Un virus porcin attise la crainte d'une nouvelle pandémie

©REUTERS

Une souche de virus de grippe porcine risque-t-elle de provoquer une nouvelle pandémie? Le G4 H1N1, découvert en Chine, suscite des inquiétudes.

Des chercheurs chinois affirment dans une étude avoir identifié une souche de virus de grippe porcine possédant tous les "traits essentiels montrant une haute adaptabilité pour contaminer les humains". En plein contexte Covid-19, la nouvelle inquiète. L'absence de transmissions interhumaines sur plusieurs années est toutefois rassurante. Éléments d'explication.

Dernier venu sur la scène virologique, le "G4" descend génétiquement du virus H1N1. En soi, découvrir un nouveau virus n'est pas "quelque chose d'exceptionnel, commente l'épidémiologiste Yves Coppieters (ULB). Ce qui est plus inquiétant, c'est qu'il appartient la famille du H1N1, qui a provoqué une précédente épidémie de grippe A à l'échelle mondiale."

Cette grippe, dite "mexicaine", avait touché plus de 25 millions de personnes sur la planète de 2009 à 2010. Environ 18.000 d'entre elles en sont décédées.

Zoonose

Gardons la tête froide, nous n'en sommes pas là. Entre 2011 et 2018, les chercheurs chinois ont mené une large campagne de tests sur des porcs. Cette opération leur a permis d'isoler 179 virus de grippe porcine.

Selon les scientifiques, les ouvriers et personnes travaillant avec les porcs étaient relativement nombreux à avoir été infectés (10,4%).

"On parle donc ici d'une maladie porcine, qui se transmet étonnamment à l'homme. Nous sommes dans un schéma de zoonose (passage du virus de l'animal à l'humain, NDLR), pas de pandémie", détaille Yves Coppieters.

"Sur une longue période, le fait que le virus n'ait pas muté pour se transmettre d'homme à homme est assez rassurant."
Yves Coppieters
Epidémiologiste et professeur à l'École de santé publique (ULB)

Bien qu'il considère que le G4H1N1 peut constituer un "candidat sérieux" pour une future pandémie, le virologue Steven Van Gucht souligne aussi qu'il n'existe "aucune indication permettant d'affirmer que ce virus" peut actuellement se passer entre êtres humains.

"Sur une longue période, le fait qu'il n'ait pas muté pour se transmettre d'homme à homme est assez rassurant", abonde Coppieters.

Ne pas baisser la garde

L'absence de transmissions interhumaines jusqu'à présent ne doit pas conduire à baisser la garde. C'est d'autant plus vrai, compte tenu des résultats d'une expérience menée sur les furets.

"Ces animaux, qui ont des caractéristiques assez similaires aux humains en termes de récepteurs cellulaires, se le transmettent", explique le professeur Coppieters. "Un modèle animal n'est pas un modèle humain, mais scientifiquement c'est possible. Ce n'est cependant pas parce qu'on a des récepteurs que le virus trouvera les conditions pour se développer."

Interrogé au sujet du G4H1N1, un porte-parole de la diplomatie chinoise a pour sa part minimisé le danger, assurant que son pays continuerait "à surveiller la maladie et à la traiter en temps opportun".

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