La police israélienne recommande l'inculpation de Netanyahu

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Après des mois d'enquête, la police israélienne dispose d'éléments suffisants pour recommander au parquet d'envisager l'inculpation du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour corruption. Celui-ci refuse de démissionner.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui nie toute malversation et exclut de démissionner, a été interrogé à plusieurs reprises par la police depuis le début de l'an dernier. Après plusieurs mois d'enquête, celle-ci juge disposer de suffisamment d'éléments pour recommander au parquet d'envisager l'inculpation du Premier ministre pour corruption, fraude et abus de confiance dans deux dossiers.

  • La première affaire a trait à des des pots-de-vin reçus sous forme de cadeaux - par exemple des cigares de luxe dont il est friand - de la part de riches personnalités comme James Packer, milliardaire australien, ou Arnon Milchan, producteur israélien à Hollywood. La valeur totale de ces présents a été chiffrée par les médias à des dizaines de milliers de dollars.
  • La deuxième est liée à un accord secret que Netanyahu a tenté de passer avec le propriétaire du Yediot Aharonot, Arnon Moses, pour une couverture favorable de la part de ce journal, le plus grand quotidien israélien payant. La police a recommandé l'inculpation de Arnon Moses pour corruption.
"Ces recommandations n'ont aucune valeur juridique dans un pays démocratique."
Benjamin Netanyahu

Lors d'une allocution télévisée, Benjamin Netanyahu a dénoncé des accusations sans fondement. "Je continuerai de diriger Israël avec loyauté et responsabilité", a-t-il ajouté. La police ne peut émettre que des recommandations, la décision de mettre officiellement en examen Netanyahu, 68 ans, dépend maintenant du procureur général Avishaï Mandelblit, qui pourrait mettre plusieurs semaines ou mois avant de trancher.

Lors d'une intervention télévisée ce mardi soir, Benjamin Netanyahu a réfuté les accusations de la police et exclu de démissionner. "Notre gouvernement terminera son mandat et je suis sûr qu'aux prochaines élections (en novembre 2019) j'obtiendrai de nouveau votre confiance", a assuré le Premier ministre, le visage tendu. "Ces recommandations n'ont aucune valeur juridique dans un pays démocratique", a-t-il ajouté.

Déjà soupçonné par le passé

Benjamin Netanyahu a été soupçonné à plusieurs reprises par le passé, sans être inquiété. En s'appuyant sur ces précédents, il a tenté de minimiser l'impact de la démarche de la police. "Ces dernières années, j'ai été l'objet de pas moins de quinze vérifications et enquêtes. Certaines se sont achevées avec des recommandations tonitruantes de la police, comme celles de ce soir. Toutes ces tentatives n'ont débouché sur rien et, cette fois aussi, les choses ne déboucheront sur rien", a assuré le Premier ministre.

A la tête du gouvernement depuis 2009, après un premier mandat entre 1996 et 1999, Netanyahu a dépassé les onze ans de pouvoir. Sans rival apparent, il battra le record de longévité du célèbre David Ben Gourion, fondateur de l'Etat d'Israël, si l'actuelle législature va jusqu'à son terme en novembre 2019.

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