L'Iran a choisi "la voie de l'entente avec le monde"

Président iranien sortant Hassan Rouhani ©AFP

Le président iranien Hassan Rohani a été largement réélu pour quatre ans avec 57% des voix dès le premier tour, un feu vert pour la poursuite de sa politique d'ouverture au monde et de réformes.

La nette victoire de Rohani, religieux modéré de 68 ans, démontre qu'une majorité d'Iraniens approuve cette politique entamée par l'accord nucléaire historique conclu en juillet 2015 avec six grandes puissances, dont les Etats-Unis, ennemi juré de la République islamique depuis près de 40 ans. Ebrahim Raissi, un religieux conservateur de 56 ans proche du guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei, a remporté 38,3% des voix, a indiqué samedi le ministère de l'Intérieur, qui a précisé que le taux de participation était de 73%.

"Le peuple iranien a choisi la voie de l'entente avec le monde, loin de l'extrémisme. Il veut vive en paix et dans l'amitié avec le reste du monde, mais n'accepte pas la menace et l'humiliation. C'est le principal message qu'il veut que le monde entende."
Hassan Rohani
Président iranien

Avec 23,5 millions de bulletins à son nom, Hassan Rohani augmente considérablement le nombre de ses électeurs par rapport à 2013: il avait alors obtenu 18,6 millions de suffrages (50,7%). La télévision d'Etat Irib, organe dont le directeur est nommé par le guide suprême Ali Khamenei, a félicité Hassan Rohani dans un message défilant en bas d'écran bien que les résultats officiels et définitifs n'aient pas encore été annoncés par le ministère de l'Intérieur.

56%
"Plus de 40 millions de votants" sur 56,4 millions d'électeurs inscrits". Et sur 25,9 millions de bulletins dépouillés, Rohani en obtient 14,6 millions. Soit environ 56%.

"Le message de notre peuple a été clairement exprimé", a indiqué le président réélu dans une allocution télévisée. "Le peuple iranien a choisi la voie de l'entente avec le monde, loin de l'extrémisme. Il veut vive en paix et dans l'amitié avec le reste du monde, mais n'accepte pas la menace et l'humiliation. C'est le principal message qu'il veut que le monde entende", a-t-il ajouté. Sa déclaration survient alors que le président américain Donald Trump, hostile à Téhéran, se trouve en Arabie saoudite, rivale de l'Iran au Moyen-Orient.

Par son vote, "notre peuple a déclaré aux pays voisins et à toute la région que la voie pour instaurer la sécurité est le renforcement de la démocratie, non s'appuyer sur les puissances étrangères", a encore indiqué le président Rohani.

Politique d'ouverture

Hassan Rohani, 68 ans, briguait un dernier mandat de quatre ans et affrontait Ebrahim Raissi, religieux conservateur de 56 ans proche du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Elu en 2013, il a consacré la majeure partie de son premier mandat à la négociation d'un accord nucléaire historique avec six grandes puissances, dont les Etats-Unis, ennemi de l'Iran depuis la révolution islamique de 1979. En échange d'une levée partielle des sanctions internationales qui frappaient l'Iran depuis près de 10 ans, Téhéran s'est engagé à limiter son programme nucléaire à des fins strictement civiles.

Cet accord n'a pas attiré les investissements étrangers espérés et n'a pas eu d'impact direct sur la vie quotidienne des Iraniens qui restent durement frappés par le chômage: 12,5% de la population, 27% des jeunes. Mais il a en revanche permis à l'Iran d'entamer son retour sur la scène internationale, une politique d'ouverture qu'entend poursuivre Hassan Rohani lors de son second mandat si sa victoire dès le premier tour se confirme.

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