L'Irak prépare sa contre-offensive

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Des renforts sont arrivés et vont tenter de reprendre Tikrit, le chef-lieu de la province de Salaheddine, ainsi que Dour et Baiji, des villes de la même province dont les jihadistes se sont emparés cette semaine.

Les forces de sécurité irakiennes se préparaient samedi à une contre-offensive contre les jihadistes au nord de Bagdad, selon un colonel de l'armée, après que le Premier ministre Nouri al-Maliki eut annoncé que son gouvernement lui avait donné des "pouvoirs illimités".

Des renforts de la police et de l'armée fédérales sont arrivées vendredi à Samarra, une ville située à 110 km au nord de Bagdad, a indiqué le colonel, un des commandants responsable de la sécurité locale.

L'officier a indiqué que les renforts visaient à reprendre Tikrit, le chef-lieu de la province de Salaheddine, ainsi que Dour et Baiji, des villes de la même province dont les jihadistes se sont emparés cette semaine.

A savoir

Au moins 30 "terroristes" ont été tuées samedi dans une puissante explosion dans un "marché d'armes" à Mayadeen, une ville syrienne proche de la frontière avec l'Irak, a rapporté la télévision d'Etat.

Un responsable rebelle de la région a affirmé qu'au moins 15 civils ont péri dans cette ville dans un attentat à la voiture piégée menée par l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), puissant groupe jihadiste qui opère en Syrie et en Irak.

Les forces de sécurité attendaient les ordres avant de commencer leur contre-offensive, selon le colonel.

Samarra, une ville majoritairement sunnite abrite cependant l'un des grands lieux saints chiites d'Irak, le mausolée des imams Ali al-Hadi et Hassan al-Askari. Et c'est un attentat en 2006 contre ce mausolée qui avait mis le feu aux poudres, déclenchant une guerre confessionnelle meurtrière pendant deux ans.

Signe de l'importance de cette ville, le chiite Nouri al-Maliki s'y est rendu vendredi pour une réunion de sécurité, et a visité le mausolée.

Dans un communiqué mis en ligne vendredi soir sur son site, M. Maliki, commandant en chef des forces armées, a indiqué que son gouvernement lui avait octroyé des "pouvoirs illimités" pour combattre les insurgés.

Il a appelé tous les Irakiens à "participer à cette guerre contre les ennemis de (..) la foi, qui ont récemment essayé de viser le mausolée".

L'armée était parvenue à contrer mercredi un assaut aux portes de Samarra, repoussant les jihadistes qui avaient contourné la ville pour prendre d'autres secteurs de Salaheddine, comme Dhoulouiya. Mais selon des témoins, les insurgés préparent un nouvel assaut.

Vendredi, la police et des habitants sont parvenus à chasser les insurgés de Dhoulouiya (90 km au nord de Bagdad", ont indiqué des témoins à l'AFP. "Les habitants ont célébré cela et tirent à présent des coups de feu en l'air", a indiqué Abou Abdallah, un de ces témoins.

En bref

Les membres des forces de sécurité irakiennes mal entraînées et minées par les conflits confessionnels ont jugé vain de sacrifier leur vie pour résister à l'avance fulgurante des jihadistes, expliquent les experts.

Au lieu de les affronter comme c'était leur devoir, soldats et policiers ont pris la poudre d'escampette lorsque les combattants de l'Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL) ont pris d'assaut cette semaine Mossoul, la deuxième ville d'Irak, dans le nord du pays.

Les experts expliquent cette débandade par une myriade de difficultés au sein des forces de sécurité, citant un entraînement lacunaire, la corruption et le climat pesant du confessionnalisme.

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