L'Europe met la pression sur Trump pour l'accord nucléaire iranien

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Theresa May, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont tenu à réaffirmer ce dimanche leur attachement à l'accord nucléaire iranien. Cet accord, Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de le déchirer. Mais selon son conseiller à la sécurité nationale, le président américain n'a pas encore pris sa décision.

Londres, Paris et Berlin ont réaffirmé ce dimanche leur engagement dans l'accord sur le nucléaire iranien, y voyant "le meilleur moyen de neutraliser la menace" d'un armement atomique de l'Iran. Theresa May s'est entretenue séparément au téléphone avec le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, samedi et dimanche, après la visite de ces deux derniers cette semaine aux Etats-Unis, où ils ont tenté de convaincre le président américain Donald Trump de rester dans l'accord, connu sous l'acronyme JCPOA.

"Ils sont convenus que des éléments importants n'étaient pas couverts par l'accord, mais que nous devons y répondre: les missiles balistiques, ce qui arrivera à l'expiration de l'accord et l'activité déstabilisatrice de l'Iran dans la région".
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"Ils ont discuté de l'importance de l'accord nucléaire iranien (...) comme le meilleur moyen de neutraliser la menace d'un Iran doté de l'arme nucléaire, s'accordant sur le fait que notre priorité en tant que communauté internationale restait d'empêcher l'Iran de développer une arme nucléaire", selon un communiqué. "Ils sont convenus que des éléments importants n'étaient pas couverts par l'accord, mais que nous devons y répondre: les missiles balistiques, ce qui arrivera à l'expiration de l'accord et l'activité déstabilisatrice de l'Iran dans la région".

L'accord nucléaire n'est en "aucune manière négociable", a répliqué le président iranien Hassan Rohani. L'Iran "n'acceptera aucune restriction au-delà de ses engagements" conformes aux règles internationales après 2025, a-t-il ajouté.

Sanctions commerciales: "l'UE doit être prête à réagir avec efficacité et célérité"

Les trois chefs d'Etat ont profité de l'occasion pour de nouveau mettre en garde les Etats-Unis contre des sanctions commerciales vis-à-vis de l'Europe, estimant que l'Union européenne "doit se tenir prête à réagir, le cas échéant, avec efficacité et célérité". "Les trois dirigeants souhaitent que Washington ne prenne pas de mesures contraires aux intérêts transatlantiques", selon un communiqué publié par l'Elysée.

Plusieurs pays, dont le Canada, le Mexique, l'Union européenne et la Corée du Sud, ont bénéficié d'exemptions aux taxes de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium annoncés en mars par l'administration américaine. Mais celles-ci arrivent à expiration le 1er mai et pourraient ne pas être renouvelées.

Larry Kudlow, principal conseiller économique de Donald Trump, a d'ailleurs signifié jeudi que l'UE devait faire "des concessions" si elle voulait échapper à ces droits. Les Européens ont eux dit et répété que, sans exemption, des mesures de représailles viseront des produits emblématiques américains.

Emmanuel Macron a proposé cette semaine à Donald Trump de préserver l'accord d'origine qui deviendrait le premier des "quatre piliers" d'un futur texte. Les autres "piliers" concernent l'après-2025, quand certaines clauses concernant les activités nucléaires vont expirer, mais aussi les missiles balistiques très controversés de Téhéran et son rôle jugé "déstabilisateur" dans la région.

"Reconnaissant l'importance de conserver le JCPOA", les dirigeants français, britannique et allemand "se sont engagés à continuer à collaborer étroitement, ainsi qu'avec les Etats-Unis, sur la manière de faire face aux défis posés par l'Iran, notamment les questions qui pourraient être concernées par un nouvel accord", a ajouté Downing Street.

Aprement négocié par l'Iran et les grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), l'accord prévoit un gel par Téhéran de son programme nucléaire jusqu'en 2025. Mais Angela Merkel a estimé vendredi qu'il ne suffisait pas à contenir les ambitions iraniennes. Trump, fervent opposant à l'accord signé en juillet 2015, doit annoncer le 12 mai s'il le "déchire", comme il l'a maintes fois promis. Mais selon John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale du président américain, ce dernier n'a pas encore pris sa décision.

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