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L'Iran accuse Israël d'un "acte terroriste" contre un complexe nucléaire

Le complexe nucléaire de Natanz, dans le centre de l'Iran. ©REUTERS

Le complexe nucléaire de Natanz, dans le centre de l'Iran, a subi dimanche un nouvel "accident", qualifié par Téhéran d'acte de "terrorisme" de la part d'Israël.

Dimanche, l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) a annoncé une "panne de courant" - vite qualifiée de suspecte par un député conservateur - dans son usine d'enrichissement d'uranium du complexe Chahid Ahmadi-Rochan de Natanz, l'un des centres névralgiques du programme nucléaire de la République islamique.

"Le régime sioniste a essayé de se venger du peuple iranien pour la patience et la sagesse dont il a fait preuve (en attendant) la levée des sanctions américaines."
Saïd Khatibzadeh
Le porte-parole des Affaires étrangères iranien

Mais rapidement, le chef de l'OIEA Ali-Akbar Saléhi a indiqué que l'"accident" était en fait un acte de "terrorisme antinucléaire". Ce lundi, les Affaires étrangères iraniennes ont même trouvé leur coupable tout désigné, indiquant qu'Israël est "bien sûr" derrière l'attaque. L'Iran a laissé entendre que celle-ci avait endommagé des centrifugeuses, et a promis une "vengeance", "en temps et en heure".

"Avec cette action, le régime sioniste a bien sûr essayé de se venger du peuple iranien pour la patience et la sagesse dont il a fait preuve (en attendant) la levée des sanctions" américaines, a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Saïd Khatibzadeh.

C'est dans cette même usine qu'avaient été mises en service la veille de nouvelles cascades de centrifugeuses interdites par l'accord sur le nucléaire iranien de 2015. Ces nouvelles centrifugeuses offrent effectivement à l'Iran la possibilité d'enrichir plus vite et en plus grande quantité de l'uranium, dans des volumes et à un degré de raffinement interdits par cet accord conclu à Vienne entre la République islamique et la communauté internationale.

Expansion du nucléaire iranien

Saïd Khatibzadeh a ainsi accusé indirectement Israël de saborder les discussions en cours à Vienne pour tenter de faire revenir les États-Unis dans l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien et de lever les sanctions imposées par Washington contre Téhéran depuis que les États-Unis sont sortis de ce pacte en 2018.

"La lutte contre l'Iran et ses supplétifs et les efforts d'armement iraniens sont une mission énorme."
Benjamin Netanyahu
Premier ministre israélien

En riposte, l'Iran s'était affranchi depuis 2019 de la plupart des engagements clés pris à Vienne pour restreindre ses activités nucléaires. Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique et Hassan Rohani a répété samedi que toutes les activités nucléaires de son pays étaient purement "pacifiques".

Selon l'agence de presse officielle Irna, des députés ont indiqué que le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, avait "insisté sur la nécessité de ne pas tomber dans le piège tendu par les sionistes". "Mais nous ne permettrons pas (qu'Israël fasse dérailler les discussions de Vienne) et nous nous vengerons des sionistes pour ces actions", aurait-il déclaré de même source lors d'une réunion à huis clos au Parlement consacrée à l'attaque contre Natanz.

Accusations israéliennes

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui voit dans la République islamique une menace existentielle contre son pays, accuse de son côté Téhéran de chercher à se doter en secret de l'arme atomique. "Un accord avec l'Iran qui ouvrirait la voie aux armes nucléaires (…) ne serait d'aucune façon contraignant pour nous", a affirmé mercredi Benjamin Netanyahu à propos des discussions de Vienne.

Lors d'un événement organisé dimanche soir pour célébrer le 73e anniversaire de la création de l'État hébreu, il a affirmé, sans élaborer: "La lutte contre l'Iran et ses supplétifs et les efforts d'armement iraniens sont une mission énorme. La situation d'aujourd'hui ne sera pas nécessairement la situation de demain."

Le Premier ministre israélien est un ennemi de la première heure de l'accord de Vienne, dont il a toujours affirmé qu'il n'offrait pas de garanties de sécurité suffisantes pour Israël, où le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin est arrivé dimanche pour discuter du dossier nucléaire iranien.

D'autres récents "incidents"

Début juillet 2020, une usine d'assemblage de centrifugeuses perfectionnées à Natanz avait été gravement endommagée par une mystérieuse explosion. Les autorités ont conclu à un "sabotage" d'origine "terroriste" mais n'ont pas encore fait connaître les résultats de leur enquête. L'agence officielle Irna avait alors mis en garde Israël et les États-Unis contre toute action hostile.

Mi-novembre, un éminent physicien nucléaire iranien et vice-ministre de la Défense, Mohsen Fakhrizadeh, avait par ailleurs été assassiné près de Téhéran. L'Iran a attribué cette attaque à Israël.

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