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Vers une suspension des ventes d'armes belges vers l'Arabie saoudite ?

©BELGA

L'Arabie Saoudite a livré dimanche un nouveau récit détaillé de la mort du journaliste Jamal Khashoggi. Il aurait été victime d'une clé d'étranglement et son corps confié à "un coopérateur local" chargé de s'en débarrasser. Notre pays pourrait envisager un gel de ventes d'armes vers Ryad, selon le ministre président wallon Willy Borsus.

Interrogé dimanche midi par la RTBF sur l'affaire Khashoggi qui agite la communauté internationale, Willy Borsus n'a pas écarté que la Belgique - et la Wallonie en l'occurrence - prenne des mesures contre l'Arabie Saoudite.

Si les autorités belges privilégient une réaction concertée entre pays européens, "nous soutenons, totalement, la demande européenne d’une enquête sérieuse et approfondie… Si les faits sont confirmés, c’est gravissime", indique Willy Borsus. 

"Si les faits sont avérés, nous n’excluons pas une suspension de la livraison des armes à l’Arabie saoudite", appuie le ministre président wallon au micro de la RTBF.

La Wallonie est notamment attentive à la position qu'adoptera l'Allemagne, a précisé Willy Borsus à l'Agence Belga. Un Willy Borsus qui s'entretiendra ce lundi sur le sujet avec Didier Reynders, ministre des Affaires Etrangères.

L'Arabie saoudite était le premier client en 2017 de l'industrie wallonne de l'armement pour un montant total de 153 millions d'euros.

 

« Si les situations qui font l’objet d’une enquête sont avérées, on a passé un cap. On est dans l’inadmissible.»
Willy Borsus
Ministre-président wallon

 

Ryad reconnait la mort de Khashoggi

Après deux semaines de dénégation, l'Arabie saoudite a reconnu samedi aux premières heures la mort de Jamal Khashoggi, qui vivait depuis un an aux Etats-Unis et se montrait critique envers le prince héritier Mohamed ben Salman.

Le journaliste saoudien a été tué accidentellement par une prise d'étranglement au cours d'une altercation dans le consulat saoudien d'Istanbul le 2 octobre dernier, a déclaré dimanche une source saoudienne haut placée dont la version diffère en plusieurs points des premières explications données par Ryad (une rixe), qui n'ont pas convaincu la communauté internationale.

D'après le nouveau récit livré par Ryad, les quinze ressortissants saoudiens venus rencontrer le journaliste au consulat ont tenté de le persuader de rentrer en Arabie et face à son refus, l'ont accidentellement tué par une prise d'étranglement en tentant de l'empêcher de crier.

Les responsables turcs avaient jusuq'ici laissé entendre que le corps de Khashoggi, introuvable à ce jour, avait été démembré. Selon ce haut responsable saoudien, il a été roulé dans un tapis et confié à un "coopérateur local" chargé de s'en débarrasser.

Les résultats préliminaires de l'enquête n'indiquent pas que Jamal Khashoggi a été torturé et décapité, contrairement à des rumeurs colportées par la presse turque, a ajouté cette source ayant requis l'anonymat.

Toujours selon ce haut responsable saoudien, les nombreuses versions contradictoires livrées par Ryad dans cette affaire - l'Arabie Saoudite avait dans un premier temps démenti la mort de Khashoggi - s'expliquent par le fait que le récit initial livré par son gouvernement s'appuyait sur "de fausses informations en interne".

Tollé international

Ces nouvelles déclarations n'ont fait que raviver, ce dimanche, les critiques de la communauté internationale. Les Etats-Unis, l'Allemagne, la France et d'autres pays occidentaux jugent que de nombreuses questions restent sans réponse dans cette affaire.

Le Canada a qualifié "d'incohérentes" les explications de Ryad sur cette affaire qui a provoqué une onde de choc mondiale et considérablement terni l'image de l'Arabie saoudite.

L'Allemagne les a trouvées "insuffisantes", la France a déclaré que "de nombreuses questions restent sans réponses" et l'Union européenne a demandé une enquête "approfondie" et "transparente".

Allié des Saoudiens, le président américain Donald Trump avait dans un premier temps jugé crédibles les explications saoudiennes avant d'estimer qu'elles étaient trop courtes.

"C'était un gros premier pas", mais "je veux obtenir la réponse", a-t-il affirmé sans préciser la nature de la "réponse" attendue.

Donald Trump a, lui, néanmoins de nouveau refusé de remettre en cause des méga-contrats, notamment militaires, avec Ryad.

 

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