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Benyamin Netanyahou poussé vers la sortie par la droite radicale

Israël a tenu quatre élections législatives en moins de deux ans, aucun scrutin n'arrivant à départager le Premier ministre Benyamin Netanyahou de ses rivaux. ©REUTERS

Le héraut de la droite radicale israélienne Naftali Bennett a ouvert la voie à la formation d'un "gouvernement du changement" sans Benyamin Netanyahou.

Sommes-nous sur le point de vivre un moment historique en Israël? Le Premier ministre le plus pérenne de l'histoire du pays, Benyamin Netanyahou, pourrait bientôt tirer sa révérence. Il devrait sa chute au chef de la formation de droite radicale Yamina, Naftali Bennett. Ce dernier a annoncé, dimanche, son intention de joindre le camp de l'opposant centriste Yaïr Lapid, à la tête du parti Yesh Atid ("Il y a un futur"). Or celui-ci ne doit rallier que quatre députés pour former une coalition capable de tourner la page de l'ère Netanyahou.

"Ce gouvernement sera un danger pour la sécurité de l'État d'Israël. Il s'agit de l'arnaque du siècle."
Benyamin Netanyahou
Premier ministre israélien

"J'annonce que je vais tout faire pour former un gouvernement d'union avec mon ami Yaïr Lapid", a déclaré Naftali Bennett, qui cultivait depuis des semaines le mystère sur son intention de joindre ou non le chef de l'opposition. "Dans ces instants de vérité, il faut savoir prendre ses responsabilités", a-t-il ajouté dans un discours télévisé.

"Yaïr et moi avons nos différences, mais nous partageons l'amour de ce pays. La gauche fait des compromis loin d'être faciles, quand elle m'octroie à moi le rôle de Premier ministre", a-t-il poursuivi. Selon les médias israéliens, un accord entre les deux hommes prévoit, en effet, que Naftali Bennett prenne la tête du gouvernement pendant les deux premières années, avant de laisser sa place à Yaïr Lapid.

"Ce gouvernement sera un danger pour la sécurité de l'État d'Israël. Il s'agit de l'arnaque du siècle", a réagi Benyamin Netanyahou.

Des scrutins à répétition

L'État hébreu a tenu quatre élections législatives en moins de deux ans, aucun scrutin n'arrivant à départager Benyamin Netanyahou de ses rivaux, ou à aboutir à un gouvernement stable.

Après le dernier scrutin, en mars dernier, le président israélien Reuven Rivlin avait chargé Benyamin Netanyahou, dont le parti Likoud (droite) avait terminé en première position, de former un gouvernement. Mais le Premier ministre sortant n'avait pas réussi à réunir le nombre nécessaire de 61 députés, sur les 120 du Parlement, afin de former le "gouvernement de droite" qu'il appelait de ses vœux.

Échéance mercredi soir

Si Yaïr Lapid n'arrive pas à former un gouvernement d'union réunissant la gauche, le centre et la droite d'ici mercredi à minuit, date-butoir fixée par la loi, 61 députés pourront demander au président de désigner comme Premier ministre un parlementaire. Autre scénario, le plus redouté par les électeurs déjà appelés à voter quatre fois en un peu plus de deux ans: un retour aux urnes.

Pour former un "gouvernement d'union nationale", il faudrait que Yaïr Lapid rallie au moins une des deux formations arabes israéliennes du pays.

"Ce serait soit les cinquièmes élections, soit un gouvernement d'union", a déclaré dimanche Naftali Bennett, disant qu'il n'était "pas possible", pour l'heure, de former un gouvernement de droite "sous l'autorité de Netanyahou".

Pour former un "gouvernement d'union nationale", il faudrait que Yaïr Lapid rallie au moins une des deux formations arabes israéliennes du pays. Après des semaines marquées par la guerre de 11 jours entre le Hamas palestinien, au pouvoir dans la bande de Gaza, et l'État hébreu, Yaïr Lapid avait relancé vendredi son offre pour un "gouvernement d'union nationale". Il avait alors affirmé vouloir une coalition qui dise "nous sommes ici ensemble, notre lutte est commune, ce pays est notre responsabilité à tous".

"Tentative de coup d'État"

Il y a 25 ans presque jour pour jour (29 mai 1996), Benyamin Netanyahou avait vaincu le travailliste Shimon Peres et était devenu Premier ministre pour trois ans. Revenu au pouvoir en 2009, il ne l'a plus quitté depuis. Jugé pour "corruption" dans trois affaires, il est le premier chef de gouvernement israélien à faire face à des poursuites criminelles en cours de mandat.

Dimanche, le quotidien gratuit Israel Hayom, considéré comme favorable au Premier ministre, dénonçait une tentative de "putsch" afin de mettre fin à l'ère Netanyahou, soutenue par des "représentants du Hamas", une attaque indirecte contre la formation arabe israélienne Raam (islamiste) de Mansour Abbas (4 députés) qui pourrait soutenir la coalition de Yaïr Lapid.

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