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"Alerte rouge pour l’humanité" à trois mois de la conférence de Glasgow sur le climat

Des nuages sans pluie au-dessus d'une plaine desséchée d'Afrique du Sud. ©REUTERS

Aux constats répétés des scientifiques se greffent de nouveaux appels à l’action, alors que les engagements des États restent très éloignés des objectifs de l'Accord de Paris.

À trois mois de la conférence de Glasgow sur le climat (COP26), le Giec constate une accélération de la dynamique qu'il décrivait dès son premier rapport, en 1990. "Le monde a écouté, mais n'a pas entendu", a déploré la directrice du programme des Nations unies pour l’Environnement, Inger Andersen, à la parution du rapport. Résultat: le problème que représente le changement climatique est là, maintenant. "Personne n'est en sécurité. Et c'est de pire en pire, de plus en plus vite." C’est une "alerte rouge pour l’humanité", estimait de son côté le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. "Les sonnettes d'alarme sont assourdissantes: les émissions de gaz à effet de serre créées par les énergies fossiles et la déforestation sont en train d'étouffer notre planète."

"Les sonnettes d'alarme sont assourdissantes: les émissions de gaz à effet de serre créées par les énergies fossiles et la déforestation sont en train d'étouffer notre planète."
Antonio Guterres
Secrétaire général des Nations Unies

Le réchauffement climatique est "indubitablement" lié aux activités humaines, qui saturent l’atmosphère de gaz à effet de serre. Il est désormais trop tard pour empêcher les températures mondiales de franchir le cap symbolique des 1,5°C par rapport au début de l'ère industrielle. Derrière ce constat sans appel présenté lundi, le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat laisse une lueur d'espoir: il reste possible d'éviter un réchauffement de 2°C, voire de faire retomber les températures sous les 1,5°C d'ici la fin du siècle, à condition d'entreprendre dès maintenant des réductions massives des gaz à effet de serre. Alors que l'Union européenne ambitionne de devenir le premier continent neutre en carbone à l'horizon 2050, le commissaire au Climat Frans Timmermans a appelé à "agir résolument maintenant et tous ensemble" pour y parvenir.

En Belgique, la ministre du climat Zakia Khattabi (Ecolo), a souligné que "l’inaction est criminelle". Selon le Giec, une action climatique insuffisante pourrait mener à un réchauffement de plus de 4°C d'ici la fin du siècle, alors que chaque fraction de degré supplémentaire va augmenter la dangerosité du climat pour l'humanité et les écosystèmes.

"Pression massive"

Depuis l’Accord de Paris de 2015, qui vise à limiter l'élévation de la température moyenne de surface à 1,5°C, les États sont censés mettre à jour leurs engagements en termes de réduction d’émissions, de manière à tendre collectivement vers l’objectif. Mais alors que la date butoir pour la mise à jour de ces "contributions déterminées au niveau national" était le 30 juin, la moitié des pays signataires du traité n'ont toujours pas remis leur copie.

C'est notamment le cas de grands émetteurs comme l'Arabie Saoudite ou l'Inde. La Chine a indiqué qu'elle présenterait sa nouvelle contribution avant novembre – elle avait déjà annoncé son objectif d'atteindre la neutralité carbone pour 2060.

Le rapport du Giec est la dernière grande contribution scientifique avant la COP26 de Glasgow. Le précédent rapport retentissant du groupe d'experts, le rapport spécial "1,5°C" publié en 2018, avait contribué à mobiliser le mouvement des grèves du climat initié par la Suédoise Greta Thunberg. Lundi, la militante et icône du mouvement climatique mondial a estimé qu'il faudra "une pression massive du public et des médias" pour que les décideurs "commencent à agir". Les jeunes grévistes des "Fridays for Future" se disaient prêts de leur côté à "se battre plus fort que jamais". Le groupe d’action directe Extinction Rebellion appelait quant à lui à la "résistance civile", tandis que l’ONG Greenpeace annonçait de nouveaux recours devant les tribunaux face à l’industrie des énergies fossiles.

Le résumé

  • Le rapport du Giec est une "alerte rouge pour l'humanité", selon le secrétaire général des Nations unies.
  • Dernière grande contribution scientifique avant la COP26, ce rapport apparaît déjà comme un nouveau catalyseur des appels à la mobilisation.
  • Alors que la moitié des signataires de l'Accord de Paris n'ont pas pris de nouveaux engagements pour l'action climatique dans les délais prévus.

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