analyse

L'Otan ne condamne pas la Turquie pour son agression en Syrie

L’offensive turque lancée le 9 octobre dernier dans le nord de la Syrie a exacerbé les tensions entre alliés de l’Otan.

Les tensions étaient fortes au sein de l’Otan suite à l’opération militaire turque à la frontière syrienne. Pas question, toutefois, de condamner la Turquie.

L’offensive militaire de la Turquie dans le nord de la Syrie a provoqué de vives tensions entre les membres de l’Otan, lors du conseil des ministres de la Défense, ce jeudi au siège de l’alliance. L’intervention turque, autorisée par le départ des troupes américaines, a permis à la Russie de renforcer son emprise sur la région. La manœuvre déforce l’Otan sur son flanc sud et fâche les Européens.

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a reconnu l’existence de "divergences entre les alliés" ayant donné lieu à "des échanges francs et ouverts". Mais "pas question", de condamner le régime du président Erdogan. "La Turquie a des préoccupations de sécurité légitimes, a-t-il dit. Ce n’est pas la première fois qu’il y a des divergences de vues. (…) La force de l’Otan est que nous avons toujours réussi à surmonter ces divergences sans entraîner de conséquences durables sur notre alliance."

Le secrétaire général de l’Otan a insisté sur "la réduction significative de la violence" dans le nord de la Syrie et sur l’importance d’éviter le retour du groupe État islamique. "Nous avons besoin de maintenir notre unité dans la lutte contre Daech."

"La Turquie a des préoccupations de sécurité légitimes."
jens stoltenberg secrétaire général de l’otan

La France et l’Allemagne sont particulièrement remontées contre la Turquie. La ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer a proposé la création d’une zone de sécurité sous contrôle international. Pour elle, la Turquie a "annexé un territoire en violation du droit international". Jens Stoltenberg a botté en touche. Cette proposition "requiert un processus à l’Onu", a-t-il dit. L’Otan, en tout cas, n’enverra pas de troupes dans cette zone occupée par les Russes. "Il n’y a pas d’appel pour une mission de l’Otan dans le nord-est de la Syrie", a-t-il dit.

Nouvelle vente d’armes de Moscou à Ankara

La situation est des plus tendues depuis que les Etats-Unis ont retiré leurs troupes du nord-est de la Syrie sans avertir leurs alliés de l’Otan. Ce retrait a ouvert un boulevard aux forces turques qui ont envahi la région pour créer une "zone de sécurité" de 30 km de profondeur. L’opération était, pour Ankara, un prétexte pour en découdre avec les forces kurdes considérées comme "terroristes". Pour éviter le massacre, les Kurdes se sont retournés vers Bachar al-Assad, soutenu par Moscou.

L’armée russe s’est engouffrée dans le vide laissé par les GI, après un accord conclu avec la Turquie. Désormais, soldats turcs et russes patrouillent ensemble le long de la frontière tandis que les forces kurdes, qui ont combattu Daech, se sont retirées. Le président Trump a salué l’accord et levé les sanctions contre la Turquie.

Pour ajouter à la provocation, la Turquie négocie l’achat de nouveaux missiles russes S-400, dont elle avait déjà acquis un premier lot. Or, ces armes ne sont pas compatibles avec les dispositifs de l’Otan, ce qui a valu à la Turquie d’être écartée du programme F-35.

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