Charles Michel en Israël et en Palestine ce lundi

©AFP

Le Premier ministre arrive dans un contexte tendu en raison de l'extension de la colonisation israélienne.

Le Premier ministre Charles Michel commence lundi une visite de trois jours en Israël et dans les Territoires palestiniens dans un contexte politique tendu et en plein changement. Au programme de la mission: entretien avec les plus hautes autorités officielles, rencontre avec des investisseurs et visite de projets soutenus par la Coopération belge.

La visite a été décidée en septembre, quelques mois après un déplacement du ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. Plusieurs événements ont entretemps modifié ou sont en passe de modifier la donne. Lundi soir, le parlement israélien devrait approuver une loi très controversée qui légalise la construction de logements en Cisjordanie occupée sur des terres privées palestiniennes. Le 29 janvier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé sa détermination à faire passer le texte qui concerne 2.000 à 3.000 logements. Concommitamment, contraint par une décision de la Cour suprême, le gouvernement israélien a entamé l'évacuation de la colonie emblématique d'Amona en Cisjordanie, où résident une quarantaine de familles.

La loi suscite la réprobation des Nations unies et d'une grande partie de la communauté internationale. La Belgique n'a jamais caché son opposition à la politique de colonisation qu'elle voit comme une violation du droit international et une entrave au processus de paix entre Israéliens et Palestiniens ainsi qu'à la solution "à deux Etats". Depuis le 23 décembre, une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU déniant tout fondement juridique international aux colonies de peuplement conforte cette position.

Si la position de la Belgique n'a pas varié, les lignes ont bougé sur la scène internationale. L'élection de Donald Trump semble rompre le relatif isolement d'Israël et a donné des ailes aux tenants de la ligne dure à l'égard des Palestiniens. Le front ouest-européen paraît aussi se fissurer. Le 15 janvier, la Grande-Bretagne s'est montrée très "réservée" à l'égard de la Conférence de Paris visant à relancer le processus de paix et a refusé de signer le communiqué final.

M. Michel s'entretiendra lundi avec le président israélien Reuven Rivlin et mardi avec M. Netanyahu. Il rencontrera également des Belges vivant en Israël, dont des jeunes qui ont fait l'"alya" (immigration en Israël), et les responsables de la compagnie aérienne CAL active sur le tarmac de Liège.

Coopération belge

Dans les Territoires palestiniens, le Premier ministre devrait s'entretenir avec son homologue Rami Hamdallah et visiter des projets soutenus par la Coopération belge.

Le sort de ces projets sera évoqué avec les autorités israéliennes et palestiniennes. Certains d'entre eux connaissent des difficultés. Oxfam a récemment attiré l'attention sur les problèmes rencontrés avec les services israéliens dans un projet de soutien aux Bédouins: détentions administratives, confiscation, destruction, etc.

Les Palestiniens ont enregistré ces dernières années quelques victoires diplomatiques, dont le vote de la résolution du Conseil de sécurité sur la colonisation ou de résolutions demandant la reconnaissance de la Palestine comme Etat dans des parlements nationaux européens. En février 2015, la Chambre a approuvé un texte invitant le gouvernement belge à reconnaître l'Etat palestinien "au moment le plus opportun". Plusieurs conditions très strictes ont été posées, dont une vise l'existence d'un gouvernement palestinien de plein exercice ayant autorité sur l'ensemble du territoire palestinien. Or, actuellement, l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas ne contrôle pas la bande de Gaza dirigée par le Hamas et les efforts de rapprochement entre les deux parties semblent patauger.

Plusieurs parlementaires seront du voyage: Wouter Beke (CD&V), Nele Lijnen (Open Vld), Jacques Brotchi (MR) et Stéphane Crusnière (PS).

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés