Des réactions un peu partout dans le monde

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères. ©EPA

Chacun y est allé de sa réaction, pour ou contre, après les frappes menées conjointement cette nuit par les USA, la France et la Grande Bretagne.

Les réactions à l'opération conjointe menée par les Américains, Français et Britanniques en Syrie ont été multiples, entre approbation et condamnation. Passage en revue.

Russie
"Un coup a été porté contre la capitale d'un Etat souverain qui a tenté pendant de nombreuses années de survivre au milieu d'une agression terroriste", a écrit sur Facebook la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. Les frappes occidentales contre la Syrie interviennent "au moment où elle avait une chance d'avoir un avenir pacifique".

Les frappes reviennent à "insulter le président russe" Vladimir Poutine, a estimé l'ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov. "Nous avions averti que de telles actions appelleraient des conséquences", a-t-il averti.

Syrie
L'"agression barbare et brutale" des Occidentaux "a pour principal objectif d'entraver le travail de l'équipe" de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) qui devait entamer samedi son enquête sur une attaque chimique présumée en territoire syrien.

Turquie
Les frappes sont "une réaction appropriée" à l'attaque chimique présumée de Douma. "Nous saluons cette opération qui exprime la conscience de l'humanité tout entière face à l'attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime" syrien, a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères

Iran
"Les Etats-Unis et leurs alliés, sans aucune preuve et avant même une prise de position de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), ont menée cette action militaire (...) contre la Syrie et sont responsables des conséquences régionales de cette action aventuriste", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires.

Israël
"L'an dernier, le président américain Donald Trump a fait savoir que l'utilisation d'armes chimiques reviendrait à violer une ligne rouge. Cette nuit sous la direction américaine, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont agi en conséquence. La Syrie continue ses actions meurtrières", a déclaré un responsable israélien sous le couvert de l'anonymat. De son côté, le ministre de la Construction, Yoav Galant, membre du cabinet restreint de sécurité a pour sa part affirmé sur son compte Twitter que l'attaque contre la Syrie était "un message important adressé à l'axe du mal constitué par l'Iran, la Syrie et le Hezbollah". Selon la radio publique israélienne, l'Etat hébreu a été informé à l'avance des attaques menées par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne en Syrie.

Hezbollah
"La guerre menée par les Etats-Unis contre la Syrie, contre les peuples de la région et les mouvements de la résistance (...) n'atteindra pas ses objectifs", a affirmé le Hezbollah chiite libanais.

Pays de l'Union européenne

- L'UE a promis de "se tenir aux côtés de ses alliés du côté de la justice". "Le régime syrien ne peut continuer cette tragédie humaine" (président du Conseil européen, Donald Tusk). Après l'utilisation d'armes chimiques "odieuses", la communauté internationale doit "identifier et demander des comptes" aux responsables et la Syrie a besoin d'une "solution politique négociée" à travers le processus de Genève des Nations Unies (président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker).

- Allemagne : "Nous soutenons le fait que nos alliés américains, britanniques et français (...) aient pris leurs responsabilités" (Angela Merkel). Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a appelé les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine à "faire le premier pas" pour tenter de négocier une solution qui mette un terme au conflit en Syrie.

- Italie : L'attaque de cette nuit a été une réponse "motivée par l'utilisation d'armes chimiques" et cette "action circonscrite (...) ne sera pas le début d'une escalade" (chef du gouvernement Paolo Gentiloni)

- L'Espagne salue "une réponse légitime et proportionnée" aux "atrocités" de l'attaque chimique présumée du 7 avril (président du gouvernement Mariano Rajoy)

- Le Portugal "comprend les raisons et l'opportunité de cette intervention militaire" face à "des formes de guerre que l'humanité ne peut tolérer" (ministère des Affaires étrangères).

- La Grèce "soutient les efforts pour l'éradication" des armes chimiques mais appelle à "contribuer immédiatement à une désescalade" en Syrie, "la diplomatie doit revenir sur le devant de la scène" (ministère des Affaires étrangères)

OTAN
"Je soutiens les actions prises par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France contre les installations et capacités d'armes chimiques du régime syrien", a affirmé le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg. "Elles vont réduire la capacité du régime à mener d'autres attaques contre le peuple de Syrie avec des armes chimiques", a-t-il ajouté.

ONU
"J'appelle les Etats membres à faire preuve de retenue dans ces dangereuses circonstances et à éviter toute action qui pourrait conduire à une escalade et à aggraver la souffrance du peuple syrien", a déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

Vatican

Le Pape, dans son homélie dominicale: "Je suis profondément troublé par la situation actuelle du monde, malgré les outils dont dispose la communauté internationale, il est difficile de se mettre d'accord sur une action commune en faveur de la paix en Syrie et dans les autres régions du monde."

Canada
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a soutenu "la décision des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime (Ndlr: du président syrien Baschar al-Assad) de lancer des attaques par armes chimiques contre ses propres citoyens".

Equateur
"Avec la force de la dignité, la défense de la paix, des peuples du monde, nous condamnons énergiquement l'attaque démente de (Donald) Trump contre le peuple frère de Syrie", a dénoncé le président équatorien Evo Morales. "Hier, ils avaient pris prétexte d'armes de destruction massive imaginaires pour envahir l'Irak, aujourd'hui ils lancent leurs missiles sous le même prétexte."

Amnesty International
"Le peuple syrien a déjà enduré six années d'un conflit dévastateur, et des attaques chimiques dont beaucoup sont des crimes de guerre", a déploré Amnesty International. "Toutes les précautions doivent être prises pour minimiser le tort causé aux civils dans les actions militaires" menées en représailles à l'usage présumé d'armes chimiques par Damas contre sa population, a exigé l'ONG de défense des droits de l'Homme.

Parti démocrate américain
"Une nuit de frappes aériennes ne peut se substituer à une stratégie cohérente", a commenté Nancy Pelosi, cheffe de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. Le président Trump "doit venir devant le Congrès pour obtenir une nouvelle Autorisation d'employer la force militaire (AUMF), pour présenter un ensemble clair d'objectifs, et enfin faire en sorte que (le président russe Vladimir) Poutine ait à rendre des comptes pour le bain de sang qu'il a permis", a-t-elle ajouté.

Rigoberta Menchu
"Je lance un appel énergique à tous les pays membres des Nations unies pour qu'ils interviennent énergiquement afin de freiner les opérations menées en Syrie par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne", a déclaré sur Twitter la Guatémaltèque Rigoberta Menchu, prix Nobel de la paix 1992.

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