En Iran, la contestation continue après l'abattage de l'avion ukrainien

©REUTERS

L’Iran connaît des manifestations violentes depuis samedi. À la suite des aveux du régime sur le crash du Boeing, les Iraniens réclament la démission de leurs dirigeants.

La colère des Iraniens ne faiblit pas. Depuis l’annonce des autorités iraniennes, samedi, de leur responsabilité dans le crash de l’avion ukrainien – qui a causé la mort de 176 personnes –, une vague d’indignation secoue le pays. Les manifestants accusent le régime d’avoir menti et tenté d’étouffer l’affaire. Ils demandent ainsi la démission de l’ayatollah Khamenei, leur guide suprême. "Les autorités mentent en disant que notre ennemi est l’Amérique. Notre ennemi est ici", a notamment scandé un groupe d’étudiants dimanche devant une université de Téhéran.

Soupçons de répression

"Le peuple iranien doit avoir la possibilité de protester pacifiquement".
Maria Adebahr
Porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères

Plusieurs vidéos des manifestations ont été dévoilées ce lundi. Elles montrent la violence des forces de l’ordre, qui tirent notamment des gaz lacrymogènes sur la foule. Si les images n’ont pas encore pu être vérifiées, elles ont déjà fait réagir la communauté internationale. Le gouvernement allemand, qui s’est dit "très inquiet", a appelé à des manifestations "sans entrave" lundi. "Le peuple iranien doit avoir la possibilité de protester pacifiquement et librement (…) Cela est d’autant plus vrai que le peuple veut exprimer sa douleur et qu’il y a certainement de la colère après les événements et la terrible catastrophe de l’accident d’avion", a déclaré Maria Adebahr, porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères. Le président des États-Unis Donald Trump s’est quant à lui adressé à Téhéran sur Twitter, l’intimant "d’arrêter de tuer le peuple iranien".

La police dément

Le chef de la police de Téhéran a néanmoins nié toute répression. "La police a traité les personnes qui se sont rassemblées avec patience et tolérance. Elle n’a absolument pas tiré sur les rassemblements parce que la retenue était à l’ordre du jour des policiers", a-t-il affirmé ce lundi. Des propos qui peinent à convaincre, au vu de la précédente gestion des manifestations en Iran. La répression de la contestation déclenchée par la hausse du prix de l’essence, en novembre dernier, avait effectivement déjà fait plus de 300 morts, selon Amnesty International.

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