Vers une interdiction des armes nucléaires?

Une cinquantaine de pays, le Brésil en tête, lancent la signature d'un traité bannissant l'arme atomique.

Interdire la détention de l'arme nucléaire. Voilà qui doit en faire rêver certains. Est-ce réellement impossible? A priori oui. Néanmoins, une cinquantaine de pays, dont le Brésil, lancent ce mercredi la signature d'un traité symbolique pour l'interdiction de l'arme atomique. 

Même le Japon, seul pays à avoir subi, en 1945, des attaques atomiques, a voté non.

Ce traité ne restera toutefois qu'un symbole puisqu'il a été boycotté par l'ensemble des puissances nucléaires (Etats-Unis, Russie, Chine, Inde, Pakistan, Israël, France, Royaume-Uni, Corée du Nord). Les pays de l'Otan sont aussi restés à l'écart, ainsi que le Japon, seul pays à avoir subi, en 1945, une attaque à l'arme atomique.

"Alors que le monde doit rester uni face à des menaces grandissantes, en particulier la grave menace que représente le programme nucléaire nord-coréen, ce traité ne tient pas compte de ces défis de sécurité urgents", ont souligné les 29 membres de l'Otan dans une déclaration commune.

→ La Belgique s'est sans surprise rangée derrière la position de ses voisins européens.

L'alibi nord-coréen

En 2009, Barack Obama parlait d'"un engagement de l'Amérique pour la paix et la sécurité d'un monde sans armes nucléaires".

Etats-Unis, France et Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ont à plusieurs reprises critiqué l'initiative ces derniers mois, citant la crise nord-coréenne en exemple d'un contexte sécuritaire qui rendrait l'arme atomique indispensable.

Les trois puissances nucléaires occidentales ont même catégoriquement rejeté l'idée de rejoindre a posteriori les signataires du texte, parmi lesquels figurent uniquement deux pays de l'Union européenne, l'Irlande et l'Autriche. On est loin du discours de l'ex-président américain Barack Obama, qui laissait espérer en 2009 "un engagement de l'Amérique pour la paix et la sécurité d'un monde sans armes nucléaires". 

"Il n'y a rien que je souhaite tant pour ma famille qu'un monde sans arme nucléaire."
Nikki Haley
Ambassadrice américaine à l'ONU

"Il n'y a rien que je souhaite tant pour ma famille qu'un monde sans arme nucléaire, mais nous devons être réalistes. (...) Qui peut croire que la Corée du Nord accepterait une interdiction des armes nucléaires?" avait ainsi déclaré en mars l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley.

"Une étape importante"

Même s'il n'aura aucun impact sur les quelque 15.000 têtes nucléaires actuellement stockées dans le monde, le traité marque "une étape importante vers l'objectif universel d'un monde sans armes nucléaires", a affirmé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, lors de la cérémonie de signature en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, en soulignant "l'inquiétude croissante" face au risque posé par ces armes. 

"Ce traité tiendra bon, car il est moralement juste et cohérent avec le cadre posé par les accords internationaux sur le désarmement."
Beatrice Fihn
Présidente de l'ICAN

Elaboré en quelques mois, il a été adopté en juillet par 122 pays. Il entrera en vigueur dès lors qu'il aura été ratifié par 50 pays, ce qui pourrait prendre des mois. "Certains nous reprochent de diviser, parce qu'ils veulent garder leurs armes nucléaires. Mais ce traité tiendra bon, car il est moralement juste et cohérent avec le cadre posé par les accords internationaux sur le désarmement", a affirmé Beatrice Fihn, présidente de l'ICAN, une coalition d'ONG de plus de 100 pays qui a poussé à adopter le traité.

L'une des principales motivations des artisans de ce texte est en effet d'accentuer la pression sur les grandes puissances pour qu'elles reprennent les négociations sur le désarmement, en panne depuis des années.

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