Un plan drastique pour une économie mondiale décarbonée en 2050

Selon le scénario zéro-émission en 2050 de l'AIE, quelques 500 GW de capacité photovoltaïque devront être installés chaque année en 2030 (contre 110 GW en 2019). ©Photo News

Dans son rapport annuel, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dresse le bilan d'un monde frappé par la pandémie de coronavirus et appelle les gouvernements à agir "drastiquement" pour propulser le changement de paradigme énergétique.

C'est un rendez-vous annuel. La très respectée Agence internationale de l'énergie (AIE), a fait part, ce mardi, de ses observations et conclusions concernant le système énergétique mondial dans son "World energy outlook 2020". Ce rapport de 450 pages dresse le bilan d'un monde bouleversé par la pandémie de coronavirus et invite les gouvernements à en tirer les enseignements nécessaires afin de pleinement embrasser la transition énergétique.

"La crise du Covid-19 a causé plus de perturbations que tout autre événement de l’histoire récente."
Fatih Birol
Directeur exécutif de l'AIE

Au cœur du rapport, il y a d'abord un constat: "la crise du Covid-19 a causé plus de perturbations que tout autre événement de l’histoire récente." Mais l'AIE insiste, la pandémie mondiale peut servir de catalyseur au changement à opérer pour endiguer le changement climatique.

Recul des émissions de CO2

En chiffres, l'AIE note que la demande énergétique mondiale est supposée chuter de 5% cette année. Les émissions de CO2 liées au secteur énergétique reculeront de 7%, et les investissements dans le secteur de 18%. Le pétrole (-8%) et le charbon (-7%) vont aussi reculer.

-7%
Emissions de CO2 mondiales
La pandémie de coronavirus causera un recule de 7% des émissions de CO2 liées au secteur énergétique en 2020.

"Malgré une chute record des émissions mondiales cette année, le monde est loin de faire assez pour les mettre sur le chemin d'un déclin décisif", avertit le directeur exécutif de l'AIE, Fatih Birol. "Seuls des changements structurels peuvent casser la tendance des émissions pour de bon", appuie-t-il.

Pour aborder le futur, l'AIE a élaboré quatre scénarios différents. Et le constat est sans appel: il sera impossible d'atteindre les objectifs climatiques sans drastiquement revoir les politiques énergétiques gouvernementales. En effet, même dans l'hypothèse où la pandémie se prolonge et retarde le redémarrage de l'économie mondiale, l'AIE avance que la demande énergétique repartira à la hausse pour retrouver en 2025 son niveau de 2019.

"Malgré une chute record des émissions mondiales cette année, le monde est loin de faire assez pour les mettre sur le chemin d'un déclin décisif."
Fatih Birol
Directeur exécutif de l'AIE

La route "drastique" vers la neutralité carbone

En réalité, pour encourager les gouvernements à mettre en place des politiques énergétiques plus agressives, l'AIE a développé, pour la première fois, un nouveau scénario visant une décarbonation totale de l'économie mondiale d'ici 2050. "D'ici 2030, les émissions de CO2 devront chuter de 45% par rapport aux niveaux observés en 2010", prévient l'AIE.

Pour atteindre cet objectif titanesque, l'agence a brossé l'éventail des mesures devant être mises en place dès les dix prochaines années. "Tous les échelons sont concernés: les investisseurs, les entreprises, les citoyens, et surtout les gouvernements", a appuyé Fatih Birol.

60%
de l'offre mondiale d'électricité
Pour atteindre le zéro-carbone en 2050, le renouvelable devra représenter 60% de l'offre mondiale d'électricité en 2030.

L'agence prévoit que les capacités de production d'électricité renouvelables soient largement préconisées, jusqu'à atteindre 60% de l'offre mondiale d'ici 2030 (contre 27% en 2019). "Pour ce faire, les investissements du secteurs devront presque tripler pour atteindre 2.200 milliards de dollars en 2030", annonce l'AIE. Dans ce scénario, le nucléaire occupera 10% du mix énergétique tandis que le gaz jouera un rôle transitoire.

50%
de véhicules électriques en 2030
Selon le scénario zéro-carbone en 2050, l'AIE avance que 50% des véhicules vendus en 2030 devront être électriques (contre 2,5% aujourd'hui).

Au jeu du mix énergétique du futur, "les panneaux solaires seront rois", lit-on dans le rapport. Selon le scénario zéro-émission, quelques 500 GW de capacité photovoltaïque devront être installés chaque année en 2030 (contre 110 GW en 2019). L'agence prévient aussi qu'une grande partie des investissements devra concerner l'expansion des réseaux et des infrastructures.

Du reste, l'AIE annonce que 50% des véhicules vendus dans le monde en 2030 devront être électriques, contre seulement 2,5% aujourd'hui. Le développement et la mise en place de technologies prometteuses comme la capture carbone, l'hydrogène ou les batteries viendront parachever le tableau.

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