UE-Turquie, vers une normalisation conditionnée?

Une rencontre à Ankara a fait se rencontrer les dirigeants de l’Union européenne, dont le président du Conseil européen, Charles Michel et la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. ©AFP

Normaliser les relations tout en imposant ses conditions. C’est le message des dirigeants européens en visite hier à Ankara. Pour quels résultats?

Tendre la main à la Turquie, mais pas sans contrepartie. C’est le message que les dirigeants de l’Union européenne ont adressé hier au président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d’une rencontre à Ankara. Le président du Conseil européen Charles Michel a qualifié ce rendez-vous de "moment important" pour la relation entre l’Union européenne et son voisin turc, après des mois de vives tensions, suivi par des appels à l’apaisement de la part d’Ankara.

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"La récente désescalade doit être maintenue et renforcée", a déclaré Charles Michel, qui a souhaité que la Turquie "saisisse cette fenêtre d’opportunité". Partenaires essentiels pour les échanges économiques, migratoires et dans la lutte contre le terrorisme, les Européens et la Turquie sont en opposition sur d’autres dossiers, en Méditerranée orientale, sur la question de Chypre ou encore sur la dérive autoritaire du pays. Charles Michel et Ursula Von der Leyen ont fait le déplacement dans la capitale turque avec des propositions concrètes: renforcer les liens économiques, notamment avec la modernisation de l’Union douanière, maintenir un dialogue de haut niveau et poursuivre l’aide à la Turquie pour l’accueil des réfugiés.

"Nous tendons la main à la Turquie, c’est à elle de saisir cette opportunité."
Charles Michel
Le président du Conseil européen

Mais ces propositions sont conditionnées à un changement d’attitude du pouvoir turc, sur le front diplomatique et militaire mais aussi sur celui de l’état de droit. Charles Michel a ainsi demandé que toutes les forces étrangères, dont les troupes turques, se retirent du sol libyen. Par ailleurs, les dirigeants européens ont insisté auprès du président turc sur le dossier brûlant des droits humains en Turquie, "non-négociable" et "crucial", selon la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen. Pour les observateurs, il était primordial que l’Europe se montre très ferme et ne se fasse pas instrumentaliser face au président turc, qui défend son propre agenda aussi bien à domicile que dans la région.

Mis en difficulté sur le plan économique, lâché par les États-Unis de Joe Biden, Recep Tayyip Erdogan veut garder ses options ouvertes avec les Européens. Ceux-ci ne sont pas dupes et ont menacé de sanctions en cas de nouvelle dérive de la Turquie. L’Union européenne donne à la Turquie jusqu’au prochain Conseil européen pour donner des gages de sa bonne volonté.

Le résumé

  • Une rencontre à Ankara a fait se rencontrer les dirigeants de l’Union européenne et le président turc Recep Tayyip Erdogan.
  • Le président du Conseil européen Charles Michel a qualifié ce rendez-vous de "moment important" pour la relation entre l’Union européenne et son voisin turc, après des mois de vives tensions, suivi par des appels à l’apaisement de la part d’Ankara.
  • Tendre la main à la Turquie, mais pas sans contrepartie: c’est le message qui reste de la rencontre.

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