Erdogan menace de reprendre l'offensive syrienne mardi si l'accord n'est pas respecté

Le Président turc a averti que l'offensive turque reprendrait dès mardi soir en cas de non-respect de l'accord. ©AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti vendredi que l'offensive dans le nord-est de la Syrie reprendrait dès mardi soir si les forces kurdes ne se retirent pas de ce secteur comme prévu dans l'accord de trêve conclu jeudi soir.

"Si les promesses sont respectées d'ici mardi soir, la question de la zone de sécurité aura été résolue. Faute de quoi, l'opération Source de Paix reprendra dès que le délai de 120 heures expirera", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence de presse.

Aux termes d'un accord arraché jeudi par le vice-président américain Mike Pence lors d'une visite à Ankara, la Turquie a accepté de suspendre pour cinq jours son offensive lancée le 9 octobre, et d'y mettre fin si les forces kurdes des YPG, considérées comme "terroristes" par Ankara, se retirent pendant cette période des zones frontalières de la Turquie dans le nord-est de la Syrie.

Si les promesses sont respectées d'ici mardi soir, la question de la zone de sécurité aura été résolue.
Recep Tayyip Erdogan
Président turc

L'accord prévoit aussi la mise en place d'une "zone de sécurité" de 32 km de largeur en territoire syrien. M. Erdogan a répété vendredi que cette zone devrait "s'étendre en longueur sur 444 km" et pas seulement dans les zones dont les forces turques ont déjà pris le contrôle en territoire syrien, à savoir 120 km entre les localités de Tal Abyad et Ras al-Aïn. La Turquie prévoit d'y établir "douze postes d'observation", a-t-il ajouté.

Il a aussi affirmé qu'une partie des quelque 3,6 millions de réfugiés syriens vivant en Turquie seraient installés dans cette "zone de sécurité".

Washington espère que Turcs et Kurdes "prendront au sérieux leurs engagements" pour faire cesser le conflit dans le nord de la Syrie, a déclaré le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo à quatre jours de l'expiration de la trêve négociée à Ankara, qui semble avoir volé en éclat. En effet, 14 civils syriens ont été tués dans des bombardements vendredi, dans le nord de la Syrie, selon une ONG.

M. Pompeo a rappelé vendredi soir que ces forces kurdes, qualifiées de "terroristes" par Ankara, disposaient encore de "96 heures", soit quatre jours, jusqu'à mardi soir, pour se retirer des zones frontalières de la Turquie. Le président américain Donald Trump s'est montré optimiste, assurant qu'il y avait "de la bonne volonté" des deux côtés et que les Kurdes étaient "très heureux" de la façon dont les choses se passaient.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé vendredi une "initiative commune" avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson pour rencontrer "prochainement" M. Erdogan. Le président du Conseil européen Donald Tusk a dénoncé l'accord turco-américain, le considérant plutôt comme "une demande de capitulation pour les Kurdes".

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