Israël s'enlise dans la crise politique

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Incapable de former un gouvernement, le Parlement israélien a été dissous. Le pays se dirige vers un troisième scrutin législatif en moins d’un an.

"La honte". Par ce titre sévère, le quotidien le plus lu d’Israël, Yediot Aharonot, dresse un bilan implacable de la classe politique israélienne ce jeudi. Il reflète l’exaspération qui traverse tout un pays. Non seulement fatigués par les campagnes électorales successives, les Israéliens déplorent la facture salée pour les prochaines élections, estimée à 450 millions d’euros. La seule chose sur laquelle les partis ont pu s’entendre, c’est la date du prochain scrutin, fixée au 2 mars 2020.

Bibi affaibli

Ces nouvelles élections sonnent comme une "victoire à la Pyrrhus" pour Benyamin Netanyahou. Certes, il se maintient comme Premier Ministre par intérim pour les trois mois à venir, mais "Bibi" est affaibli.

C’est un Benny Gantz en position de force, unique leader de son camp, qui aborde ces élections.

Mis en examen dans trois affaires pour corruption, fraude et abus de confiance à la mi-novembre, il lui sera difficile de mener campagne. D’autant plus qu’il est aujourd’hui pointé du doigt comme le principal responsable du blocage politique. Pour une partie des Israéliens, il s’accroche au pouvoir à tout prix pour échapper à la justice, au risque de mener le pays vers de nouvelles élections.

"King Bibi", comme le surnomment ses partisans les plus fidèles, a longtemps régné en maître sur le Likoud. Mais aujourd’hui, il est remis en cause même dans son parti. À la tête de la petite sédition – pour l’instant contenue – un ancien ministre, Gideon Sa’ar, ambitionne de prendre sa place comme chef du gouvernement. Pour prouver qu’il tient toujours le Likoud, "Bibi" a accepté l’organisation de primaires le 26 décembre prochain. Un vote qui permettra de juger l’état d’esprit dans le parti de droite.

De son côté, la formation centriste rivale, "bleu blanc", entre dans cette nouvelle campagne plus sereine. Elle était jusqu’ici dominée par deux hommes, Benny Gantz et Yair Lapid. Ils devaient se partager le poste de Premier ministre sous forme de rotation. Mais ce lundi, Yair Lapid a annoncé qu’il se retirait de la course. C’est un Benny Gantz en position de force, unique leader de son camp, qui aborde donc ces élections.

Selon les récents sondages, les intentions de vote n’ont pas foncièrement évolué depuis les dernières élections en septembre. Mais la prudence est de mise, car en trois mois, beaucoup de choses peuvent changer en Israël.

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