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Yannick Jadot, candidat des Verts à la présidentielle française

"Nous allons construire un rassemblement beaucoup plus large pour gagner en 2022", a affirmé Yannick Jadot mardi. ©AFP

Le député européen s'est imposé de justesse sur l'écoféministe Sandrine Rousseau lors du deuxième tour de la primaire d'Europe Ecologie Les Verts.

Chez les écolos français, le "réalisme" l'a finalement emporté sur la "radicalité". À l'issue de plusieurs jours de suspense, le Picard Yannick Jadot (54 ans), estampillé comme étant candidat le plus "pragmatique", a en effet totalisé plus de voix que sa rivale Sandrine Rousseau qui défendait la "rupture". Même s'il ne s'agit que d'une très courte tête : 50,03% contre 48,97%. Soit, seulement 200 voix de plus !

Un camp uni

"Dès ce soir, dès maintenant, c'est place au rassemblement de l'écologie et nous allons construire un rassemblement beaucoup plus large pour gagner en 2022", a-t-il insisté, à l'annonce des résultats, au grand soulagement des cadres du parti qui le soutenaient majoritairement. De son côté, Sandrine Rousseau n'a pas manqué de se ranger immédiatement derrière le vainqueur tout en appelant  à ce qu'il reprenne certaines de ses idées plus radicales. "Les gens ne donnent pas une majorité extrêmement large à une écologie qui ne serait pas ambitieuse, c'est ça la grande leçon de cette primaire", a réagi l'écoféministe, laissant augurer qu'elle sera désormais incontournable lors des prochaines tractations. Pour sa part Yannick Jadot donne la priorité à la sortie de l'élevage industriel, à un investissement de 20 milliards d'euros dans la transition écologique ainsi qu'à une revalorisation du revenu de solidarité active (RSA).

"Les gens ne donnent pas une majorité extrêmement large à une écologie qui ne serait pas ambitieuse..."
Sandrine Rousseau
Candidate à la primaire écologiste

Un air de revanche

Pour l'heure, l'électorat d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) reste très marqué géographiquement et sociologiquement, avec des électeurs majoritairement présents dans les centres urbains, jeunes et diplômés. Dans les derniers sondages pour l'élection présidentielle, Yannick Jadot est crédité entre 6 et 9% des intentions de vote, ce qui le place parfois devant la socialiste Anne Hidalgo et laisse augurer qu'il pourrait - si au fil des mois sa progression s'intensifie - imposer un ralliement en sa faveur. Sans compter que la radicalité de Sandrine Rousseau n'a pas manqué d'attirer vers les Verts des électeurs de La France Insoumise (LFI), parti dirigé par Jean-Luc Mélenchon.

200
voix
C'est l'avance de Yannick Jadot sur Sandrine Rousseau au terme du vote écologiste pour choisir le candidat à l'élection présidentielle de 2022.

S'imposer à gauche

Les jeux s'inverseront-ils ? Yannick Jadot l'espère bien. En 2016, rappelons-le, l'ex de Greenpeace, déjà vainqueur de la primaire de 2016, avait dû faire profil bas. Et se rallier au candidat du Parti socialiste Benoît Hamon. Depuis, les temps ont changé. En Allemagne, les Verts se font faiseurs de roi. La COP 26 approche et l'hexagone n'est pas à l'abri d'une catastrophe climatique qui pourrait bouleverser la campagne. Objectifs donc : prendre le leadership à gauche, être au second tour de la présidentielle puis passer des accords en perspective des législatives.

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