Ukraine: les manifestants prennent d'assaut un ministère

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Les manifestants ukrainiens ont envahi, dans le nuit de jeudi à vendredi, le ministère de l'Agriculture située sur l'avenue principale de Kiev. L'opposition a reconnu sa déception jeudi après des négociations infructueuses avec le pouvoir.

"Les militants du mouvement Spilna Sprava (Cause commune) viennent d'occuper le bâtiment du ministère de l'Agriculture" sur la rue Khrechtchatik à 100 mètres de la place de l'Indépendance baptisée Maïdan, haut lieu de la contestation contre le régime depuis plus de deux mois, a écrit dans la nuit sur son compte Facebook Olexandre Danyliouk, leader du mouvement.

Après les négociations jeudi soir entre le président Viktor Ianoukovitch et les leaders de l'opposition qui se sont soldées par de modestes concessions, "il est devenu clair que nous devons préparer nous-mêmes l'offensive promise" par les chefs de l'opposition, a-t-il souligné.

"Nous avons commencé", a-t-il ajouté.

"Des collaborateurs (du ministère) sont venus prendre leurs affaires personnelles mais nous les avons mises sous scellés et nous ne laisseront personne entrer tant que la situation ne se normalise pas dans le pays", a indiqué l'un des militants à l'agence Interfax.

Express

• L'opposition réclame la convocation d'élections anticipées pour mettre fin à la contestation, née il y a deux mois du refus du président Ianoukovitch de signer un accord d'association avec l'UE, et de sa décision de se tourner vers Moscou.

• Le mouvement a repris de l'ampleur après l'adoption la semaine dernière de lois renforçant les sanctions applicables aux manifestants, et a tourné à la guérilla urbaine depuis dimanche.

• Les autorités ont fait état de plus de 100 arrestations.

L'opposition déçue des négociations

L'opposition a reconnu sa déception jeudi après des négociations avec le pouvoir, qu'elle espérait décisives mais qui n'ont donné lieu qu'à de maigres concessions.

La pression était forte pour le président Viktor Ianoukovitch, autant de la part des pays européens et des Etats-Unis, qui ont multiplié les appels au dialogue, que de la contestation qui s'est intensifiée dans l'ouest du pays pendant qu'un certain calme revenait à Kiev.

Mais alors qu'Arseni Iatseniouk avait déclaré voir de "fortes chances" de "mettre fin au bain de sang en sortant de la présidence, ce leader de l'opposition a dû ensuite reconnaître que les résultats avaient été maigres.

"Je sais à quel point la situation est tendue, je sais à quel point les attentes sont grandes, je sais que beaucoup vont être déçus", a déclaré, pour sa part, l'ancien boxeur Vitali Klitschko.

"La seule chose que nous avons obtenue de notre rencontre avec Ianoukovitch, c'est une promesse de libérer tous les militants", a-t-il expliqué, rapportant que le président avait rejeté toute démission de sa part ou du gouvernement.

La démission du gouvernement sur la table?

Viktor Ianoukovitch avait pourtant semblé prêt au compromis plus tôt dans la journée, en demandant au président du Parlement Volodymyr Rybak de convoquer les députés pour une session extraordinaire, prévue mardi.

Volodymyr Rybak a indiqué que la démission du gouvernement pourrait être discutée, de même que les très strictes lois anti-protestation adoptées la semaine dernière et qui ont provoqué une radicalisation du mouvement.

A savoir

La diplomatie à pied d'oeuvre

L'Union européenne a annoncé une visite de la diplomate en chef de l'Union européenne, Catherine Ashton, la semaine prochaine afin de faciliter les pourparlers.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a obtenu l'assurance que le pouvoir n'allait pas décréter l'état d'urgence, selon la Commission.

Du côté des Etats-Unis, le vice-président Joe Biden a pressé le président Ianoukovitch de trouver une "solution pacifique" à la crise et l'a prévenu que la poursuite des violences aurait des "conséquences" sur les relations entre les deux pays, lors d'une conversation téléphonique.

La Russie, qui a accordé à l'Ukraine un plan de sauvetage financier de 15 milliards de dollars, a promis de son côté de ne pas intervenir "dans les affaires intérieures de l'Ukraine".

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