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La police irakienne du pétrole manque de moyens

Avec le retrait progressif des troupes américaines il sera de plus en plus difficile aux autorités irakiennes d'assurer la sécurité promise aux groupes pétroliers étrangers présents en Irak.

A en croire le général Hamid Ibrahim, la liste des défis et des besoins de la police chargée de la protection du secteur pétrolier irakien, qu'il dirige, est très, très longue. Or, cette force de police va être de plus en plus exposée alors que les troupes américaines, réduites à moins de 50.000 hommes, cesseront officiellement les opérations de combat à la fin du mois pour s'en tenir à une mission d'assistance et de conseil.

Sécurité, clé de la relance pétrolière

L'Irak a signé des contrats d'une valeur de plusieurs milliards de dollars avec des groupes pétroliers afin de porter en sept ans sa production à 12 millions de barils par jour et tirer de cette manne les ressources pour reconstruire une économie affaiblie par des décennies de guerre et de sanctions. Mais le succès de cette relance dépend de sa capacité à assurer la sécurité de l'industrie pétrolière, cible potentielle des insurgés et des milices.

Les forces irakiennes assument depuis 2005 la sécurité des infrastructures pétrolières. Depuis lors, les entraînements n'ont pas cessé et de nombreux matériels ont été acquis. Mais la force dirigée par le général Ibrahim a encore d'immenses besoins, à commencer par des troupes. "Nous sommes censés être 41.000 policiers mais il nous manque 10.000 hommes", explique le général Ibrahim dans son bureau proche du ministère du Pétrole, à Bagdad.

Système "D"

Pour combler ce déficit d'effectifs, sa police emploie des gardes civils, qui ne bénéficient que de deux semaines d'entraînement, ou s'en remet à des villageois, qu'elle espère voir ainsi renoncer à attaquer les oléoducs. Elle est en outre soutenue par l'armée, notamment la marine pour protéger les terminaux pétroliers, et la police régulière, dont quatre régiments participent à la protection de l'oléoduc qui relie l'Irak à la Turquie. Cet oléoduc, qui achemine un quart du brut irakien destiné à l'exportation vers le port turc de Ceyhan, est régulièrement la cible de sabotages - deux attaques à la bombe imputées aux rebelles séparatistes kurdes l'ont visé ces derniers mois - ou de problèmes de maintenance.

La police du pétrole manque également d'avions pour surveiller les sites et les routes énergétiques stratégiques, ainsi que de véhicules militaires, tout-terrain ou d'ambulances, malgré la livraison de 600 voitures par les forces américaines. "Lorsque les Américains étaient aux commandes, il y avait un vol de reconnaissance par semaine. Aujourd'hui, comme nous manquons d'avions, ça baisse beaucoup", souligne Ibrahim.

On dispose de peu de données sur les attaques visant des oléoducs ou d'autres équipements du secteur mais selon Ibrahim, elles ont baissé de 80% depuis 2006-07, lorsque les violences interconfessionnelles faisaient rage dans le pays. Les coûts de réparation des infrastructures demeurent cependant élevés - un demi-milliard de dollars par an, dit-il - et l'Irak est en discussions avec des entreprises chinoises et allemandes pour acquérir du matériel de surveillance.

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