Tshisekedi en visite en Belgique pour normaliser les relations entre les deux pays

Félix Tshisekedi lors de son arrivée à l'aéroport militaire de Merlsbroek ©BELGA

Le choix de la Belgique pour cette première visite officielle en Europe est plus que symbolique. Le nouveau Président congolais a vécu de nombreuses années à Bruxelles, il est ici chez lui. C’est aussi la première visite d’un chef d’État congolais en Belgique depuis douze ans.

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a été accueilli ce lundi soir à l’aéroport militaire de Melsbroek (Bruxelles) par le ministre belge des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders (MR). M. Thsisekedi devait ensuite se rendre au Lambermont pour un repas offert par le Premier ministre Charles Michel (MR). Le Président congolais est en Belgique pour une visite officielle et de travail de cinq jours

©Photo News

Le choix de la Belgique pour cette première visite officielle en Europe est plus que symbolique. Le nouveau Président congolais a vécu de nombreuses années à Bruxelles, il est ici chez lui. Il connaît, mieux que quiconque, la capacité d’influence que la Belgique a conservée en RDC. C’est aussi la première visite d’un chef d’État congolais en Belgique depuis douze ans. Pour les deux pays, le temps de la réconciliation a sonné.

Signature de lettres d’intention

Le programme présidentiel est très chargé. Félix Tshisekedi sera reçu mardi matin au Palais d’Egmont par les principaux membres du gouvernement fédéral.

Lors de cette rencontre, les deux pays signeront quatre lettres d’intentions marquant le retour du dialogue politique, de la coopération au développement et de la collaboration militaire.

Ces documents n’auront valeur d’accord ("memorandum of understanding") que lorsqu’ils seront endossés par le prochain gouvernement fédéral. Ce n’est qu’à ce moment que la coopération structurelle redémarrera.

Du Roi à Jean-Claude Juncker, une visite marathon

Le Président congolais sera ensuite reçu en audience au Palais royal par le roi Philippe. Il déjeunera avec le couple royal, avant de se rendre à la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) où il tiendra une allocution et répondra aux questions d’entrepreneurs.

La journée se terminera au Cercle Gaulois, lors d’un dîner avec des hommes d’affaires, à l’invitation de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture. De source bien informée, toute la Belgique "influente" sera présente.

Mercredi, lors d’une journée marathon, le président Tshisekedi rencontrera les gouvernements wallon, flamand et bruxellois. Il se rendra à Anvers, où il visitera le port, l’institut de médecine tropicale et le secteur diamantaire.

Jeudi, Félix Tshisekedi se rendra à Gembloux pour visiter la faculté d’agronomie. Il passera au Cercle du Lac à Louvain-la-Neuve pour rencontrer des hommes d’affaires wallons à l’invitation de l’Union wallonne des entreprises.

Une rencontre est prévue le même jour avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le commissaire au Développement, Neven Mimica.

Le soir, le président Tshisekedi rencontrera la diaspora congolaise dans l’un des palais du Heysel. Il n'y aura pas que des membres de son parti, l'UDPS. De source bien informée, il nous revient que certains opposants au nouveau régime pourraient se faire entendre lors de cette soirée.

Vendredi, la visite prendra un tour privé, avec des "rencontres familiales". Le président de la RDC s’envolera ensuite pour New York où il assistera à l’ouverture de l’assemblée générale de l’ONU.

Normalisation

Cette visite, aux consonances économiques, marque la volonté de la RDC et de la Belgique de normaliser leurs relations. Un volet défense est également prévu. Des hauts gradés des deux pays se rencontreront en vue de préparer la réouverture des canaux de communication.

Les relations entre les deux pays se sont détériorées lorsque le précédent président de la RDC Joseph Kabila avait annoncé en 2015 son intention de se présenter pour un troisième mandat. La Belgique s’y était opposée, se rangeant "du côté du peuple congolais". Après que le président Kabila eut renoncé à sa candidature, les élections finirent par avoir lieu en décembre 2018. De lourds soupçons ont pesé sur le résultat sur base des observations de l’église congolaise (Cenco) mais la Cour constitutionnelle congolaise a fini par valider les élections.

"La Belgique souhaite accompagner le changement afin d'aider le peuple congolais."
Didier Reynders
Ministre belge des Affaires étrangères

Après un appel "chaleureux" du président Tshisekedi et la fin des sanctions envers la Belgique, les relations avaient repris en avril. "La Belgique est prête à accompagner le changement en RDC", avait affirmé Didier Reynders lors d’une première rencontre avec le Président congolais à Washington.

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