Après la politique, Netanyahou face au défi de la justice

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L’audition en justice de Benyamin Netanyahou a commencé. Ses avocats ont 4 jours pour réduire les accusations de corruption qui pèsent sur le Premier ministre israélien.

Réunis au ministère de la Justice, à Jérusalem, une douzaine d’avocats tentent de convaincre les procureurs d’abandonner les charges qui pèsent contre Benyamin Netanyahou pour "corruption", "fraude" et "abus de confiance" dans trois dossiers. Le Premier ministre n’est pas présent. La semaine dernière, il avait demandé la retransmission en direct de l’audience. Refus sec du procureur général Avichai Mandelblit, selon lequel "cette audition est destinée à convaincre les instances juridiques (…) pas le public".

L’affaire Bezeq

Jamais dans l’histoire d’Israël un Premier ministre n’a été inculpé dans l’exercice de ses fonctions.

Ces mercredi et jeudi, l’audition porte sur l’affaire Bezeq, la plus sensible. Dans ce dossier, appelé "affaire 4.000", Benyamin Netanyahou est soupçonné d’avoir accordé des faveurs au patron de la compagnie de téléphonie Bezeq, en échange d’une couverture médiatique favorable sur le site Walla, l’un des médias du groupe. Selon le journaliste Dror Sapir, spécialiste d’Israël, "comme ligne de défense, les avocats vont tenter de montrer qu’il ne peut pas y avoir corruption car il n’y a pas eu de transfert d’argent". Le défi est de taille car dans cette affaire, l’ensemble des procureurs soupçonnent Benyamin Netanyahou de corruption.

Une semaine cruciale

Le Premier ministre est également inquiété dans deux autres dossiers, examinés dimanche et lundi. Dans l’affaire dite "1.000", il est soupçonné d’avoir reçu des cadeaux du producteur Arnon Milchan en échange de faveurs politiques. Dans la seconde affaire, dite "2.000", il aurait passé un pacte avec le patron du quotidien Yediot Aharonot, prévoyant de réduire l’influence d’un autre journal, en échange d’une couverture médiatique favorable au Premier ministre.

À l’issue de cette audition, le procureur général d’Israël, Avichai Mandelblit, devra décider s’il va de l’avant dans son projet d’inculper Benyamin Netanyahou. Jamais dans l’histoire d’Israël un Premier ministre n’a été inculpé dans l’exercice de ses fonctions.

Cette audition intervient alors que Benyamin Netanyahou bataille pour former une coalition gouvernementale. Selon Elisabeth Marteu, docteure en science politique à l’IEP de Paris, interrogée par L’Echo, "il aura de grandes difficultés à former une coalition de droite quelle que soit l’issue de l’audition. Une inculpation ne pourrait donc que le fragiliser davantage notamment pour négocier un gouvernement d’union nationale avec la liste bleu-blanc".

Pourparlers annulés avec Gantz

Ce mercredi, des pourparlers devaient être organisés entre le Likoud du Premier ministre et la liste bleu-blanc, en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale. Mais la veille, le camp de son rival, Benny Gantz, a préféré annuler la réunion. Il estime que Benyamin Netanyahou ne peut pas former un gouvernement alors qu’il est soupçonné dans des affaires de corruption.

à l’issue du scrutin du 17 septembre dernier, aucun parti n’a obtenu la majorité permettant de former une coalition gouvernementale. Si le Likoud et bleu-blanc passaient un accord, ils obtiendraient suffisamment de sièges pour former un gouvernement. Cependant, Benyamin Netanyahou et Benny Gantz se disputent la place de Premier ministre. Selon Gideon Rahat, professeur de science politique à l’Université hébraïque de Jérusalem, si leur position ne change pas, "un 3e scrutin est possible".

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