, Washington annonçait un renforcement des sanctions américaines contre la Russie dans le dossier ukrainien. Deux jours plus tôt les forces aériennes américaines avaient abattu un avion syrien, ce qui avait conduit Moscou à annuler ses accords avec Washington visant à éviter les incidents aériens en Syrie.

Dernier épisode en date des dissensions entre Moscou et Washington, la Russie a bloqué cette semaine un projet de déclaration (poussé par les Etats-Unis) du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à prendre des "mesures significatives" contre la Corée du Nord suite au tir d’un missile nord-coréen intercontinental. Il faudra plus qu’un tête-à-tête à Hambourg pour régler tous ces problèmes même si la discussion a porté quelques fruits.

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