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L'ONU parle de possibles crimes de guerre israéliens à Gaza

Des Palestiniens assis autour d'un feu, au nord de la bande de Gaza, le 26 mai 2021. ©EPA

L'ONU a souligné, ce jeudi, ne pas avoir reçu de preuve que les bâtiments visés par les frappes israéliennes à Gaza étaient utilisés à des fins militaires.

Les raids israéliens sur la bande de Gaza, s'ils sont authentifiés comme indiscriminés contre les civils, pourraient constituer des crimes de guerre, a déclaré la Haute commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet. "Nous n'avons pas vu de preuve", a-t-elle spécifié au début d'une session spéciale de l'instance onusienne, à Genève.

Israël avait notamment justifié la destruction d'un immeuble de plusieurs étages, abritant les bureaux de plusieurs médias étrangers, par la présence de groupes armés. La Haute commissaire a aussi dénoncé les attaques du Hamas contre les Israéliens.

"Consternant"

"Les autorités israéliennes doivent immédiatement mettre un terme au processus d'expulsions de familles palestiniennes, conformément aux obligations d'Israël en vertu du droit international."
Michelle Bachelet
Haute commissaire aux droits de l'homme

La discussion de ce jeudi a été demandée par plus de 60 pays, dont une vingtaine sont membres du Conseil. Elle a été organisée après les violences, condamnées par l'ONU et de nombreux pays, qui ont fait plus de 250 victimes, surtout des Palestiniens tués par les bombardements aériens israéliens dans la bande de Gaza. "Consternant", selon Bachelet.

Ces affrontements ont démarré après la répression de manifestations à Jérusalem-Est contre la menace d'éviction forcée de Palestiniens de leurs logements. Selon l'ONU, si cette menace venait à être validée par la Cour suprême israélienne, elle constituerait une violation du droit international humanitaire (DIH).

Bachelet a ainsi demandé aux autorités israéliennes "de mettre immédiatement un terme au processus d'expulsions" de familles palestiniennes, "conformément aux obligations d'Israël en vertu du droit international".

Symbole de l'importance donnée à cette session spéciale, plus d'une dizaine de ministres des affaires étrangères doivent s'exprimer.

Le projet de résolution qui doit être examiné dans l'après-midi prévoit une commission d'enquête internationale sur les violations des droits humains et du DIH. Elle serait chargée d'identifier les responsables et de recueillir et préserver des preuves. Non seulement sur les tensions dès mi-avril, mais sur la situation qui a abouti à cette détérioration.

"Blâmer Israël"

"La seule raison de cette session spéciale est de blâmer Israël, blanchir les crimes perpétrés par le Hamas et, pour l'Autorité palestinienne, d'éviter ses responsabilités."
Meirav Eilon Shahar
Ambassadrice d’Israël auprès de l’ONU

Contrairement aux mécanismes lancés habituellement par le Conseil, ce dispositif ne serait pas limité à un an, mandat qui doit être ensuite renouvelé par les États. La commission poursuivra ses travaux tant qu'elle ne sera pas démantelée et devra rendre des rapports annuels dès juin de l'année prochaine.

Côté israélien, la discussion de jeudi prouve, selon les autorités, que l'instance onusienne vise de manière discriminée l'État hébreu.

La seule raison de cette session spéciale est "de blâmer Israël, blanchir les crimes perpétrés par le Hamas et, pour l'Autorité palestinienne, d'éviter ses responsabilités", dit l'ambassadrice d’Israël auprès de l’ONU à Genève. Le gouvernement israélien cible notamment l'absence d'action contre le mouvement radical palestinien, responsable d'une dizaine de victimes ces dernières semaines dans les affrontements.

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