14 civils syriens tués dans des bombardements malgré la trêve annoncée par Ankara

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Donald Trump a affirmé que son homologue turc lui avait assuré qu'il était déterminé à ce que la trêve en Syrie annoncée jeudi soit appliquée. Sauf que de nouveaux bombardements turcs ont tué ce vendredi 14 civils dans le nord de la Syrie selon une ONG.

Les bombardements des forces d'Ankara ont tué ce vendredi 14 civils dans le nord de la Syrie selon une ONG, le président turc réitérant ses menaces contre les forces kurdes au lendemain d'une trêve acceptée par son pays mais qui semble avoir volé en éclat. En dépit de la situation sur le terrain, le président américain Donald Trump s'est montré optimiste, assurant qu'il y avait "de la bonne volonté" des deux côtés et que les Kurdes étaient "très heureux" de la façon dont les chose se passaient.

"Je viens de parler au président Erdogan (...) Il veut vraiment que le cessez-le-feu fonctionne."
Donald Trump

"Je viens de parler au président Erdogan (...) Il veut vraiment que le cessez-le-feu fonctionne", a-t-il tweeté. L'opération lancée par la Turquie depuis le 9 octobre avec des supplétifs syriens a ouvert un nouveau front dans la Syrie en guerre depuis 2011, où les forces kurdes, partenaires des Occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), ont accusé Washington de les avoir abandonnées.

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Jeudi soir, après une intervention diplomatique des Etats-Unis, la Turquie a dit accepter de suspendre pendant cinq jours son offensive, réclamant un retrait des forces kurdes de sa frontière pour y mettre un terme définitif. Mais, dès vendredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé de reprendre l'offensive, si "les promesses" n'étaient pas respectées d'ici mardi soir.

Sur le terrain, les opérations militaires se poursuivent. Des frappes de l'aviation turque et des tirs d'obus des supplétifs syriens ont tué 14 civils et 8 combattants des forces kurdes, dans le village de Bab al-Kheir et ses environs du nord syrien, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). 

L'ONG Amnesty International a accusé l'armée turque et les rebelles proturcs de "mépris honteux pour les vies civiles", évoquant des "preuves accablantes de crimes de guerre".

L'offensive d'Ankara a permis aux forces turques et à leurs supplétifs syriens de conquérir une bande frontalière de près de 120 km. L'ONG Amnesty International a accusé l'armée turque et les rebelles proturcs de "mépris honteux pour les vies civiles", évoquant des "preuves accablantes de crimes de guerre". Les autorités kurdes ont déjà accusé Ankara d'utiliser des armes non conventionnelles, comme le napalm, ce que la Turquie a démenti. Environ 300.000 personnes ont été déplacées par les combats, selon l'OSDH.

Le président américain a expliqué qu'il avait sciemment décidé de laisser les Turcs et les Kurdes se lancer dans cette bataille féroce, "comme deux gamins" qu'il faut "laisser se bagarrer un peu" avant de "les séparer". Le 6 octobre, Trump avait ordonné le retrait des forces américaines dans le nord syrien. L'accord turco-américain prévoit la mise en place d'une "zone de sécurité" de 32 km de largeur en territoire syrien, dont doivent se retirer les forces kurdes.

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L'objectif est d'éloigner de la frontière la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), mais aussi d'y installer une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens vivant en Turquie. Le président du Conseil européen Donald Tusk a dénoncé l'accord turco-américain, le considérant plutôt comme "une demande de capitulation pour les Kurdes".

Aucun soldat américain n'aidera à faire respecter la "zone de sécurité" entre les Kurdes et la Turquie, a prévenu le ministre américain de la Défense Mark Esper. Selon un haut responsable du Pentagone, les Etats-Unis maintiendront néanmoins une surveillance aérienne de la zone, pour s'assurer notamment de la sécurité des prisons où sont détenus les combattants de l'EI.

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