De l'argent belge géré en Palestine par des terroristes présumés

Des membres du FPLP manifestant contre la décision du président Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël en décembre 2017. ©Photo News

Les directeurs financiers d’ONG palestiniennes soutenues par la Belgique sont les suspects d’un attentat terroriste en Israël ayant coûté la vie à une jeune fille de 17 ans.

Le 23 août 2019, Rina Shnerb, une jeune fille de 17 ans, son frère Dvir et son père Eitan font une randonnée sur le chemin de la source de Bubin, en Cisjordanie (Judée-Samarie). Une bombe explose. Le choc est terrible. Rina ne survit pas. Son père et son frère sont grièvement blessés.

D’après l’enquête, menée conjointement par le service de sécurité intérieure, l’armée et la police israéliens, l’opération était planifiée. L’explosif, dissimulé sur la route, a été activé à distance.

Les faits sont mis en évidence dans un rapport de NGO Monitor, un organisme israélien chargé d’étudier le financement d’ONG.

Début octobre, trois suspects sont arrêtés. Ils sont liés au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une organisation considérée comme terroriste par les États-Unis, l’Union européenne et le Canada. Les enquêteurs découvrent dans des caches d’autres engins explosifs et des plans d’attaque similaires en Cisjordanie.

L’enquête prend de l’ampleur. Le 19 décembre, le Shabak, l’agence israélienne de sécurité, révèle l’existence d’un réseau d’une cinquantaine de terroristes du FPLP actifs en Cisjordanie. Parmi eux, des comptables et de directeurs financiers d’ONG chargés de lever des fonds auprès de pays étrangers dont la Norvège, les Pays-Bas et la Belgique.

Deux directeurs financiers d’ONG

Selon le Shabak, les directeurs financiers d’UAWC (Union of Agricultural Work Committee) et HWC (Health World Committee) seraient liés à cette l’attaque du 23 août. Ces deux ONG ont reçu des aides de l’État belge.

18,9 millions
d'euros
De 2015 à 2018, la Belgique a versé 18,9 millions d’euros aux ONG et à la société civile palestiniennes.

Samer Arbid, membre d’UAWC, est suspecté de diriger la cellule terroriste ayant entraîné la mort de Rina Shnerb. Abdul Razeq Faraj, le directeur financier d’UAWC, aurait autorisé l’attaque.

Walid Hanatsheh, le directeur financier d’HWC (Health World Committee) aurait donné l’ordre d’agir à Samer Arbid lors de l’attaque. Il est aussi accusé d’avoir dirigé plusieurs opérations armées pour le FPLP.

Ces faits sont mis en évidence dans un rapport de NGO Monitor, un organisme israélien chargé d’étudier le financement des ONG palestiniennes et israéliennes. Ses analystes ont interrogé la base de données de la Direction générale de la coopération au développement (DGCD). De 2015 à 2018, la Belgique a versé 18,9 millions d’euros aux ONG et à la société civile palestiniennes.

Une source proche de la DGCD insiste pour que cette affaire et le rapport de NGO Monitor soient pris avec prudence.

Liens avec des ONG belges

Ces deux ONG ont aussi des liens étroits avec les ONG belges Oxfam (UAWC) et Viva Salud (HWC). D’après Oxfam, UAWC a reçu 288.002 euros pour un projet commun en 2017-2018. Oxfam Belgique ne collabore plus avec UAWC, mais les liens ont été maintenus avec Oxfam International.

L’ONG Viva Salud (ex-Médecine pour le Tiers-monde), dont le siège est à Bruxelles, a reçu 762.101 euros pour le développement de deux projets en Palestine. Viva Salud a pour principaux partenaires palestiniens HWC et UHWC (Union of Health Work Committee). Or, selon le Fatah, le mouvement de libération de la Palestine, UHWC et HWC sont affiliés au FPLP.

"Nous sommes au courant de l’arrestation de Walid Hanatsheh", dit-on chez Viva Salud. Sans plus. L’ONG affirme qu’elle n’est pas informée des raisons et fait valoir la présomption d’innocence pour le directeur financier d’HWC.

Bisan

Oxfam est au courant de la situation du directeur financier d’UAWC, mais n’a pas réagi. "Pour l’instant, nous n’avons pas de programme avec UAWC", dit une source au sein de l’ONG.

Le cas de Bisan, une autre ONG qui a reçu des fonds de la Belgique, est aussi emblématique. En 2014-2016, Bisan a reçu 1,1 million d’euros de SolSoc (Solidarité Socialiste). Itiran Hajaj, le directeur exécutif de Bisan lors du versement des aides, a été arrêté le 23 septembre dernier. Il est accusé d’avoir planifié plusieurs opérations clandestines du FPLP. Le dernier directeur exécutif de Bisan, Ubai Aboudi, suspecté de recruter une cellule, a aussi été arrêté le 13 novembre.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n