"Daech revient sous la forme d'une insurrection en réseau"

Les Etats-Unis vont retirer leurs forces en Syrie, laissant le champ libre à la Russie et ses alliés. ©AFP

L’État islamique a été battu en Syrie. Mais selon Interpol et des experts contactés par L’Echo, le groupe terroriste subsiste sous la forme d’un réseau. Et la menace est réelle.

L’État islamique a perdu la guerre, mais sur le terrain, ses forces ne sont pas entièrement défaites. Quant à la menace terroriste, elle demeure au Moyen Orient comme en Europe. La France, le Royaume-Uni et les forces kurdes ne partagent pas l’avis de Donald Trump. "Daech n’a pas été rayé de la carte, ni ses racines d’ailleurs, il faut vaincre militairement de manière définitive les dernières poches de cette organisation terroriste", réagit la ministre française de la défense, Florence Parly.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), composées en majorité de soldats kurdes, ont annoncé qu’elles poursuivaient leurs combats contre l’État islamique. Le retrait des Etats-Unis risque de raviver le groupe terroriste.

"Daech a été défait en Syrie, mais son idéal n’a pas été vaincu", explique Uzi Rabi, expert du Moyen Orient et directeur du centre Moshe Dayan à l’université de Tel Aviv. "Il faut faire attention à l’influence que Daech conserve ailleurs dans le monde, en Afrique, mais aussi en Irak", poursuit-il, "l’État islamique opère par les réseaux sociaux."

"Daech est vaincu comme un quasi État, mais il revient sous la forme d’une insurrection en réseau", renchérit Jonathan Spyer, directeur du Middle East Center for Reporting and Analysis, "nous avons vu des preuves en Irak dans les régions de Hamrin, Hawija et Mossoul".

L’influence de ce Daech 2.0 atteint l’Europe, où elle se concrétise par de nouveaux attentats, comme la récente attaque du marché de Noël à Strasbourg.

Deuxième vague terroriste

La menace est concrète. Le secrétaire général d’Interpol, Jürgen Stock, a mis récemment en garde contre la formation "d’une deuxième vague terroriste".

Cette deuxième vague provient, entre autres, de djihadistes condamnés à des faibles peines et radicalisés en prison. "Il ne s’agit pas d’auteurs principaux, mais de terroristes ayant soutenu les opérations, des acteurs de second plan", dit une source d’Interpol. Il s’agit aussi d’un terrorisme hybride de délinquants de droit commun.

Le conflit en Syrie a attiré des combattants provenant de plus cent pays. La guerre terminée, ceux-ci sont restés en réseau grâce à internet. Certains s’investissent dans de nouvelles luttes terroristes en Asie, en Afrique et en Europe. D’autres reviennent en Europe avec l’objectif d’y mener, un jour ou l’autre, des opérations terroristes.

Interpol détient des informations sur plus de 44.000 suspects, des combattants étrangers considérés comme "terroristes présumés". "Daech constitue encore une menace, mais davantage comme une organisation de type souterraine", dit cette source.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect