La Syrie au cœur de la rencontre entre Trump et Erdogan

©REUTERS

Critiqué pour sa gestion du dossier syrien, le Président américain, Donald Trump, a reçu mercredi son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, à la Maison-Blanche.

Donald Trump a dû avoir les oreilles qui sifflent pendant toute sa rencontre avec Recep Tayyip Erdogan. Alors que les premières auditions publiques dans l’enquête pour impeachment contre lui avaient lieu au Congrès, le Président américain a reçu son homologue turc à la Maison-Blanche mercredi.

"Nous sommes amis depuis longtemps", a-t-il insisté en l’accueillant dans le Bureau ovale. L’annonce du retrait américain de Syrie et l’offensive turque anti-Kurdes qui a immédiatement suivi le 9 octobre ont pourtant compliqué un peu plus encore les relations entre les deux alliés de l’Otan. Sous pression des républicains, Donald Trump a dû rétropédaler et appeler Ankara à la retenue. "Ne jouez pas au dur! Ne faites pas l’idiot!", a-t-il alors écrit à Erdogan dans une lettre devenue célèbre pour son verbe peu diplomate. Devant la Maison-Blanche, des manifestants ont dénoncé cette visite que des élus avaient appelé à annuler et demandé au Président américain de protéger les Kurdes.

Nous avons laissé des troupes en Syrie juste pour le pétrole.
Donald Trump
Président des Etats-Unis

Donald Trump a tenté de garder la face, assurant aux journalistes mercredi que les Kurdes syriens, alliés de Washington dans la lutte contre l’organisation État islamique, "semblent très satisfaits" du cessez-le-feu décrété le 17 octobre.

Le Président américain a aussi souligné qu’il comprenait la position de son homologue turc à l’égard des combattants kurdes, considérés par Ankara comme liés à une organisation terroriste: "Je comprends les problèmes qu’ils ont eu y compris de nombreuses personnes tuées en Turquie (…). Il lui fallait faire quelque chose à ce propos." "Nous avons laissé des troupes en Syrie juste pour le pétrole", a-t-il encore dit dans le Bureau ovale.

100 milliards de dollars

Autre sujet de tension avec Washington: l’achat par Ankara de missiles russes antiaériens S-400. "Il n’y pas de place, au sein de l’Otan, pour des achats importants d’armement à la Russie", avait condamné dimanche le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche. Washington a répliqué en écartant Ankara du programme de développement de l’avion de combat furtif américain F-35. Une punition que des responsables de la Maison-Blanche se sont dits prêts à lever, tout en négociant un éventuel accord commercial de 100 milliards de dollars, si la Turquie respecte le cessez-le-feu en Syrie et que la situation dans le nord-est du pays se stabilise.

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