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Un air de "guerre froide" souffle entre Washington et Moscou

Le président américain Joe Biden a accusé la Russie de mener des cyberattaques et de la désinformation contre les États-Unis. ©AFP

Joe Biden hausse le ton contre la Russie, qu'il accuse de mener des cyberattaques et de la désinformation contre les États-Unis. Au même moment, des discussions débutent à Genève sur l'armement nucléaire stratégique.

L'an dernier, une vaste cyberattaque frappait plus de 18.000 institutions et entreprises américaines. Début mai, une autre attaque informatique paralysait le système d'oléoducs américain Colonial Pipeline, provoquant des pénuries de carburant sur la côte Est durant plusieurs semaines. Dans les deux cas, les États-Unis soupçonnent les services de renseignement russes d'être derrière ces opérations. Pour Washington, la coupe est pleine. Rompant avec le style de son prédécesseur Donald Trump, le président américain Joe Biden hausse le ton contre Moscou, alors que les deux grandes puissances préparent des négociations sur l'armement nucléaire.

"Il est assis au sommet d'une économie qui a des armes nucléaires et des puits de pétrole et rien d'autre. Rien d'autre."
Joe Biden
Président des Etats-Unis

"Si nous nous retrouvons en guerre, dans une véritable guerre armée, avec une autre grande puissance, ce sera à cause d'une cyberattaque", a déclaré Joe Biden mardi, lors d'une allocution devant les services de renseignement américains.

Lors de ce discours musclé, il a pointé du doigt le président russe Vladimir Poutine. "Il est assis au sommet d'une économie qui a des armes nucléaires et des puits de pétrole et rien d'autre. Rien d'autre", a-t-il lancé, ajoutant que l'économie russe est "une des plus petites au monde". "Il sait qu'il a de vrais ennuis, ce qui le rend encore plus dangereux à mon avis."

Désinformation

Joe Biden a également accusé le maître du Kremlin de perturber les élections américaines de 2022 en diffusant de la désinformation, ce que la Russie dément. "C'est une violation pure et simple de notre souveraineté", a dit le président américain. Les élections du 8 novembre 2022 visent à renouveler la Chambre des représentants et un tiers des sièges du Sénat.

Les États-Unis "ne peuvent être qualifiés de partenaire, mais plutôt d'adversaire."
Dmitry Peskov
Porte-parole du Kremlin

Les États-Unis accusent régulièrement Moscou d'entretenir des médias de désinformation, comme le site SouthFront, lié au FSB, les services de renseignements russes, et ciblé par des sanctions américaines.

La prose incisive de Biden n'a pas plu à Moscou. "C'est une compréhension et une connaissance erronées de la Russie moderne", a réagi mercredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Les États-Unis "ne peuvent être qualifiés de partenaire, mais plutôt d'adversaire", a-t-il ajouté. Mais "le fait que des experts siègent aujourd'hui à Genève reste un signe positif".

Huis clos à Genève

12.500
ogives nucléaires
Les États-Unis et la Russie détiennent à eux seuls plus de 12.500 ogives nucléaires, soit 90% de l'armement nucléaire mondial.

Malgré ces tensions, Moscou et Washington poursuivent un lent rapprochement diplomatique entamé en juin, lors de la rencontre entre Biden et Poutine au bord du lac Léman.

Les représentants des deux grandes puissances se rencontraient mercredi à huis clos à Genève pour s'entretenir d'une réduction des armes stratégiques nucléaires. Les États-Unis et la Russie détiennent à eux seuls plus de 12.500 ogives nucléaires, soit 90% de l'armement nucléaire mondial, dont plus de 3.300 sont déployées quasiment à part égale. Le discours de Biden devant les services américains a servi, sans nul doute, à mettre la pression sur ces pourparlers.

Peu de choses ont filtré de cette rencontre entre le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergei Ryabkov et son homologue américaine Wendy Sherman.

Ryabkov, un diplomate expérimenté, a servi à Washington et connaît sur le bout des doigts le traité de non-prolifération nucléaire New Start. Sherman, en fonction sous Clinton et Obama, était chef négociatrice de l'accord nucléaire avec l'Iran.

La Maison-Blanche s'inquiète du développement par Moscou d'armes de plus en plus puissantes, comme le missile Avangard, capable d'atteindre Mach 30 (30 fois la vitesse du son, soit environ 37.000 km/h, NDLR). De son côté, le Kremlin demande aux États-Unis une réduction de leurs bombardiers et de leurs sites de tirs de missiles balistiques.

Le résumé

  • Joe Biden s'en est pris à son homologue russe Vladimir Poutine lors d'une allocution. Le président américain a accusé la Russie de mener des cyberattaques contre les États-Unis et de vouloir perturber les élections de 2022 en répandant de la "désinformation".
  • Moscou a démenti ces accusations et qualifié les propos de Biden de "connaissance erronée" de la Russie.
  • Ces échanges interviennent alors que des discussions sont en cours à Genève sur les relations entre les deux pays et l'armement nucléaire stratégique.

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