Trump va transférer l'ambassade US à Jerusalem

Donald Trump annoncera ce mercredi qu'il reconnaît Jérusalem comme la capitale d'Israël, remettant en cause des décennies de prudence américaine sur ce sujet très sensible au Proche-Orient et ignorant les mises en garde de nombreux dirigeants de la région. ©AFP

Le président américain annoncera ce mercredi qu’il reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël. Une décision dont les conséquences pourraient être dramatiques.

Le président américain avait jusqu’à dimanche pour décider de prolonger de six mois le maintien de l’ambassade des Etats-Unis à Tel Aviv. Pendant la campagne des présidentielles, Donald Trump avait déclaré qu’il voulait transférer le poste diplomatique à Jérusalem. Mais en juin dernier, lorsqu’il avait du se prononcer une première fois, il avait décidé de prolonger de six mois le système en place depuis 1995.

Cette année-là, le Congrès américain avait décrété que l’ambassade des Etats-Unis devait se trouver à Jérusalem. Mais il avait également laissé la possibilité aux présidents américains de reporter l’application de cette décision de six mois en six mois. C’est ce que firent Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama. Trump pourrait mettre un terme à cet arrangement.

Le Hamas a appelé à une nouvelle Intifada si Trump reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël.

Ce mardi le président Trump multipliait les coups de téléphone. Il a informé le président palestinien Mahmoud Abbas, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le roi Abdallah II de Jordanie et le roi Salmane d'Arabie saoudite de son intention de transférer de Tel-Aviv à Jérusalem l'ambassade des Etats-Unis en Israël.

"Je sais qu'il y a eu beaucoup d'interrogations concernant le projet du président au sujet de Jérusalem. Demain, le président fera une déclaration à 17H30" (23H30 heure belge), a indiqué Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche.

De nombreuses mises en garde

Dans un communiqué, le palais royal jordanien a indiqué que le président Trump avait appelé le souverain jordanien, dont le pays est le gardien des lieux saints musulmans de Jérusalem, et l'a informé de son "intention d'aller de l'avant dans son projet de transférer l'ambassade américaine".

Au cours de leur conversation, le roi jordanien a mis en garde Trump contre les "conséquences dangereuses d'une telle démarche en dehors d'un règlement global qui permettrait l'établissement d'un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale". Il a également appelé à une réunion d'urgence de la Ligue Arabe et de l'Organisation de Coopération Islamique (OIC) samedi et dimanche prochains.

  • Le président palestinien Mahmoud Abbas a également prévenu le président américain du danger que cette décision faisait courir sur le processus de paix israélo-palestinien.
  • Le roi Salmane d'Arabie saoudite a affirmé qu'une telle décision risquait de provoquer "la colère des musulmans dans tout le monde", a rapporté la télévision d'Etat.
  • Le roi du Maroc Mohammed VI a exprimé sa "profonde préoccupation" et a fait part de la "grande inquiétude des Etats et peuples arabes et musulmans".

"Toutes les lignes rouges" sont franchies, estime quant à lui le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui a appelé les Palestiniens à manifester vendredi. Le déménagement de l'ambassade signale une "dangereuse escalade", a dit le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh. Il a accusé Trump de chercher à couvrir l'entreprise du gouvernement israélien consistant selon lui à "judaïser" Jérusalem.

Poussée de violences inédite à prévoir

La communauté internationale continue à considérer Jérusalem-est comme territoire occupé. Les ambassades sont toutes situées à Tel Aviv, la capitale économique du pays.

L’Etat d’Israël avait fait de Jérusalem-ouest sa capitale en 1948. En 1967, il annexait Jérusalem-est au terme de la Guerre des Six Jours. Et en 1980, la ville était déclarée capitale indivisible d’Israël. Mais la communauté internationale n’a jamais reconnu cette décision et continue à considérer Jérusalem-est comme territoire occupé. Les ambassades sont toutes situées à Tel Aviv, la capitale économique du pays.

Une décision américaine visant à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, et ce que l’ambassade américaine déménage ou pas, pourrait entraîner une nouvelle poussée de violences dans les territoires palestiniens et susciter une levée de boucliers de la part de plusieurs pays arabes.

Le chef de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, s’inquiétait hier du risque de nourrir "le fanatisme et la violence", tandis que l’organisation islamiste palestinienne Hamas, qui a la main sur la bande de Gaza, appelait à une nouvelle Intifada si Trump reconnaissait Jérusalem comme capitale d’Israël.

De son côté, le vice-Premier ministre turc, Bekir Bozdag, a mis en garde contre toute décision qui entraînerait une "catastrophe majeure" et menacerait la paix dans la région.

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