Une enquête belge a terrassé la propagande de l'EI

C'est la deuxième fois que les autorités belges ont lancé une cyberattaque contre l'agence de presse de l'État islamique. Celle de 2018 n'avait eu que peu d'effet sur Amaq. ©REUTERS

L’enquête avait été habilement gardée secrète.

Depuis 2018, une instruction judiciaire ouverte auprès d’un juge de Flandre-Orientale, spécialisé dans le terrorisme et la cybercriminalité, tentait de s’attaquer à Amaq, l’organe de propagande de l’État islamique (EI). Ce lundi, le parquet fédéral, Europol et Eurojust ont annoncé la première salve de résultats: 26.000 contenus de propagande ainsi qu’un "grand nombre de canaux de communication" ont été coupés durant ce week-end. Conséquence: l’EI se retrouve privé de porte-voix et de moyen de communication.

"L’État islamique a construit sa communication sur un réseau sophistiqué afin d’assurer sa présence et ainsi mobiliser des individus pour rejoindre ses rangs et mener des attaques meurtrières."
Catherine De Bolle
Directrice d’Europol

C’est la Belge Catherine De Bolle, directrice d’Europol et ancienne commissaire générale de la police fédérale belge, qui a eu le privilège de s’en féliciter depuis le siège de l’organisation, à La Haye. "L’État islamique a construit sa communication sur un réseau sophistiqué afin d’assurer sa présence et ainsi mobiliser des individus pour rejoindre ses rangs et mener des attaques meurtrières", a-t-elle déclaré, ajoutant que l’opération avait été menée grâce à l’aide de onze États, sous l’égide de la Belgique.

Le magistrat fédéral Eric Van der Sijpt a donné quelques détails sur l’opération, affirmant que l’opération de ce week-end était la suite d’une "attaque" déjà réalisée en 2018. "Nous avons réalisé quelque chose d’important ici. Aujourd’hui, l’État islamique n’est plus présent sur internet. On verra combien de temps cela durera", pointe-t-il. Avant la conférence de presse, M. Van der Sijpt avait précisé dans un entretien téléphonique que si la mise à bas des capacités de l’EI n’était pas définitive, "même s’ils refont surface quelque part, cela leur coûtera extrêmement cher". L’instruction judiciaire belge, ouverte contre X, se poursuit toujours.

Le directeur d’Eurojust, le Slovaque Ladislav Hamran, a évoqué une enquête "comportant beaucoup d’obstacles légaux, pratiques et procéduraux" et un "bon exemple de travail en commun dans le cadre d’une approche globale du terrorisme".

Amaq, l’organe de propagande de l’État islamique, était devenu, au fil des ans, un point central de la politique de l’EI et un véritable moyen de projection en Europe. En mai 2018, Europol avait déjà annoncé avoir porté "un grand coup aux capacités de l’EI" via une série d’attaques informatiques. Mais cette action n’avait eu qu’un impact limité, le groupe terroriste parvenant, quelques heures plus tard, à publier à nouveau des vidéos de revendication.

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