La Knesset légalise rétroactivement 4.000 logements de colons

Une colonie israélienne en territoire palestinien occupé. ©AFP

Le Parlement israélien a voté une loi controversée en faveur des colons en Cisjordanie. Des centaines d'hectares sont en jeu.

Le Parlement israélien a voté lundi soir une loi controversée qui permettra à l'Etat de s'approprier des centaines d'hectares de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée. La Knesset légalise ainsi rétroactivement 4.000 logements de colons juifs sur des terrains privés appartenant à des Palestiniens.

La loi, approuvée par 60 députés et rejetée par 52, a été adoptée en troisième et dernière lecture, après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a informé l'administration Trump du débat sur cette question.

Son adoption pourrait n'être en fait que symbolique, car elle contreviendrait aux arrêts de la Cour suprême sur la question des droits de propriété. Le procureur général Avichai Mandelblit a estimé que ce projet n'était pas conforme à la Constitution et qu'il enfreignait le droit international en autorisant l'expropriation de domaines privés dans les territoires occupés par Israël depuis 1967. Il a fait savoir qu'il ne le soutiendrait pas devant la Cour suprême.

Mais le parti d'extrême droite Foyer juif, qui est membre de la coalition gouvernementale, a tout fait pour le maintenir en vie et permettre son adoption, après l'évacuation par la force de 330 colons la semaine dernière d'un avant-poste bâti sur des terrains privés palestiniens.

Feu vert aux colons

Pour Hanan Achraoui, une des responsables de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), cette loi donne aux colons le feu vert pour "se lancer dans la confiscation de terres".

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu anéantissent les chances d'un retour à la paix et à la stabilité."
Hanan Achraoui
une des responsables de l'OLP

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement de coalition extrémiste, raciste, violent délibérément le droit anéantissent les fondations mêmes d'une solution à deux Etats, ainsi que les chances d'un retour à la paix et à la stabilité", a-t-elle estimé.

Nikolaï Mladenov, coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Proche-Orient, a déclaré que cette loi "aura des conséquences juridiques de grande ampleur pour Israël et réduit fortement les perspectives de paix arabo-israélienne".

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