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Deux semaines pour découvrir l'Iran, top chrono!

Le site archéologique de Persépolis, un des incontournables du tourisme iranien. ©BELGAIMAGE

L’industrie touristique iranienne a connu un véritable essor après l’élection de Hassan Rohani en 2013. L’accord nucléaire de Vienne devrait la doper encore un peu plus.

Le bras de fer géopolitique qui a opposé Téhéran et les puissances occidentales sur le programme nucléaire iranien n’a jamais complètement dissuadé les touristes amoureux de culture perse, ou les voyageurs curieux, de se rendre en Iran. Mais l’accord nucléaire obtenu le 14 juillet pourrait ouvrir de nouvelles perspectives à un secteur touristique en pleine expansion.

"On a toujours proposé des voyages en Iran, même sous l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad", explique Jeanne Nguyen, responsable communication et édition à l’agence de voyage bruxelloise Continents Insolites.

Les relations entre l’Iran et les puissances occidentales avaient connu un sérieux coup de gel sous la présidence de cet ultra-conservateur. Puis, le vent a tourné avec l’élection du plus modéré Hassan Rohani en juin 2013, et les touristes ont commencé à venir en plus grand nombre.

Règles strictes

La montée de la menace islamiste sunnite qui frappe de plein fouet les pays arabes a également contribué à placer l’Iran chiite sur le radar des touristes. "Le mal est fait, les touristes ne veulent plus se rendre dans des pays comme le Maroc, la Jordanie ou Oman", constate Ingrid Morel, responsable de l’antenne belge de l’agence de voyage française Terres d’Aventure. L’Iran peut être une alternative. "On arrive à y retrouver les ambiances du sud marocain ou du Sahara oriental", estime Ingrid Morel.

Le circuit. ©mediafin

Ce qui ne veut pas dire que les autorités iraniennes se montrent aujourd’hui plus souples envers les touristes. Les femmes doivent être voilées et pas question de se promener en short. Ni de boire d’alcool. Les modalités d’obtentions de visas ne sont pas des plus simples et de plus rapides. Les touristes sont généralement surveillés plus ou moins discrètement dès leur arrivée. Et le récent procès de Jason Rezaian, un journaliste irano-américain du "Washington Post" arrêté pour "espionnage", rappelle que l’on se retrouve face à un pays dont les valeurs démocratiques ne sont pas les nôtres.

1. Masouleh, village bâti à flanc de montagne dans une nature luxuriante. Les véhicules à moteur y sont interdits.

2. La capitale Téhéran et ses jardins persans où les Iraniens aiment pique-niquer.

3. Kashan, une oasis au cœur du désert, célèbre notamment pour son bazar vieux de plus de 100 ans.

4. Ispahan, ancienne capitale de l’empire perse entre le XVIe et le XVIIIe siècles. C’est "le" joyau de l’Iran avec sa grande mosquée et ses palais.

5. Perdue au cœur de la région des lacs salés, Yazd est une des plus vieilles villes du monde. Son histoire remonte au moins à 3.000 ans avant J-C.

6. Persépolis, capitale de l’empire perse achéménide. Sa construction date du VIe siècle avant J-C.

7. Shiraz et sa célèbre "mosquée rose".

Insolite

Suivre les traces des marchands qui arpentaient la route de la soie au Moyen-Âge, un must pour qui se rend dans l’ancienne Perse. Mais qui veut pousser l’expérience un peu plus loin peut carrément passer la nuit dans l’ancien caravansérail Zeinoddin près de la ville de Yazd, en plein cœur de l’Iran. Il date du XVIe siècle, une période correspondant au déclin de la route de la soie. Rénové et transformé en hôtel il y a quelques années, le caravansérail propose un confort assez rudimentaire. De quoi coller un peu plus à la réalité historique…

Mais les touristes auraient tort de penser qu’ils vont se trouver confrontés à une société fermée. Spécialiste de l’Iran, Jeanne Nguyen s’y rend en moyenne tous les ans et ce qui la frappe toujours, c’est l’ouverture des Iraniens. "Les contacts sont très faciles. Les Iraniens sont très fiers de leur pays, ils sont encore plus chauvins que les Français. Ils ont donc à cœur de montrer aux touristes une autre image de leur pays. Et pour cela, ils n’hésiteront pas à vous inviter à prendre le thé."

Ambitions

Le gouvernement Rohani, l’un des plus ouverts qu’ait connu le pays depuis la Révolution islamique de 1979, ne cache en tout cas pas ses ambitions touristiques. Dans un pays comptant pas moins de 17 sites classés par l’Unesco, il y a un certain potentiel à développer, c’est sûr. Dans une récente interview à la chaîne câblée américaine CNN, Masoud Soltanifar, le vice-président iranien responsable du tourisme et du patrimoine culturel, dit s’attendre à une hausse de plus de 6% du nombre de touristes cette année. "Dans 10 ans, nous voulons accueillir 20 millions de touristes annuellement." Le défi est de taille: c’est quatre fois plus qu’aujourd’hui.

Mais pour cela, encore faudra-t-il que l’Iran puisse suivre au niveau de ses infrastructures alors que le gros de ses touristes sont aujourd’hui des pèlerins chiites. "Nous avons besoin de plus d’hôtels quatre et cinq étoiles", reconnaît d’ailleurs Masoud Soltanifar. Jeanne Nguyen confirme qu’il existe un problème logistique. "Les Iraniens n’étaient pas prêts à l’engouement touristique de ces dernières années, l’infrastructure ne suit pas. Il faut s’y prendre un an à l’avance pour planifier ses vacances si l’on veut y aller en haute saison", explique-t-elle. À bon entendeur…

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