L'administration Trump donne une nouvelle claque à l'Autorité palestinienne

©EPA

Les Etats-Unis ont décidé de fermer le bureau de représentation palestinienne à Washington. Une nouvelle mesure de rétorsion contre l'Autorité palestinienne qui refuse obstinément de parler à l'administration Trump.

"Les dirigeants de l'OLP ont condamné le plan de paix américain sans même l'avoir encore vu et ont refusé de parler avec le gouvernement américain au sujet de ses efforts de paix"
Heather Nauert
Porte-parole du département d'État américain

L'administration Trump a pris une nouvelle mesure visant à déstabiliser l'Autorité palestinienne: fermer la mission de l'OLP, l'Organisation de libération de la Palestine à Washington. Elle qui, résidant sur le sol américain, incarne un lien brisé avec l'administration Trump. 

Selon les Américains, les dirigeants palestiniens n'auraient pas engagé de "négociations directes et significatives avec Israël", comme l'explique ce lundi la porte-parole du département d'Etat américain, Heather Nauert, donnant ainsi la position officielle de l'administration Trump. Elle ajoute, "les dirigeants de l'OLP ont condamné le plan de paix américain sans même l'avoir encore vu et ont refusé de parler avec le gouvernement américain au sujet de ses efforts de paix". Celui-ci, intitulé l'"Accord du siècle". Il avait été retoqué par le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas qui le considérait comme la "claque du siècle".

« Nous refusons l’affaire du siècle. Elle s’est transformée en claque du siècle »
Mahmoud Abbas
Président de l'Autorité palestinienne

Pour rappel, l'Autorité palestinienne avait gelé toutes les relations avec Washington depuis la reconnaissance de Jérusalem par Donald Trump comme la capitale d'Israël en décembre dernier 

La mission palestinienne basée dans la capitale américaine est dans l'obligation de demander tous les six mois aux autorités américaines le renouvellement de son statut. Celui-ci avait été menacé de fermeture une première fois en novembre 2017Saëb Erekat, le numéro deux de l'OLP et déjà présent lors des négociations pour la paix sous Yasser Arafat, dénonce une "escalade dangereuse". Il faut dire que l'organe palestinien est considéré par la communauté internationale comme comme l'unique représentant du peuple palestinien. Les représentants palestiniens craignent donc de ne plus être entendus sur la scène internationale.

"Une politique de châtiments collectifs"

Ce n'est pas une première. Fin 2017, Donald Trump avait déclenché la colère des Palestiniens et de la communauté internationale en reconnaissant Jérusalem comme la capitale d'Israël. Un mépris envers les partisans de la paix au Moyen-Orient et leurs revendications de faire de Jérusalem la capitale de deux états. Le président Mahmoud Abbas avait alors déclaré que la position des Etats-Unis sapait "tous les efforts de paix" et signait l'abandon de leur "rôle de parrain du processus de paix".

L'annonce de la fermeture de la mission palestinienne faite ce lundi suit, à quelques jours près, celle de la suppression des aides financières américaines. "Il s'agit là d'une nouvelle illustration de la politique de châtiment collectif pratiquée par l'administration Trump contre le peuple palestinien, auquel elle a déjà coupé l'aide financière pour les services humanitaires, y compris dans les secteurs de la santé et de l'éducation", signale Saëb Erekat.  

En janvier dernier, Donald Trump avait accusé les Palestiniens de "manquer de respect (aux Etats-Unis) en refusant de recevoir" le vice-président Mike Pence lors de sa tournée au Moyen-Orient. Le président américain menaçait alors de suspendre le versement aux Palestiniens de "centaines de millions de dollars" d'aides promises s'ils revenaient autour de la table des négociations.

Donald Trump accentue la pression sur la Palestine
  • Le 31 août, l'administration américaine annonce qu'elle ne financera plus l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), une semaine après avoir supprimé plus de 200 millions de dollars (170 millions d'euros) d'aides aux Palestiniens.
  • Le 8 septembre, Washington ordonne la suppression d'une aide de 25 millions de dollars aux hôpitaux palestiniens à Jérusalem-Est.
  • Le 10 septembre, le numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, indique que les Etats-Unis ont notifié à la direction palestinienne leur décision de fermer le bureau de leur représentation à Washington. Les Palestiniens dénoncent une "dangereuse escalade" dans les mesures de rétorsion américaines.

Vers un règlement à la CPI?

Selon l'Autorité palestinienne, Israël serait au cœur de la suppression du bureau palestinien. L'OLP avait demandé l'ouverture d'une enquête internationale contre les autorités israéliennes. Les Américains auraient justifié officiellement la fermeture du bureau, non par le gel des relations entre le président palestinien Mahmoud Abbas, mais par les démarches palestiniennes visant à traîner les dirigeants israéliens devant les tribunaux internationaux pour "crimes de guerre",  comme le soutient Hossam Zomlot, représentant de l'OLP à Washington.  

Loin de céder, les Palestiniens comptent redoubler d'efforts contre Israël devant la Cour pénale internationale (CPI). Le tribunal international examine depuis janvier 2015 l'éventualité d'ouvrir des enquêtes sur les agissements israéliens, mais aussi palestiniens. Contrairement à la Palestine, Israël n'est pas membre de la CPI et dit ne pas être tenu de coopérer avec elle. Les Israéliens sont catégoriquement opposés à une intervention de la justice internationale et font valoir que leur système judiciaire est capable de rendre la justice, y compris pour d'éventuels crimes de guerre israéliens.

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