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L'armée américaine annonce "par erreur" son prochain départ d'Irak

Alors que l'armée américaine comptait déjà plus de 5.000 hommes en Irak, plusieurs centaines de soldats US sont encore arrivés récemment dans le pays. ©Photo News

Dans un premier temps, l'armée américaine a indiqué lundi soir à l'Irak se "repositionner" dans le but d'un retrait de l'ensemble de ses troupes du pays. Sauf que, dans la foulée, le chef du Pentagone a démenti. La lettre envoyée aux Irakiens l'aurait été "par erreur".

Voilà ce qu'on appelle un fameux imbroglio! Lundi soir, l'armée américaine a indiqué au numéro deux du commandement militaire irakien "repositionner" les forces de la coalition antijihadistes dans le but d'"un retrait de l'Irak de manière sécurisée et efficace", dans une lettre officielle. Deux responsables militaires américain et irakien ont ensuite confirmé à l'AFP l'authenticité de cette lettre signée du général William H. Seely, commandant des opérations militaires américaines en Irak.

Nous respectons votre décision souveraine qui ordonne notre départ.
William H. Seely
Commandant des opérations militaires américaines en Irak

Sauf que le chef du Pentagone Mark Esper a immédiatement démenti cette information. "Aucune décision n'a été prise de quitter l'Irak. Point", a-t-il déclaré à la presse. "Cette lettre ne correspond pas à notre état d'esprit aujourd'hui", a-t-il ajouté, laissant ainsi planer le doute. "La lettre est authentique mais a été envoyée par erreur", a ensuite précisé le chef d'état-major américain.

"Décision souveraine" du Parlement irakien

"Nous respectons votre décision souveraine qui ordonne notre départ", indiquait la missive, au lendemain d'un vote au Parlement irakien exhortant le gouvernement à expulser les troupes étrangères d'Irak après l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani et de l'homme de l'Iran en Irak, Abou Mehdi al-Mouhandis, vendredi à Bagdad. "Par respect pour la souveraineté de la République d'Irak, et comme demandé par le Parlement et le Premier ministre, la Coalition va repositionner ses forces (...) pour s'assurer que le retrait d'Irak est mené de manière sécurisée et efficace", pouvait-on lire dans cette lettre.

Dans le cadre des préparations de ce retrait, la lettre annonçait "une augmentation des déplacements en hélicoptères au-dessus et aux alentours de la Zone verte (...) durant la nuit", alors que de nombreux hélicoptères survolent le centre de Bagdad depuis plusieurs nuits, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Plus de 5.000 soldats US en Irak

Les États-Unis comptaient 5.200 soldats en Irak, jusqu'à l'arrivée, la semaine dernière, de plusieurs centaines d'autres pour protéger l'ambassade dans la Zone verte – un quartier ultrasécurisé de Bagdad –, attaquée mardi par des milliers de manifestants pro-Iran. Face à la montée des tensions, Washington avait annoncé récemment le déploiement de 3.000 à 3.500 soldats supplémentaires dans la région, "très probablement" pour en envoyer une partie en Irak, selon un responsable américain.

Lundi, le Premier ministre irakien démissionnaire Adel Abdel Mahdi a reçu l'ambassadeur américain Matthew Tueller et a insisté sur "la nécessité de travailler ensemble pour retirer les forces étrangères d'Irak comme l'a réclamé le Parlement pour repartir sur de bonnes bases avec les États-Unis", selon son bureau.

La coalition antijihadistes formée pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI) – qui s'était emparé en 2014 d'un tiers du territoire irakien et de larges pans de la Syrie – n'a pas réagi dans l'immédiat.

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